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03/12/05 - Plan Villepin : nouvelles réactions de la presse, des syndicats et des partis politiques

3 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable
  Sommaire  

03/12/05 - Les violences urbaines ont ouvert une « fenêtre de tir »

Extrait du « Monde » du 03.01.05 : La droite replace l’individu au centre de sa doctrine

Cette idée-là, l’UMP en rêvait depuis si longtemps... Jeudi 1er décembre, en proposant aux parents d’enfants familiers de l’absentéisme scolaire un "contrat de responsabilité parentale obligatoire sous peine d’amende (...) ou d’une mise sous tutelle ou d’une suspension des allocations familiales", Dominique de Villepin prend acte d’un nouveau rapport de forces. La responsabilisation de l’individu, accompagnée de la personnalisation du soutien en faveur des plus défavorisés, a été préférée, cette fois, aux habituelles réponses globales apportées par l’Etat.

Jusqu’alors, ces notions de responsabilité et d’individu, qui sont un des socles de la pensée de droite, avaient été traditionnellement portées par les libéraux, tels qu’Alain Madelin ou Charles Millon, deux soutiens historiques de Jacques Chirac en 1995. Elles ont été reprises par Nicolas Sarkozy pour mieux illustrer la "rupture" qu’il entend proposer en réponse à dix années de chiraquisme marquées, selon lui, par "la faillite de l’Etat-providence", du "modèle social" et du "modèle d’intégration." Une vision jusque-là durement combattue par le premier ministre.

"Fenêtre de tir"

La crise des banlieues semble avoir enfoncé les frontières traditionnelles au sein de la droite. Pour M. de Villepin, "il est désormais possible de dépasser les clivages doctrinaux". Selon un de ses proches conseillers, "les nuits de violences ont ouvert une fenêtre de tir". Le même poursuit : "Cela fait longtemps que le premier ministre voulait faire tomber ces barrières, mais il pensait que cela ne passerait pas avant 2007." Contenue dans l’avant-projet de loi de prévention de la délinquance et de responsabilité civique concocté par Nicolas Sarkozy lors de son premier passage Place Beauvau, l’hypothèse d’une mise sous tutelle des allocations familiales avait suscité alors le rejet d’une partie de la gauche et des associations.

A son corps défendant, le ministre de l’intérieur vient de rendre un service à son rival. D’une part, il a popularisé le concept d’équité, préféré à celui d’égalité, ainsi que celui de "discrimination positive à la française". D’autre part, il a concentré sur lui, depuis 2002, les attaques de la gauche. Proche du premier ministre, le député (UMP) de la Drôme Hervé Mariton estime que Nicolas Sarkozy "a saturé le terrain idéologique, rendant Villepin libre d’être pragmatique et de donner du sens à ce pragmatisme".
Conseiller politique du ministre de l’intérieur et ancien ministre de l’éducation nationale, François Fillon reconnaît, lui, que "la politique des territoires et des catégories a échoué". Proche des gaullistes sociaux, il admet qu’il "n’est plus incorrect de parler de responsabilisation".

Autre conseiller de M. Sarkozy, Patrick Devedjian constate que "l’effondrement financier de l’Etat-providence" et "le développement de la mondialisation" conduisent "à une réflexion sur l’individu, jusque-là méprisée, étouffée et négligée".

La plupart des enquêtes d’opinion montrent cependant une ambivalence des Français sur le sujet. Si la responsabilité individuelle est plébiscitée en théorie, le recours à l’Etat, accusé de tous les maux ou sollicité sur tous les sujets, reste de mise. Jeudi, pourtant, les réactions aux mesures Villepin des syndicats d’enseignants sont restées assez "molles", soulignant combien chacun s’interroge sur le sujet.

