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Rapport Cnesco. Marc Douaire (OZP) à la Croix : "L’éducation prioritaire n’a rien d’un échec", mais "il faut aller plus loin" et "transmettre une autre culture professionnelle"

30 septembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Comment rendre l’éducation prioritaire plus efficace ?
La réponse de Marc Douaire président de l’Observatoire des zones prioritaires

Même si son histoire est faite de reculs et de relances, l’éducation prioritaire n’a rien d’un échec. Le Cnesco suggère naïvement de supprimer la labellisation, jugée trop stigmatisante. Comme s’il suffisait d’enlever une étiquette pour rendre attractifs, tout en accroissant leur mixité sociale et scolaire, des établissements situés dans des quartiers défavorisés qui sont eux-mêmes stigmatisés !

La force de l’éducation prioritaire, c’est de s’appuyer sur des réseaux qui rassemblent plusieurs écoles et un collège. Cela permet un meilleur suivi des élèves, une plus grande cohérence dans les apprentissages et l’évaluation. Cela permet de mener véritablement un travail par cycles pluriannuels, gage de souplesse. Cela aide à gommer les seuils qui, comme l’entrée au CP ou en sixième, précipitent souvent l’échec scolaire, en particulier chez des enfants qui vivent dans des milieux éloignés de la culture de l’école.

La réforme de l’éducation prioritaire, conduite en 2015, a apporté des améliorations. Dans les réseaux REP +, le cœur du dispositif, l’institution permet à l’enseignant de dégager du temps (plus d’une heure par semaine, par exemple, pour un certifié, NDLR) pour la coordination école-collège, le suivi des élèves, l’accueil des parents. Autant de tâches qui n’étaient pas vraiment reconnues auparavant. De même, on a augmenté les primes dont bénéficient les professeurs de l’éducation prioritaire. Ces évolutions ont permis de rendre un peu plus attractifs les établissements concernés : selon le ministère, les professeurs sont moins nombreux à vouloir quitter ces réseaux, plus nombreux à demander une mutation vers l’un d’eux.

Mais il faut aller plus loin. Il faut repenser la formation initiale pour transmettre une autre culture professionnelle, faire comprendre aux futurs professeurs que leur métier consiste à prendre en charge la difficulté scolaire et l’hétérogénéité des publics, que cela est difficile, certes, mais porteur de sens. Et que cela passe par un travail en équipe, une dimension collective particulièrement marquée dans l’éducation prioritaire.

L’institution, elle, doit aussi mieux accompagner et reconnaître le travail de ceux qui exercent dans ces réseaux, là où aujourd’hui elle se soucie peu de leur proposer de nouvelles missions en lien avec les compétences spécifiques qu’ils ont pu acquérir, notamment dans l’ingénierie de projet.
Elle devrait aussi miser sur l’expérimentation. Pourquoi ne pas permettre aux enseignants exerçant hors éducation prioritaire d’être détachés pour quatre ou huit ans en REP, en leur laissant la possibilité de retrouver ensuite leur poste initial ? Je suis sûr qu’au final, beaucoup choisiraient de rester.

Extrait de la croix.fr du 29.09.16 : Transmettre une autre culture professionnelle

 

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