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02/12/05 - Les réactions syndicales et politiques au plan Villepin sur l’éducation

2 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable
  Sommaire  

02/12/05 - L’Expresso rassemble les réactions au Plan Villepin

Extrait de « L’Expresso » du 02.01.05 : Les réactions au plan Villepin

Quoi de neuf, docteur ?" La FCPE dénonce " la vacuité de la pensée éducative du gouvernement... On nous annonce des mesures déjà mises en œuvre ou déjà en chantier" estime la FCPE, faisant sans doute allusion à l’évaluation en CE1, à l’indemnité en ZEP, à la découverte des métiers en collège et aux licences professionnelles. La FCPE demande "une véritable réflexion sur l’évolution du système éducatif".

Pour le Se-UNSA, " les propositions du premier ministre ne permettent pas de répondre à l’ambition affichée qui consiste à faire de l’égalité des chances une réalité pour tous... La focalisation sur la classe de CE1 est inquiétante. Elle ignore la nécessité de mise en place d’une stratégie plus globale d’apprentissage de la lecture étalée sur l’ensemble de la scolarité obligatoire qui devrait commencer". Pour le Se-UNSA, l’apprentissage à 14 ans équivaut à une pré-orientation et "ne peut être une réponse aux difficultés scolaires des collégiens... En faisant rimer à nouveau difficultés et orientation professionnelle précoce, le gouvernement contribue à dévaloriser encore la voie professionnelle dans son ensemble". Le syndicat juge peu intéressantes les mesures pour les zep : "lorsqu’elles s’intéressent aux personnels, elles envisagent surtout des incitations financières et... occultent l’impérieuse nécessité d’aménager leurs services pour que leurs conditions de travail avec les élèves, les familles et l’environnement de l’Ecole soient améliorées".

Pour le Sgen-CFDT, " le Premier ministre en arrive à proposer des rustines pour colmater les difficultés que rencontrent l’École et les jeunes... Une fois de plus on semble vouloir culpabiliser les "parents des enfants en grande difficulté" en oubliant que ces mêmes parents sont bien souvent eux-mêmes en grande difficulté (chômage, logement, ...). Les parents ont bien entendu tout leur rôle à jouer, mais les menacer ne règlera pas leur désarroi. L’annonce d’un programme personnalisé de réussite éducative en CE1 est une fausse annonce, puisque ce programme figure déjà dans la loi Fillon".

Pour le SNUipp, "le Premier Ministre a confirmé le choix délibéré de renoncer à s’attaquer à l’échec scolaire et de favoriser une véritable politique en faveur de la réussite de tous... La multiplication des évaluations (maternelle, CE1, CE2, 6ème, ...), la confirmation du PPRE prévu par la loi Fillon ou le traitement hors de l’école des difficultés scolaires, dans le cadre des équipes de réussite éducative, ne constituent pas une politique qui vise à réduire les difficultés scolaires que connaissent environ 15 % d’enfants à l’issue de l’école élémentaire. La culpabilisation des parents et la menace de suspension du paiement des allocations familiales désignent certaines familles comme boucs émissaires et aggraveront leurs difficultés".

Selon l’AFP, les régions, qui ont en charge l’apprentissage, sont réticentes. Elles s’opposent "à cette idée de l’apprentissage à 14 ou 15 ans qui remet en cause le principe de la scolarité obligatoire à 16 ans".

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02/12/05 - Plan Villepin : l’opinion du SGEN-CFDT

Extrait du site du SGEN-CFDT, le 02.01.05 : Avez-vous des rustines ?

Quel aveu d’échec ! Ainsi trois mois après la mise en place de l’insipide loi d’orientation pour l’avenir de l’École, le Premier ministre en arrive à proposer des rustines pour colmater les difficultés que rencontrent l’École et les jeunes.

En son temps, le Sgen-CFDT avait évoqué le gâchis d’une loi ignorant le débat sur l’École et les propositions Thélot.

Le Sgen-CFDT rappelle son opposition totale à l’apprentissage "junior". Dire que de 14 à 15 ans, les jeunes "futurs apprentis" devront consolider l’acquisition du socle commun n’a aucun sens. Le socle commun s’inscrit dans la durée depuis l’entrée à l’école jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire : il ne peut se saucissonner.
Une fois de plus on semble vouloir culpabiliser les "parents des enfants en grande difficulté" en oubliant que ces mêmes parents sont bien souvent eux-mêmes en grande difficulté (chômage, logement, ...). Les parents ont bien entendu tout leur rôle à jouer, mais les menacer ne règlera pas leur désarroi.