Reste que ce discours rompt sensiblement avec l’image que souhaite se donner le premier ministre. Il rompt aussi avec dix ans de chiraquisme, qui ont notamment accompagné une certaine vision victimaire de la société. La mise en place de mesures antidiscrimination - comme l’ouverture pour les meilleurs élèves de ZEP, dans un grand lycée parisien, d’une classe d’accueil pour intégrer les classes préparatoires - vient compléter ce glissement libéral. Mais le dogme de la réussite pour tous et celui des politiques systémiques semblent avoir vécu. Parmi les réactions politiques et syndicales aux propositions du premier ministre, personne n’a relevé ce virage. Au cours de la conférence de presse de M. de Villepin, Azouz Begag a déclaré : "Je ne suis pas le ministre de l’égalité des chances, mais des opportunités."

Christophe Jakubyszyn et Philippe Ridet

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03/12/05 - « Le Figaro » fait le point sur les réactions au plan Villepin

Extrait du « Figaro » du 02.01.05 : L’UMP se félicite, la gauche parle de « mesurettes »

Les réactions politiques et syndicales aux mesures annoncées se sont multipliées

• « félicite des réponses concrètes, efficaces et ciblées apportées par le premier ministre sur les vrais problèmes que rencontrent nos compatriotes en matière d’emploi et d’éducation ».

• Pour Marc Laffineur, vice-président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, « le premier ministre a annoncé des mesures pratiques, claires et efficaces, qui répondent à l’inquiétude des parents et de leurs enfants ».

• Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, estime qu’« on a essayé là de jouer au Père Noël avec un paquet cadeau dans lequel il n’y a rien. Le premier ministre déclare l’année 2006 année de l’égalité des chances mais pour nous, l’égalité des chances, c’est tout le temps ».

• Le président du MPF, Philippe de Villiers, estime que les mesures Villepin vont « enfoncer davantage la France dans le communautarisme et la discrimination positive ».

• Le premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Georges Sarre, juge que certaines mesures - dont le pouvoir de sanction donné à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité - vont « plutôt dans le bon sens ».

• Pour Alain Bocquet, président du groupe communiste et républicain (PCR) de l’Assemblée, « Dominique de Villepin pioche des mesurettes dans une boîte de rustines quand il faudrait un plan d’actions de grande ampleur ».

• Pour le président du FN, Jean-Marie Le Pen, le premier ministre « parle pour ne rien dire » et « le serpent se mord la queue ».

• Pour la CGT, c’est « un nouveau rendez-vous manqué pour les revendications sociales », le premier ministre refusant de prendre « toute la mesure de la gravité de la situation ».

• L’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) de l’éducation dénonce, de son côté, un projet qui, avec l’apprentissage à 14 ans, constitue « une filière de sortie précoce du système éducatif ».

• Force ouvrière considère « qu’en essayant de réagir aux urgences le gouvernement ne remet pas en cause les fondements de sa politique économique qui accentue la fracture sociale et républicaine ».

• SOS-Racisme « prend acte de la déclaration du premier ministre dans laquelle il reconnaît le testing (vérifications à l’improviste dans les entreprises, les boîtes de nuit, les agences immobilières) comme mode de preuve dans les affaires de discrimination ».

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03/12/05 - Les ZEP vont être évaluées

Extrait du « Figaro » du 02.01.05 : Les dispositifs du premier ministre pour assurer « l’égalité des chances »

Voici les plus importantes mesures annoncées hier par Dominique de Villepin lors de sa sixième conférence de presse depuis son arrivée à Matignon

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Evaluation des ZEP. Les 900 établissements scolaires en zones d’éducation prioritaire feront l’objet d’une évaluation pour « concentrer » les moyens là où « les difficultés sont les plus lourdes ». Une formation spécifique sur l’enseignement en ZEP sera dispensée. Des bonus (salaire, carrière) seront accordés aux enseignants des ZEP afin de les inciter à y rester.

