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Peu de réactions des syndicats et mouvements pédagogiques à la proposition de la concertation de supprimer le label ZEP

8 octobre 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

LES SYNDICATS

- Le SNES-FSU n’a pas encore réagi à la publication du rapport mais a fait le 4 octobre le bilan de la concertation en présentant longuement ses positions sur l’éducation prioritaire
A noter que le SNES ne demande pas la suppression de la labellisation des zones prioritaires comme l’a fait le comité de pilotage.

"Dans l’atelier intitulé « une école plus juste pour tous les territoires », c’est l’éducation prioritaire qui a occupé l’essentiel des débats, au détriment d’autres questions à peine effleurées comme celle notamment de la ruralité, des inégalités d’offre de formation entre public et privé, des écarts de financements constatés entre collectivités ou de la situation sociale de certains élèves y compris en dehors des secteurs prioritaires.
Un consensus large est apparu pour demander la simplification des labels avec une dénomination unique pour l’éducation prioritaire, qui ne doit pas être le mode spécifique de traitement des élèves des classes populaires, et exiger le retour à un pilotage national d’une politique qui doit aussi être inscrite dans un territoire. Mais la question de la carte a fait apparaître un clivage.
Pour le SNES-FSU, l’idée de concentrer l’éducation prioritaire sur un nombre très limité d’établissements fixé à l’avance (de 200 à 350 selon les intervenants) n’est pas acceptable. Il oppose la nécessité de définir des critères clairs, croisés et transparents pour déterminer les établissements, écoles, collèges mais aussi lycées, qui ont besoin d’aide pour assurer la réussite de leurs élèves et qui ne peuvent être abandonnés. Deux champs de l’éducation prioritaire doivent être distingués avec des moyens différenciés et progressifs sur critères croisés pour éviter les effets de seuil.
Par ailleurs, projets d’école et d’établissement et projet éducatif local doivent être mieux articulés, les premiers ne sauraient être subordonnés aux seconds.
La nécessité d’améliorer la formation et l’accompagnement des équipes et d’intégrer le temps de concertation dans le service semble faire accord, de même que le refus du profilage de l’ensemble des postes. La politique de réseau, initiée dès 1999 et poursuivie avec les réformes suivantes doit permettre une meilleure articulation entre 1er degré et 2nd degré.

Pour le SNES-FSU, l’idée d’une articulation pédagogique entre école et collège et entre les disciplines ne doit pas conduire à la mise en place d’une hiérarchie intermédiaire, comme les préfets des études, ou d’injonctions
provenant d’une instance de pilotage du réseau dont seraient absents les personnels. Avec une décharge pour la concertation, les personnels seront à même d’assurer un pilotage collectif de la politique éducative et pédagogique du réseau".

 

Les syndicats suivants ne relèvent pas les propositions concernant l’éducation prioritaire. Extraits :

- Le SNUipp (05.10.12) : Rapport sur la concertation. Et maintenant la négociation, mais avec les enseignants

De nombreuses propositions

« Priorité au primaire » avait insisté François Hollande le 15 mai dernier lors de son discours en hommage à Jules Ferry. Le rapport propose de « redonner du sens à la maternelle » en confortant son « identité », et en développant « la scolarisation à partir de deux ans ». Pour l’élémentaire il reprend des idées fortes portées par le SNUipp comme celle du « plus de maîtres que de classes pour permettre aux équipes pédagogiques de travailler autrement et mieux ». « Fluidifier la transition école-collège », redéfinir « le socle commun », remplacer le redoublement « par d’autres modes de remédiations », revoir la formation des enseignants avec la création des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), reconnaître la dimension collective du travail et le travail en équipe, transformer le système d’évaluation des enseignants pour l’inscrire dans la durée et accompagner les trajectoires professionnelles, mieux prendre en compte les inégalités territoriales… le rapport fourmille de suggestions.