L’annonce d’un programme personnalisé de réussite éducative en CE1 est une fausse annonce, puisque ce programme figure déjà dans la loi Fillon.
Le Premier ministre, contrairement à Nicolas Sarkozy maintient les ZEP. C’est une mesure positive pour le Sgen-CFDT. Pour autant, au-delà de la remise à plat de la carte des ZEP réclamée depuis longtemps, le Sgen-CFDT rappelle la nécessaire refondation de la politique ZEP afin de cibler les territoires où les écoles et établissements concentrent bien souvent des élèves en grand échec.

Il s’agit de mettre en place des projets locaux, projets inter-degrés (et pas uniquement des collèges), inter-partenariaux.

Par ailleurs, il faut "mettre le paquet" dans ces écoles ou établissements, en particulier, en diminuant considérablement les effectifs/classes et le temps de face-à-face : un enseignant/une classe.

En conclusion, pour le Sgen-CFDT, ces mesures prises sans aucune concertation et qui figurent déjà dans l’ordre du jour du prochain Conseil Supérieur de l’Éducation ne répondent pas aux attentes de l’École et des personnels. Dans une lettre ouverte à Gilles de Robien, fin août 2005, le Sgen-CFDT concluait "il est temps de RÉAGIR et de construire une véritable politique de l’Éducation".

Nous en sommes au même point.

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02/12/05 - Plan Villepin : l’opinion du Se - UNSA

Extrait du site de l’UNSA, le 02.01.05 : Égalité des chances : Villepin rate la cible !

le SE-UNSA, les propositions du premier ministre ne permettent pas de répondre à l’ambition affichée qui consiste à faire de l’égalité des chances une réalité pour tous.

En effet, le catalogue de mesures annoncées, déjà appliquées pour partie, ignore la nécessité d’une relance d’ensemble de la politique d’éducation prioritaire dans notre pays.

Concernant l’apprentissage de la lecture, une évaluation rigoureuse à l’école primaire existe déjà. La focalisation sur la classe de CE1 est inquiétante. Elle ignore la nécessité de mise en place d’une stratégie plus globale d’apprentissage de la lecture étalée sur l’ensemble de la scolarité obligatoire qui devrait commencer, pour le SE-UNSA, à l’école maternelle.

S’agissant de l’ « apprentissage junior », l’institution d’une nouvelle filière équivaudra à une quasi pré-orientation, 2 ans avant le terme de la scolarité obligatoire. Elle ne peut être une réponse aux difficultés scolaires des collégiens pour lesquelles la maîtrise du socle commun doit rester l’objectif incontournable. En faisant rimer à nouveau difficultés et orientation professionnelle précoce, le gouvernement contribue à dévaloriser encore la voie professionnelle dans son ensemble.

Les mesures pour les ZEP, annoncées sans aucune concertation préalable, apparaissent improvisées et peu assurées. Lorsqu’elles parlent à juste titre de concentrer les moyens là où les difficultés sont les plus grandes, elles ne visent que les collèges et oublient les écoles primaires qui les alimentent. Lorsqu’elles s’intéressent aux personnels, elles envisagent surtout des incitations financières et des bonus divers et occultent l’impérieuse nécessité d’aménager leurs services pour que leurs conditions de travail avec les élèves, les familles et l’environnement de l’Ecole soient améliorées.

Pour le SE-UNSA, une relance de la politique d’éducation prioritaire implique :

- une évaluation qualitative des efforts déjà entrepris et des résultats obtenus dans les ZEP ;

- la recherche d’une cohérence qui fait actuellement défaut entre « éducation prioritaire » et « politique de la ville » ;

- une concertation avec les acteurs concernés pour définir les bons leviers susceptibles de favoriser la réussite des élèves (pilotage de l’établissement, exigences pédagogiques, travail en équipe, aide au travail personnel des élèves, travail avec les familles...) ;

- Une redéfinition des missions, de la formation et des obligations de services des enseignants.
Dans les cinq chantiers qu’il propose d’engager, le premier ministre n’actionne pas les bons leviers pour promouvoir l’égalité des chances dont notre système éducatif a besoin.