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03/12/05 - Plan Villepin : lutter contre l’échec scolaire

Extrait du « Figaro » du 02.01.05 : Dominique de Villepin déclare la guerre à l’échec scolaire

Matignon Le premier ministre, pour son rendez-vous avec la presse, a annoncé des mesures pour l’école applicables dès 2006

Conférence de presse après conférence de presse, Dominique de Villepin imprime donc son style et sa façon de réformer le pays. Et mine de rien, le premier ministre trace sa route. Les conseillers, eux, changent les slogans affichés en grand derrière le pupitre du patron : « Pour une croissance sociale, avancer ensemble » a cédé la place, hier, à : « Pour la promotion de l’égalité des chances, avancer ensemble. »

Sur le fond, après le contrat « nouvelles embauches », la réforme de l’impôt sur le revenu, l’apprentissage à 14 ans, voilà donc le contrat de responsabilité parentale destiné aux parents dont les enfants sont indisciplinés ou trop souvent absents à l’école. En réponse à la crise des banlieues, le premier ministre a choisi, hier, de s’attaquer à l’échec scolaire et proposé de « sortir de la spirale de l’échec » les 15 000 enfants déscolarisés et les 150 000 qui sortent chaque année sans diplôme. Décrétant l’égalité des chances grande cause nationale pour 2006, le chef du gouvernement a détaillé une série de mesures pour relancer l’emploi dans les quartiers, lutter contre les discriminations et remettre à plat le fonctionnement de l’école dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP).

Au total, une impressionnante batterie de mesures « concrètes et immédiatement opérationnelles » - dont une partie était déjà connue ou dans les tuyaux - que le premier ministre pense pouvoir appliquer dès la rentrée de 2006. Il faudra voir si l’intendance suivra. Certains des ministres présents hier, semblaient en tout cas donner des signes de fatigue...A Matignon, on ne se pose pas ce genre de question. On veut prendre le fameux « mammouth » par les défenses. Dominique de Villepin veut tout de suite passer de « l’éducation globale à l’accompagnement personnalisé ». Maniant la carotte et le bâton, il propose un « contrat de responsabilité » aux parents. Il est prêt à « sanctionner ceux qui ne joueront pas le jeu par la mise sous tutelle ou la suspension des allocations familiales ». Il propose aussi de « vérifier », dès la fin du CE 1, la maîtrise de la lecture et de l’écriture. Quitte à remettre au goût du jour le redoublement. Enfin, il a adressé un hommage au« dévouement exceptionnel » des enseignants et compte « améliorer » leur formation dans les établissements difficiles.

Dans son plan, Dominique de Villepin écarte totalement l’idée de supprimer les ZEP, dont Nicolas Sarkozy a souhaité « le dépôt de bilan ». Le premier ministre a admis que leur « bilan est contrasté ». « Mais, a-t-il ajouté, au-delà du constat, il y a des solutions à apporter. Mon souci, c’est de faire avancer les choses. Tout le reste ne me concerne pas. » Un peu plus tard sur France 3, il a ajouté : « Je sais bien que nous sommes dans un temps où l’école des sceptiques est triomphante et j’y veux voir le signe de l’arrivée prochaine d’une élection présidentielle. »

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Bruno Jeudy.

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03/12/05 - L’opinion du SDEN-CGT sur les déclarations de Sarkozy

Extrait du site « Salade-niçoise », le 02.01.05 : S’il y a un dépôt de bilan à déposer c’est celui du Ministre de l’intérieur

Le SDEN-CGT dénonce la nouvelle provocation du ministre de l’Intérieur qui propose de "déposer le bilan des ZEP". Ces nouvelles attaques contre les ZEP de la part du maire de Neuilly, s’inscrivent dans la continuité de la stigmatisation des quartiers populaires et des populations qui y vivent.

Après avoir contribué à l’extension et au maintien des tensions dans les quartiers par ses propos irresponsables, le Ministre de l’intérieur joue une nouvelle fois sur le registre de la provocation.

Ces nouvelles attaques participent aussi de la politique de casse des services publics. Le SDEN-CGT réaffirme qu’il faut à l’inverse conforter et renforcer les ZEP, leur donner tous les moyens nécessaires et permettre aux équipes éducatives et aux parents d’élèves d’être associés à leur pilotage. Si un dépôt de bilan s’impose c’est celui du Ministre de l’intérieur...

