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10/08/05 - Bams, chanteuse de rap, et les ZEP

10 août 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de L’Humanité du 16.07.05 : L’invitée de la semaine : Bams, chanteuse de rap

Sarcelles, Poissy, Gennevilliers... Lille, Cergy, Marseille, Orly, Vitry, Trappes ! Ici c’est ZEP, ZUP, Zappe ! " ça grouille... De Noirs, d’Arabes. C’est vrai qu’il y a des Blancs mais, comme bien des habitants dans ces quartiers : en échec. Échec social. Vie maritale, vie familiale chaotique. Et puis c’chômage, qui nous berce, qui nous lange... à croire qu’on est né avec. Nous sommes nés avec.

Nos parents ont fui nos pays d’origines. Trop d’misère, pas d’voies d’issue ! Au lieu d’une France-Eldorado, pour les plus chanceux métro, boulot, dodo et mal de dos !
Grandir ensemble plein de même. Mêmes histoires, mêmes parcours, mêmes galères, mêmes obstacles, même ennui. Qui pour remonter le moral ?

Reste à crier sa haine... Sans échappée d’air, où prendre le recul ? Où se projeter ? Croire que, oui, pour nous aussi c’est possible.. La télé ? Les journaux ? Même les cinéastes stigmatisent, ghettoïsent.... Fatou reste Fatou, Mohamed : voleur de mobylette.

Qui parle, montre, nos " Rachid " écrivains, nos " Alimata " politiciennes, nos " Hayatte ", nos " Samira " ,nos " Bintou " femmes de tête ?

Éducateurs, sportifs, chanteur... Et si on n’veut pas être rappeur ? J’ai passé toute ma scolarité avec des bull’tins où blâmes de conduite et encourag’ments - le tableau d’honneur ne pouvant s’attribuer aux dissidents - se côtoyaient. Fin de seconde, demandant une 1re scientifique, avec quatorze de moyenne générale, on m’a gentiment expliqué que je ne correspondais pas au profil, et que très certain’ment ce serait trop difficile pour moi. J’étais pourtant déléguée, prenais déjà plaisir à manier les mots mais face à l’éléphant, j’n’ai eu qu’à redoubler.
Jeunesse populaire immigrée, encadrée par du vent ! En amont c’est conflit, ça pète un câble,. En aval... Distance, dédain, mépris, carcans !
(...)

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