Paris, le 1er décembre 2005
Luc Bérille, Secrétaire Général

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02/12/05 - Plan Villepin : l’opinion de la FCPE

Extrait du site de la FCPE, le 02.01.05 : Quoi de neuf, docteur ? - 1er décembre 2005

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) dénonce la vacuité de la pensée éducative du gouvernement, dans la continuité d’une loi d’orientation qui a refusé d’aborder les vraies questions. On nous annonce des mesures déjà mises en œuvre ou déjà en chantier
La FCPE dénonce la vacuité de la pensée éducative du gouvernement, dans la continuité d’une loi d’orientation qui a refusé d’aborder les vraies questions. On nous annonce des mesures déjà mises en œuvre ou déjà en chantier.

Rien de nouveau en ce qui concerne la responsabilité parentale, les mesures annoncées se situent dans la droite ligne de la loi de 2004. En revanche, la FCPE s’indigne de l’assimilation, une nouvelle fois, des difficultés parentales à la nationalité des familles, puisque le ministre propose à ces parents une aide pour acquérir la maîtrise du français.

Réforme de la formation des enseignants, mais encore ? Cette question est le serpent de mer de l’Education nationale. Le HCE est précisément chargé de définir un cahier des charges pour les IUFM mais il ne suffira pas d’introduire quelques heures de formation à l’éducation prioritaire...

Remise à plat de la carte des ZEP, pourquoi pas, mais selon quels critères ? Si la concentration des moyens se fait à budget constant, cela reviendra surtout à en priver une partie des élèves qui en ont aussi besoin. Des mesures pour les élèves méritants de ZEP, d’accord, mais les autres ? N’auront-ils droit qu’à l’apprentissage junior qui n’est lui-même que le nouvel habillage d’une série de mesures existantes ?

Quelle évaluation de la lecture en CE1 ? En fin d’année, cela n’apportera rien par rapport à l’évaluation déjà faite en CE2. En début d’année cela interviendrait au beau milieu d’un cycle précisément consacré à cet apprentissage. Ne sera-ce pas simplement une nouvelle occasion de « trier » les élèves en difficulté pour les isoler du reste de la classe, plutôt que de favoriser les apprentissages en commun ?

Plus que jamais, la FCPE réclame une véritable réflexion sur l’évolution du système éducatif et que l’on sorte les questions d’éducation de la polémique et des rivalités de politiciennes.

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Autres réactions (Hors Expresso)

98. 02/12/05 - Plan Villepin : l’opinion du Parti communiste

Extrait du site « Communiqués de presse », le 02.12.05 : De Villepin : des propositions inacceptables et révoltantes

Le 1er décembre 2005 - Une nouvelle fois, les projets que vient de présenter le Premier ministre devant la presse sont inacceptables et révoltants. Le Premier ministre n’a rien compris à la réalité des banlieues. Il ne veut pas voir l’ampleur de la crise qui touche l’ensemble de la société.

Que représentent trente places au Lycée Henri IV face aux énormes besoins de l’éducation nationale ? Que représente un lycée pour toute la jeunesse de nos quartiers populaires ? Que représentent quelques établissements très sensibles face à l’ensemble des ZEP et des établissements scolaires ? Le choix du gouvernement, c’est de casser l’Education Nationale.

Si tout cela n’était pas d’une gravité extrême, on pourrait le trouver ridicule. La vérité, la droite le reconnaît, elle-même lorsqu’elle parle « d’élite » et de « mérite ». Elle n’a d’autre projet pour la France que d’y faire régner la loi du plus fort et des règles de sélection au service du MEDEF. En témoigne sa volonté d’abaisser l’âge de l’apprentissage pour livrer aux entreprises une main d’œuvre enfantine dont le statut et les droits seront bientôt en recul de 100 ans !
En témoignent les nouveaux avantages offerts aux entreprises. La France entière sera bientôt une immense zone franche !

Le comble du cynisme est la façon du Premier Ministre de faire porter le chapeau aux familles, menacées de se voir retirer leurs allocations familiales : comment mangeront les enfants ? Responsabiliser les familles, est-ce ajouter du malheur au malheur ?

Cette politique est inefficace et dangereuse .Le gouvernement poursuit dans la voie qu’ il a choisie : forcer l’allure pour imposer la société ultra-libérale qui fait en permanence le choix des riches et des puissants contre les plus fragiles et les plus démunis, qui entend briser tout briser les espoirs en une vie meilleure. Voilà une politique digne de grands aristocrates et de grands bourgeois.