Sden-Cgt

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03/12/05 - Villepin assure qu’il tiendra ses engagements sur les ZEP

Extrait du site «  VousNousIls », le 02.01.05 : Dominique de Villepin ironise sur "l’école des sceptiques"

Dominique de Villepin, interrogé jeudi soir sur les critiques émises par Nicolas Sarkozy contre les zones d’éducation prioritaire (ZEP), a estimé jeudi soir qu’il fallait "être juste", ironisant au passage sur "l’école des sceptiques" à l’approche de 2007.

"Je sais bien que nous sommes dans un temps où l’école des sceptiques est triomphante et j’y veux voir le signe de l’arrivée prochaine d’une élection présidentielle", a déclaré sur France 3 le Premier ministre en indiquant avoir entendu notamment les critiques de Jack Lang (PS).

"Moi, je m’engage sur les promesses que je peux tenir. C’est le contrat de confiance que j’ai avec les Français. Je l’ai fait en matière d’emploi, je le fais aujourd’hui en matière d’éducation (...) Nous tiendrons ces engagements, ils sont déterminants", a-t-il insisté en réaffirmant l’importance des ZEP.

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03/12/05 - «  Résultats contrastés » pour les ZEP, selon Villepin

Extrait de « Libération » du 02.01.05 : L’égalité remise au programme scolaire

Après les émeutes en banlieue, le Premier ministre annonce une loi pour lutter contre les discriminations, centrée sur les élèves de ZEP

Dominique de Villepin ressort les grandes phrases : « L’année 2006 sera l’année de l’égalité des chances comme grande cause nationale », a-t-il déclaré hier en conclusion de sa conférence de presse. Après un mois de novembre marqué par les émeutes urbaines, le Premier ministre a présenté les mesures phares de la loi pour l’égalité des chances. Le texte qui sera présenté en tout début d’année porte essentiellement sur l’éducation et sur la lutte contre les discriminations.

Alors que son numéro 2, Nicolas Sarkozy, avait appelé la veille à « déposer le bilan des ZEP », il a annoncé, sans en préciser le financement, « une concentration des moyens » sur les établissements scolaires situés dans les zones les plus difficiles et « une remise à plat » de la carte des ZEP. Il reconnaît que le résultat est « contrasté » pour ces ZEP, mais a salué « des réussites et des efforts incontestables ».

Symbole

Pour permettre aux élèves issus des ZEP d’entrer dans les meilleures classes préparatoires, le lycée Henri-IV à Paris sera le lieu d’expérimentation d’un « accompagnement personnalisé » de 30 élèves, dès la rentrée 2006. Une mesure symbolique, très éloignée de la proposition de loi socialiste visant à garantir l’accès des classes préparatoires à 6 % des meilleurs élèves de tous les lycées. Hier matin, la majorité UMP a rejeté ce texte à l’Assemblée.

Le chef du gouvernement a insisté sur l’implication des familles. Refusant de s’aventurer sur le terrain miné de la suppression des allocations familiales aux parents d’enfants qui sèchent l’école ou posent problème, il a néanmoins annoncé, en cas d’absentéisme ou de « difficultés graves », l’obligation de signer un « contrat de responsabilité parental ». Si les parents refusent de signer ce contrat ou ne le respectent pas, ils se verront infliger une amende, une suspension pendant trois à six mois ou une mise sous tutelle des allocations familiales, placées, sur décision du président du conseil général, sur un compte bloqué.

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Vanessa Scnneider

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03/12/05 - Le Nouvel Obs récapitule les réactions au Plan Villepin

Extrait du site « NouvelObs.com », le 02.01.05 : Voici les premières réactions à la conférence de presse de Dominique de Villepin, jeudi 1er décembre

A gauche

Georges Sarre, premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (chevènementiste), juge que certaines mesures annoncées par Dominique de Villepin en faveur de l’égalité des chances "allaient plutôt dans le bon sens", comme le pouvoir de sanction donné à la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). "Mais pour l’essentiel le Premier ministre reste sur la République des mots, alors que la France a besoin d’une République des actes", a-t-il ajouté. (communiqué, jeudi 1er décembre)

