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Les propositions du Cniré : extraits concernant l’éducation prioritaire

28 septembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Coopération, oral, parcours scolaires, place des élèves... : les propositions du Cniré

42 propositions pour "promouvoir une école innovante" : c’est le résultat du travail mené pendant deux ans (de 2014 à 2016) par le Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative (Cniré), d’abord sous la présidence de Didier Lapeyronnie puis de Françoise Sturbaut (par interim). Depuis fin septembre, c’est Philippe Watrelot qui le préside. La synthèse des travaux du Cniré est présentée dans un rapport diffusé le 26 septembre.
En termes d’innovation, il préconise notamment de développer dans toutes les académies, des équipes d’accompagnateurs des innovations et des expérimentations (équipes pluricatégorielles, interdisciplinaires, hors hiérarchie) en lien avec les Espé et la formation continue des professeurs. Les acteurs du système éducatif doivent être aussi incités à "aller voir ailleurs", via des échanges avec les autres ministères, les systèmes éducatifs étrangers, d’autres institutions, associations, entreprises, "afin d’élargir leur regard et se confronter à d’autres pratiques professionnelles".
[...]

S’étant également penché sur la question des territoires, le Cniré juge les liens entre territoires et éducation "souvent occasionnels, inégaux selon les lieux avec des cloisonnements encore importants". Il recommande donc d’ouvrir les territoires aux échanges : "En faire des territoires apprenants est un enjeu innovant qui permet d’œuvrer à la réussite de tous les élèves, qu’ils habitent en ville, en cité ou en zone rurale." Il s’agit par exemple de mieux identifier les différents acteurs locaux, associatifs, culturels, sociaux ou économiques menant une mission éducative afin de "construire des temps de rencontre et d’échange avec eux pour faciliter la co-construction de projets".

Extraits

(p. 9)
A l’image des REP+, le développement du travail collaboratif des différents corps
d’inspections (IEN 1er degré, IA IPR, IEN et EG) pourrait permettre un champ d’intervention élargi à l’ensemble du cursus scolaire de l’élève, de la maternelle au lycée. Il serait souhaitable et efficient que l’école du socle soit administrée par une gouvernance unique.

(p. 10)
Des expériences auditées ou suivies
dont des établissements en éducation prioritaire

(p. 19)
En développant des conditions favorables pour acquérir les compétences à l’oral de façon progressive, les équipes pédagogiques se mobilisent pour créer les progressions dédiées à l’oral pour chaque cycle. Cela suppose la mise en oeuvre d’une didactique de l’oral avec des outils adaptés et des démarches qui prennent en compte l’élève dans ses spécificités et ses difficultés. Cela induit une posture de l’enseignant : accompagnateur, facilitateur et déclencheur de la parole de l’élève. Cela induit aussi des locaux adaptés, en particulier pour les jeunes enfants pour lesquels n’est plus à démontrer l’impact positif à long terme de programmes éducatifs précoces. Une stimulation langagière précoce en collectivité permet, en effet, un développement plus rapide du langage parlé en particulier pour les enfants issus de milieux défavorisés.

(p. 20) La réforme du collège comme la réforme de l’éducation prioritaire instituent un nécessaire dialogue entre les membres des équipes éducatives. Dans le premier degré, des dispositifs nouveaux comme « plus de maîtres que de classes » induisent également des échanges professionnels. Si la posture et la pratique de l’enseignant restent le plus souvent individualisées en France, la nécessité du travail collectif se fait de plus en plus prégnante au sein des établissements.

(p. 23) Il y a nécessité à renforcer les liens entre l’école et son territoire, conçu comme une ressource éducative car le parcours scolaire des élèves dépend pour beaucoup de leur ancrage territorial et plus particulièrement pour les plus défavorisés. La densité territoriale en collèges et en lycées, la compétition scolaire entre établissements, sont autant de facteurs qui jouent d’une façon déterminante sur le devenir scolaire. A l’inverse, une offre scolaire diversifiée (lycées professionnels, dispositifs de raccrochage) peut favoriser des parcours d’élèves. En fait, ce n’est pas la composition sociale d’un lieu d’enseignement qui détermine a maxima la réussite des élèves mais l’utilisation des ressources des territoires scolaires qui en est faite. Un chef d’établissement volontariste et prêt à impulser ou à laisser développer les projets innovants, une équipe dynamique de professeurs motivée et stable, des partenariats forts avec d’autres établissements scolaires et des acteurs sociaux… sont autant d’éléments qui peuvent permettre de sortir d’un déterminisme territorial.

(p. 27) La reconnaissance du rôle de co éducateur des familles est désormais une évidence, leur place à l’Ecole, en particulier pour les familles les plus défavorisées donc les plus éloignées, ne va pas sans de nombreux obstacles. Il est nécessaire de leur donner un rôle actif, une responsabilité, de les associer à toutes les instances d’élaboration et de décision pour les projets de l’école. La volonté de faire exister un espace éducatif élargi aux familles et aux acteurs de la société civile ne peut se faire sans une réflexion méthodologique. Il importe de consolider des méthodes qui peuvent faire advenir une véritable culture d’un espace pédagogique partagé.

Le rapport du Cniré (42 pages)

04.10.16 : [Coopération, oral, parcours scolaires, place des élèves... : /les propositions du Cniré

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