Parti Communiste Français

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02/12/05 - Les réactions au Plan Villepin analysées par « Le Monde »

Extrait du « Monde » du 02.01.05 : La gauche et les syndicats se montrent très critiques après les propos du premier ministre

Les partis de gauche et les syndicats ont accueilli tièdement les mesures annoncées, jeudi 1er décembre, par le premier ministre, Dominique de Villepin.

Le porte-parole du PS, Julien Dray, a estimé qu’il avait "voulu jouer les Père Noël", mais qu’il n’y avait "rien" dans sa hotte, si bien que les jeunes vont être "livrés à eux-mêmes". "Nous avons un catalogue de mesures qui visent à faire croire qu’il se passe quelque chose, mais, en fait, il ne va rien se passer", a déclaré M. Dray en commentant la conférence de presse de Dominique de Villepin. Le porte-parole a relevé qu’il n’y avait "aucun engagement budgétaire nouveau, aucune correction par rapport au budget 2006". "Donc, on fait dans l’artifice pour masquer l’absence de politique", a-t-il dit. Selon le député de l’Essonne, "la seule mesure phare qui va concerner tous les jeunes consiste à généraliser l’apprentissage, c’est-à-dire à faire que, dès 14 ans désormais, on mettra des jeunes à la porte des écoles". "La vérité, a soutenu Julien Dray, c’est que personne ne s’occupera d’eux, qu’on les déscolarisera et qu’on va fabriquer ainsi des futurs délinquants. »
Le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Alain Bocquet, a lui estimé que le premier ministre "piochait des mesurettes dans une boîte de rustines" et ne "répondait pas à l’urgence sociale". "En réponse à la relégation sociale qui frappe les quartiers populaires, il faudrait un plan d’action de grande ampleur, durable et doté des crédits correspondants", juge le député du Nord. "Le premier ministre préfère se contenter de saupoudrage et d’habillage plutôt que de revenir sur la série d’allègements d’impôts accordés au capital et aux contribuables fortunés", poursuit-il. Selon lui, "les maigres coups de pouce promis aux zones d’éducation prioritaires (ZEP) et le réaménagement au rabais des filières d’apprentissage ne résorberont pas la fracture scolaire. »

"Vide sidéral "

Pour le syndicat Force ouvrière, "en essayant de réagir aux urgences, le gouvernement ne remet pas en cause les fondements de sa politique économique qui accentue la fracture sociale et républicaine".

La CFTC juge de son côté que "l’apprentissage à 14 ans ne doit pas être une punition, mais demeurer une modalité d’accès à la qualification adaptée à certains jeunes". La CFTC rappelle que "l’accès à l’éducation jusqu’à 16 ans est un acquis social durement acquis et qu’un retour vers la situation antérieure ne peut être institué dans la précipitation sans garantie. " Le syndicat estime que sur "les annonces multiples du premier ministre, aucune appréciation budgétaire n’a été annoncée alors que de nouveaux allègements fiscaux ou sociaux ont été promis". De son côté, l’association SOS-Racisme "prend acte de la déclaration du premier ministre dans laquelle il reconnaît le testing comme mode de preuve dans les affaires de discrimination".

Le principal syndicat des enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, a enfin déploré le "vide sidéral" des propos de Dominique de Villepin sur l’Ecole. "C’est stupéfiant ou alors c’est un choix délibéré de ne rien dire sur une période capitale, sur le moment où tout l’avenir des jeunes se construit", a déclaré à Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp. "Le premier ministre n’a cité le primaire que pour dénoncer la méthode globale d’apprentissage de la lecture, qui est abandonnée partout depuis longtemps, et pour annoncer une évaluation des capacités en lecture en CE1, évaluation qui n’aura rien de nouveau puisqu’elle est déjà engagée depuis cette année", a-t-il ajouté. M. Moindrot a par ailleurs émis des doutes sur "l’efficacité d’une simple multiplication d’évaluations". "Ce serait ironique si ce n’était pas si triste", a-t-il conclu

(avec AFP)

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02/12/05 - Le bilan des ZEP : l’opinion de Gérard Aschieri

Extrait du « Nouvel Obs » du 01.01.05 : "Ce n’est pas le rôle
d’un ministre de l’Intérieur"

Gérard Aschieri est secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU)

Nicolas Sarkozy a estimé hier qu’"il fallait déposer le bilan" des ZEP car "cette politique a échoué". Faut-il selon vous véritablement changer les ZEP ?