Julien Dray, porte-parole du PS : "Le Premier ministre a voulu donner le sentiment qu’il faisait des cadeaux, mais il y a des paquets et rien à l’intérieur. Nous avons un catalogue de mesures qui visent à faire croire qu’il se passe quelque chose mais, en fait, il ne va rien se passer", a déclaré Julien Dray. Le porte-parole a relevé qu’il n’y avait "aucun engagement budgétaire nouveau, aucune correction par rapport au budget 2006". "Donc, on fait dans l’artifice pour masquer l’absence de politique", a-t-il dit. Selon le député de l’Essonne, "la seule mesure-phare qui va concerner tous les jeunes consiste à généraliser l’apprentissage, c’est-à-dire à faire que, dès 14 ans désormais, on mettra des jeunes à la porte des écoles".

"La vérité, a soutenu Julien Dray, c’est que personne ne s’occupera d’eux, qu’on les déscolarisera et qu’on va fabriquer ainsi des futurs délinquants". (déclaration à la presse, jeudi 1er décembre)

Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale : "En réponse à la relégation sociale qui frappe les quartiers populaires, Dominique de Villepin pioche des mesurettes dans une boîte de rustines quand il faudrait un plan d’action de grande ampleur, durable et doté des crédits correspondants", juge le député du Nord. "Le Premier ministre préfère se contenter de saupoudrage et d’habillage plutôt que de revenir sur la série d’allègements d’impôts accordés au capital et aux contribuables fortunés", poursuit-il. Selon lui, "les maigres coups de pouce promis aux Zones d’éducation prioritaires (ZEP) et le réaménagement au rabais des filières d’apprentissage ne résorberont pas la fracture scolaire". (communiqué, jeudi 1er décembre)

A droite

Philippe de Villiers, président du MPF, estime que les mesures annoncées par Dominique de Villepin en faveur de l’égalité des chances allaient "enfoncer davantage la France dans le communautarisme et la discrimination positive". "Faut-il brûler des voitures pour être entendus", a demandé Philippe de Villiers, qui préconise pour sa part de "supprimer le collège unique", "restaurer les savoirs fondamentaux" et "réconcilier l’école avec l’entreprise". (communiqué, jeudi 1er décembre)
Les syndicats et associations

La CGPME (patronat des petites et moyennes entreprises) "soutient la volonté du gouvernement de revitaliser le tissu économique et social dans les banlieues. Certaines des propositions (du Premier ministre, ndlr) sur l’apprentissage rejoignent ses propres positions". Elle juge toutefois "inapplicable dans les TPE-PME" le CV anonyme, que le Premier ministre souhaite voir expérimenté pour réduire les discriminations à l’embauche, et se dit "pas non plus favorable au pouvoir de sanction de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) qui fait craindre une justice d’exception".

Elle repousse enfin "l’ouverture d’une négociation immédiate sur la diversité", jugeant nécessaire pour les partenaires sociaux de "prendre du recul" après trois semaines de crise dans les banlieues. (Communiqué, jeudi 1er décembre)

L’UPA (artisanat) : "Même si elle restera vigilante quant à la mise en oeuvre de ces décisions, l’UPA a le sentiment d’avoir été écoutée". Le "soutien" affiché par Dominique de Villepin "aux entreprises et aux commerces de proximité est évidemment de nature à créer davantage d’activité et d’emplois". En outre "le gouvernement a pris la mesure des actions à engager dans les domaines de l’éducation et de l’orientation", pour l’UPA, qui rappelle que "la décision d’informer les collégiens sur les débouchés professionnels et les orientations qui s’offrent à eux", est une "demande récurrente de l’artisanat". L’UPA "souscrit tout particulièrement au projet du Premier ministre de favoriser la découverte des métiers et de l’entreprise" aux jeunes dès 14 ans. (Communiqué, jeudi 1er décembre)

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La FCPE, la principale organisation de parents d’élèves : "La vacuité de la pensée gouvernementale en matière d’éducation est dramatique", a déclaré le président de la FCPE, Georges Dupon-Lahitte. "Le Premier ministre n’a rien dit de neuf, il s’est contenté d’annoncer comme nouveau des mesures déjà mises en oeuvre. Il semble bien que sa seule et unique préoccupation soit de répondre à la surenchère de l’autre candidat à la présidentielle",. Georges Dupon-Lahitte a, par ailleurs, dénoncé "la stigmatisation réitérée de la population immigrée". Quand le Premier ministre parle d’absentéisme, il parle dans la foulée d’aider les familles à l’apprentissage du français, c’est significatif, on assimile absentéisme et immigration, c’est désolant". Quant à la politique des Zep, il s’est contenté de souligner que "si c’est à budget constant, cela ne résoudra rien".