- Le SGEN (05.10.12) : L’implication du Sgen-CFDT dans la concertation

Ce n’est pas vraiment une surprise mais il est quand même réconfortant de voir que, dans les débats qui animent le travail de la concertation, nos positions sont souvent majoritaires, pour peu que l’on veuille bien abandonner les postures syndicales obligées.

À notre sens, le dispositif de «  caisse de résonances  » des attentes des partenaires de l’École et, au-delà, de la société tout entière fonctionne. Les discussions dégagent de véritables consensus sur la nécessité de porter un autre regard sur les élèves, de choisir des rythmes éducatifs adaptés, de laisser des initiatives aux équipes pédagogiques, et sur l’idée de bâtir une véritable formation initiale en alternance pour les futurs collègues.

- Le SE-UNSA (05.10.12) : Rapport sur la refondation de l’Ecole : de bonnes bases à confirmer et à consolider

La sortie nécessaire du « tout disciplinaire », le développement des compétences, l’appel à de nouvelles pratiques pédagogiques et à une évaluation repensée, ainsi que la valorisation de projets éducatifs de territoires associant tous les acteurs de l’éducation, vont également dans le bon sens.

Voir aussi le communiqué de l’UNSA du 08.10.12 : Refondation de l’École de la République : Un changement de cap qui doit associer les personnels
Article publié le lundi 8 octobre

 

LES MOUVEMENTS PEDAGOGIQUES

Les Cahiers pédagogiques
La revue de presse de Philippe Watrelot du 06.10.12 détaille assez longuement les diverses propositions du rapport mais ne dit pas un mot de celle portant sur l’éducation prioritaire. Il conclut ainsi :
"Les quatre rapporteurs, la chercheuse Nathalie Mons, l’ancien recteur Christian Forestier, la journaliste Marie-Françoise Colombani et le président de la région centre François Bonneau, proposent évidemment bien d’autres idées sur tous les sujets abordés lors de cette concertation. On notera toutefois que certains aspects pourtant essentiels sont peu traités dans le rapport comme par exemple le lycée ou encore le baccalauréat. La formation est traitée mais on peut trouver très mesurées les propositions qui y sont faites".

Le Café pédagogique du 05.10.12 : La concertation veut « changer l’Ecole au quotidien »

Education prioritaire
Les questions du décrochage et de l’échec scolaire motivent largement le rapport. Le rapport demande d’en finir avec les zonages prioritaires. Les établissements verraient leurs moyens (DHG) varier selon la composition sociale et scolaire des effectifs élèves. Pour inciter des professeurs expérimentés à y enseigner, le rapport souhaite la création de missions comme coordonnateur de niveau. Enfin un référent décrochage serait défibi dans chaque établissement secondaire.

 

Enfin citons le commentaire de l’observateur indépendant Tout Educ du 06.10.12

Refondation de l’école : les parents, l’orientation et l’éducation prioritaire

Refonder l’éducation prioritaire pour en éviter les effets pervers, c’est ce que propose le rapport présenté hier, 5 octobre 2012 par le comité de pilotage de la concertation pour la refondation de l’Ecole. La "labellisation" éducation prioritaire détourne les élèves de milieux favorisés des établissements classés ZEP ou RAR. L’effet de seuil concerne "les établissements qui comportent un certain nombre d’élèves en difficulté mais pas assez pour être reconnus comme prioritaires, ils ne bénéficient pas de financements supplémentaires" explique la sociologue Nathalie Mons. Elle propose donc que les financements croissent ou décroissent de façon continue en fonction de la population accueillie par l’établissement. Elle suggère également que les personnels enseignants qui travaillent dans ces établissements soient davantage formés et expérimentés. Enfin, le rapport revient sur la carte scolaire et envisage une sectorisation élargie, "pour favoriser la mixité sociale et scolaire dans les établissements."

 

Voir aussi les réaction sydicales au rapport sur le site neoprofs.org du 07.10.12 : Les réactions au rapport sur la concertation

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