- Il est évident qu’il faut améliorer les ZEP. Mais les supprimer, ce n’est pas la même chose. Les propos de Nicolas Sarkozy sont en fait assez contradictoires. Il constate comme nous que les ZEP manquent de moyens. Mais il conclut qu’il faut abandonner cette politique, en changer. C’est ici que nos avis divergent. Nous pensons au contraire qu’il faut augmenter les moyens des ZEP.
L’annonce du gouvernement faite ce matin peut faire penser que le Premier ministre nous a entendus. Mais le risque est que le projet du gouvernement s’effectue par redéploiement. Ce redéploiement impliquerait que les établissements qui parviennent à sortir la tête de l’eau risquent d’y perdre leurs peu d’avantages. Ca ne peut pas se faire par redéploiement. Toutes les ZEP n’en sont pas au même point. Il existe un grand nombre de catégories entre elles (rurales, urbaines...) qu’il ne faut pas confondre.

La situation actuelle dans les ZEP est-elle inquiétante ? Y a-t-il réellement moins de moyens, et surtout moins de chances de parvenir à l’enseignement supérieur lorsqu’on est en ZEP ? Quelles seraient les évolutions souhaitables selon vous ?

- Effectivement, la situation actuelle des ZEP est inquiétante. Elles concentrent plus d’échec scolaire que les autres zones. Elles doivent aussi souvent faire face à des problèmes de violence et d’insécurité, en partie à cause de la situation sociale des élèves. Et c’est tout l’ensemble du système scolaire qui est entraîné vers le bas. Mais on ne peut pas pour autant parler des ZEP de manière générale.

Nous proposons donc, afin d’améliorer la situation des ZEP, tout d’abord d’augmenter le différentiel des moyens, qui est actuellement insuffisant face aux problèmes présents. Il faut ensuite réduire les effectifs par classe, afin de plus individualiser l’enseignement. Aujourd’hui, la moyenne est de 25 élèves par classe. Atteindre 20 élèves par classe serait bien. Selon une étude, 17 élèves est l’idéal.

Nous demandons également le développement pour les enseignants de temps libre pour souffler face à ces conditions difficiles, également pour permettre des concertations entre enseignants et des formations. Enfin, il faut favoriser la maternelle dès deux ans et, pour le cours préparatoire, développer des équipes avec plus de maîtres que de classes.

Les propos de Nicolas Sarkozy ont souligné des dissensions au sein du gouvernement. Pensez-vous que cela puisse dynamiser ou ralentir une amélioration du système éducatif dans les banlieues ? Et, est-ce le rôle du ministre de l’Intérieur de dénoncer les ZEP ?

- Ce n’est certainement pas le rôle d’un ministre de l’Intérieur. C’est au ministre de l’Education nationale de jouer pleinement son rôle. Il ne doit pas devenir un simple subordonné.

Je crains en effet que les divergences aient un mauvais impact pour l’amélioration du système d’éducation. Je voudrais que nous nous mettions tous autour de la table de négociations et que nous fassions réellement le tour de la question.

Actuellement, il y a des annonces et ce n’est qu’ensuite qu’on est invité à essayer d’aménager ces annonces. On l’a clairement vu avec l’apprentissage à 14 ans. Ce n’est pas ça le dialogue social.

Propos recueillis par François Sionneau
(Le jeudi 1er décembre 2005)

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Extrait du site « VousNousIls » du 1er décembre 2005 : Lycéens de l’UNL : contre l’apprentissage à 14 ans, pour des moyens aux ZEP

L’Union nationale lycéenne (UNL) s’est prononcée jeudi dans un communiqué contre l’apprentissage dès 14 ans et pour l’augmentation des moyens accordés aux Zones d’éducation prioritaire (ZEP).

L’UNL, qui a annoncé qu’elle serait reçue jeudi prochain par le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, a déploré que "l’Ecole reproduise les inégalités au lieu de les corriger".

"Ces dernières années, les politiques de démantèlement du service public ont même creusé les inégalités", a-t-elle ajouté, appelant à augmenter les moyens des ZEP. A ce propos, elle a dénoncé "l’attitude déplorable et encore une fois irresponsable du ministre de l’Intérieur qui voudrait +déposer le bilan des Zep+ après avoir stigmatisé la jeunesse des quartiers populaires".

L’UNL, enfin, a considéré que "l’apprentissage à 14 ans ne résoudra pas l’échec scolaire car c’est au contraire une forme d’exclusion prématurée et précipitée".

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