SOS Racisme déclare que le testing est une "avancée contre les discriminations" mais réclame que le "pouvoir de sanction" soit confié à la justice et non pas à la Halde.

"Le pouvoir de sanction des pratiques discriminatoires délégué à la Halde par le Premier ministre constitue un vrai recul dans la lutte contre les discriminations".
L’association poursuit en notant que le Premier ministre, qui tout en faisant un pas en avant "en reconnaissant les testings, porte un coup grave à la lutte contre les discriminations en soustrayant le pouvoir de sanction à la justice".

"Donner ce pouvoir à la Halde annule tout effet dissuasif sur les auteurs de discrimination. Plus scandaleux encore, les amendes sont dérisoires et ne représentent que 10% de ce que prévoit la loi pour des cas similaires". SOS Racisme demande ainsi "au Premier ministre de revenir de toute urgence sur sa décision". (Communiqué, jeudi 1er décembre)

La FSU, a dénoncé la "dureté derrière les apparences" des propos du Premier ministre. "Sur l’apprentissage, les ZEP ou l’absentéisme, on a pu voir une confirmation d’une politique répressive et discriminatoire au-delà d’inflexions du discours", a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri. "Sur l’apprentissage, le Premier ministre a confirmé toute la nocivité du dispositif. La réversibilité dont il parle est un leurre.
Il s’agit bien d’une éviction des jeunes en grande difficulté". "Sur les ZEP aussi, tout est apparence. Contrairement à Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin semble confirmer l’existence des ZEP mais on sait bien qu’une concentration des moyens ne peut se faire qu’au détriment du plus grand nombre".

A propos de l’absentéisme, Gérard Aschieri s’est félicité qu’on veuille aider les parents tout en dénonçant "le retour de la menace de suspension, voire de suppression des allocations familiales". "Celles-ci ne sont pas des bourses au mérite. Elles constituent un droit". "D’ailleurs, il est significatif que ce gouvernement parle toujours de responsabilités individuelles pour mieux occulter les causes sociales et s’en désinteresser".

Le SNUipp-FSU, principal syndicat des enseignants du primaire, déplore le "vide sidéral" des propos du Premier ministre Dominique de Villepin sur l’école. "C’est stupéfiant ou alors c’est un choix délibéré de ne rien dire sur une période capitale, sur le moment où tout l’avenir des jeunes se construit", a déclaré Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp.

"Le Premier ministre n’a cité le primaire que pour dénoncer la méthode globale d’apprentissage de la lecture qui est abandonnée partout depuis longtemps et pour annoncer une évaluation des capacités en lecture en CE1, évaluation qui n’aura rien de nouveau puisqu’elle est déjà engagée depuis cette année", a-t-il ajouté. Gilles Moindrot a par ailleurs émis des doutes sur "l’efficacité d’une simple multiplication d’évaluations". "Ce serait ironique si ce n’était pas si triste", a-t-il conclu. (déclaration à la presse, jeudi 1er décembre)

L’Unsa-Education, deuxième organisation d’enseignants, dénonce "flou, improvisation et habillage" dans les propos du Premier ministre. "Le Premier ministre découvre aujourd’hui l’éducation mais il semble que son propos soit plus politique qu’éducatif, destiné à une reprise en main dans son propre camp, entre l’inexistence de son ministre de l’Education nationale et l’interventionnisme du ministre de l’Intérieur à tout propos et même sur tout ce qui relève des compétences du président et du Premier ministre", a déclaré Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa-Education.

