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Violences à l’école : Eric Debarbieux défend une révolution culturelle (Cahiers français)

9 septembre 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

Dans un article qui vient de paraître aux Cahiers français "La violence à l’école : vers une révolution culturelle", Eric Debarbieux, récent délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre contre les violences en milieu scolaire évoque un changement de paradigme puisque le caractère endogène de ces violences est aujourd’hui souligné, aux dépens d’une violence intrusive naguère mise en avant.

L’image des violences reste en grande partie lacunaire mais le choix de définir la violence à l’école autour de la question des harcèlements correspond au consensus international de prise en compte de la répétition des incidents à faible intensité : "tout change quand il y a répétition de ces petites agressions". Les recherches, auxquelles se prêtent d’ailleurs de plus en plus volontiers les enseignants, ont permis de montrer que le "school bullying" (standard international prenant en compte les moqueries, les mises à l’écart, les brutalités répétées au quotidien par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un élève qui ne peut se défendre) concernait entre 4 et 6% de "bullies" actifs et entre 6 et 15% de "bullied" victimes.

Or le school bullying a des conséquences sur l’ensemble du climat d’une classe et d’un établissement, une enquête finlandaise a démontré que les groupes d’enfants témoins de harcèlement ont une vision négative de l’école et se méfient des enseignants incapables de protéger les élèves.

Des facteurs de risque plutôt qu’une cause

Faute d’un modèle causal explicite, la littérature scientifique identifie plutôt des facteurs pouvant avoir une influence sur le fait d’être victime ou agresseur. Certains ont un caractère personnel lié au genre (les garçons sont plus souvent victimes ou agresseurs) ou à la corrélation entre déficience intellectuelle et violence. Les recherches ont montré un lien entre adolescent(e)s homosexuel(le)s ou considéré(e)s comme tel(le)s par leurs pairs et la victimation verbale ou brutale. D’autres facteurs , familiaux, socio-économiques, sont répertoriés.

Le travail de collaboration des adultes avec un "système disciplinaire clair et cohérent", la stabilité des équipes enseignantes, a collaboration des parents favorisent "le maintien d’un climat scolaire sûr". "La vision partagée entre adultes des règles de vie dans un établissement ne saurait être minimisée" ajoute le délégué ministériel qui prend la mesure d’un changement récent "de paradigme politique". Le caractère dissuasif des détecteurs de métaux ou des caméras de surveillance doit être relativisé au profit d’un travail de long terme.

Et si des appuis extérieurs peuvent être nécessaires en cas de crise, ils doivent être doublés de changements intérieurs. "Le choix récent de nommer des assistants de prévention et de sécurité qui ne sont pas des forces de l’ordre" constitue bien "un appui à la sécurité par la prévention au long cours" et marque une orientation ministérielle nouvelle, correspondant à un changement de paradigme.

La Violence à l’Ecole : Vers une révolution culturelle ?, E. Debarbieux, Cahiers français n°376, La Documentation française, septembre-octobre 2013, prix : 9,80 euros.

Extrait de touteduc.fr du 09.09.13 : Violences à l’école : Eric Debarbieux défend une révolution culturelle (Cahiers français)

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