"Dans ces conditions, il s’est borné à faire du flou, de l’improvisation et de l’habillage, l’habillage portant sur l’apprentissage à 14 ans qui, quoi qu’il dise, reste une exclusion", a-t-il ajouté. (déclaration à la presse, jeudi 1er décembre)

Le Sgen-CFDT, Syndicat général de l’éducation nationale, ironise sur les propos du Premier ministre sur le système éducatif, déclarant qu’il ne propose que "des rustines". "Quel aveu d’échec ! Le Premier ministre en arrive à proposer des rustines pour colmater les difficultés que rencontrent l’Ecole et les jeunes", a-t-il déclaré. Le Sgen a par ailleurs rappelé son "opposition totale à l’apprentissage junior". Sur l’absentéisme et les sanctions éventuelles aux familles, il a dénoncé "la volonté de culpabiliser les parents d’enfants en grande difficulté en oubliant que ces parents sont eux mêmes bien souvent en grande difficulté". (communiqué, jeudi 1er décembre)

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03/12/05 - Plan Villepin : opinion du SNES de La réunion

Extrait de « Témoignages » à Saint-Denis de La Réunion, le 02.01.05 : École et banlieues : tout faux pour le gouvernement ?

Réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy sur les Zones d’Éducation prioritaire (ZEP), le SNES-FSU a publié mardi un communiqué que nous reproduisons ci-après.
"À la veille de la conférence de presse du Premier ministre qui doit donner la réponse du gouvernement pour l’École à la crise des banlieues, Nicolas Sarkozy vient d’émettre, devant la convention de l’UMP, un jugement aussi fracassant que lapidaire : il faut "déposer le bilan des ZEP".

Les enseignants et tous les personnels qui ont mobilisé toute leur énergie depuis 20 ans pour faire réussir, envers et contre tout, les élèves des quartiers difficiles apprécieront le propos à sa juste valeur. D’autant plus qu’aucune étude sérieuse ne permet d’étayer un tel jugement. La récente étude de l’INSEE, souvent invoquée, outre qu’elle portait sur une période déjà ancienne, faisait l’impasse sur l’évolution du contexte socio-économique des établissements ZEP, alors qu’il est avéré que ce contexte s’est considérablement dégradé au cours des deux dernières décennies. Ce que confirme la Division de l’évaluation et de la programmation (DEP)*.
En affirmant qu’"il faut passer de la politique des zones prioritaires à la politique des élèves prioritaires", N. Sarkozy réaffirme la logique qui sous-tend la loi Fillon. Il confirme en même temps, en le disant haut et fort, ce que n’osaient pas dire ouvertement G. de Robien et D. de Villepin : la politique d’Éducation prioritaire est aujourd’hui condamnée.

S’il se confirme que les prochaines annonces du Premier ministre se bornent à annoncer, pour l’École et les banlieues, la fin de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et le renoncement de fait à l’Éducation prioritaire, le gouvernement aura bel et bien tout faux !
Nicolas Sarkozy a cependant raison sur un point quand il souligne la modicité de l’effort accompli actuellement pour les établissements ZEP : 1,2% du budget de l’Éducation nationale seulement et en moyenne deux élèves de moins par classe. L’étude de T. Piketty montre en effet que pour faire sentir tous ses effets une politique de diminution des effectifs doit dépasser un seuil significatif.

Le SNES se prononce pour une relance en grand la politique d’Education prioritaire, ce qui devrait passer, notamment, par une augmentation importante du budget consacré à l’éducation prioritaire une baisse sensible des effectifs de classe.

Les moyens d’une stabilisation des équipes pédagogiques et de leur travail en équipe.

Le SNES demande au ministre de l’éducation d’organiser au plus vite un “Grenelle” des établissements difficiles et entend y faire valoir ses propositions pour réduire la fracture scolaire."

"les résultats des évaluations effectuées ces dernières années montrent justement qu’entre les élèves de ZEP et les autres, les écarts sont restés du même ordre, alors que les établissements de l’EP connaissaient une concentration croissante de difficultés sociales et scolaires. Dans ces zones, il n’y a donc pas de dégradation relative des acquis des élèves, alors que les conditions sociales s’y sont, elles, dégradées."

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03/12/05 - Plan Villepin : l’opinion de Martine Aubry

Extrait du site «  Réformer », le 02.01.05 : Les Français en ont assez des effets d’annonce. Ils veulent des actes

Martine Aubry, Secrétaire nationale à l’Emploi et aux Affaires sociales du Parti Socialiste, a publié le communiqué ci-dessous le 1er décembre 2005.

La réaction du Premier Ministre à la grave crise sociale que traverse notre pays se limite à l’énumération de vœux pieux. Aucun moyen supplémentaire n’est annoncé pour créer de l’emploi et lutter contre la précarité.

Les deux seules mesures concrètes annoncées sont, pour l’une inadaptée et dangereuse, pour l’autre inefficace et coûteuse.

La première, l’abaissement de l’âge de l’apprentissage, revient à faire travailler les jeunes dès 14 ans, et remet cause l’obligation de suivre une scolarité jusqu’à 16 ans. C’est le retour à la situation du début du siècle, à une époque où un niveau élevé d’éducation générale est une nécessité pour chaque jeune afin de s’insérer dans la vie professionnelle. Cette décision va à l’opposé de l’effort éducatif qui s’impose pour mieux former et insérer les jeunes en difficultés.

La seconde, l’extension des contrats jeunes en entreprises à tous les jeunes habitant les zones urbaines sensibles, ne créera aucun emploi nouveau, comme on l’a vu depuis deux ans pour les jeunes sans qualification. Il coûtera cher car se substituera à des contrats existants, constituant ainsi des effets d’aubaine. A l’instar des 200 000 contrats nouvelle embauche dont se targue le gouvernement, cette décision est un nouveau cadeau au patronat sans effet sur l’emploi.

Pour le reste, le Premier Ministre s’est contenté de lieux communs sur la nécessité de lutter contre les discriminations dans l’emploi, de favoriser un service civil volontaire dans les quartiers sensibles, ou de soutenir l’activité dans les quartiers qui manquent d’entreprises.

Les Français en ont assez des effets d’annonce. Ils veulent des actes.

Sourd à leurs préoccupations, le gouvernement se refuse une nouvelle fois à prendre des mesures concrètes pour favoriser la consommation des ménages et faire baisser la précarité, seules à même de relancer la croissance et l’emploi dans notre pays.

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03/12/05 - ZEP et cultures étrangères : terrains de la réaction

Extrait du «  Monde » du 02.01.05 : Youyous, ZEP : le refuge des réflexes

L’incident de séance est un classique de la vie parlementaire. Il se pratique de préférence lors des questions au gouvernement, le mardi ou le mercredi, quand les députés sont nombreux dans l’Hémicycle, les tribunes du public et de la presse bien garnies et, surtout, la télévision présente pour retransmettre les débats en direct.

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Le même jour, Nicolas Sarkozy a déclaré que, pour les zones d’éducation prioritaires, les ZEP, l’heure du "dépôt de bilan" a sonné. Certes, le président de l’UMP s’est référé ensuite à Lionel Jospin et au projet qui fut le sien de "mettre l’élève au centre" du système éducatif - en clair : l’élève, pas l’enseignant. Il n’empêche. Déposer le bilan des ZEP, c’est aussi un clin d’oeil à l’électorat de droite, facilement convaincu que tous ces systèmes inventés par les bonnes âmes de gauche ne servent qu’à dépenser l’argent des contribuables au profit des fonctionnaires. Les réactions n’ont pas tardé du côté des syndicats.

Il serait inepte d’assimiler les youyous de François Grosdidier et les ZEP de Nicolas Sarkozy, comme d’ailleurs les protestations qu’ils ont déclenchées. Observons simplement que la gravité des problèmes que doivent résoudre les responsables politiques ne les incite pas à mettre en veilleuse les réflexes de parti. Elle semble même les pousser à y chercher refuge.

Patrick Jarreau

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