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Insee Analyses n°40, octobre 2016 : Brevet des collèges en Ile-de-France : Réussite à l’examen et inégalités sociales des territoires vont de pair

21 octobre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Brevet des collèges en Ile-de-France Réussite à l’examen et inégalités sociales des territoires vont de pair

En moyenne, sur les années 2011 à 2014, 81,8 % des collégiens franciliens entrant pour la première fois en classe de 3e ont obtenu le diplôme national du brevet. Les différentes mentions à ce diplôme rendent compte du niveau atteint par un élève à la fin de sa scolarité au collège. Ces mentions sont étroitement liées au parcours scolaire des collégiens, mais également à leur milieu familial et social. Un fort lien existe aussi avec le niveau de vie de la population du territoire de résidence des élèves. Dans les environnements les plus favorisés, près de la moitié des admis ont obtenu une mention bien ou très bien, contre un tiers dans l’ensemble de l’Ile-de-France. Au sein de la région, cinq groupes de territoires se distinguent selon le niveau scolaire des collégiens et les facteurs d’environnement favorables ou non pour la scolarité.

En juin 2016, 147 088 élèves franciliens ont passé les épreuves du diplôme national du brevet (DNB). Parmi eux, 87,7 % l’ont obtenu, soit un taux très proche de celui de la France métropolitaine (87,5 %). Toutefois, il existe des disparités au sein de la région. En effet, le taux d’obtention est de 83,1 % en Seine-Saint-Denis, taux le plus faible de la région. Il s’élève à 90,2%dans les Hauts-de-Seine et 90,0% dans les Yvelines, taux les plus élevés.
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Dans les territoires où les niveaux de vie médians sont les plus élevés, supérieurs à 28 000 € par an (le niveau de vie médian en Ile-de-France en 2012 est de 22 180 € ), les collégiens obtiennent plus souvent une mention bien ou très bien (figure 1), cette part pouvant aller jusqu’à 58 %. Les collégiens qui décrochent ces mentions résident plus souvent dans l’est des Yvelines, les Hauts-de-Seine, l’ouest et le centre de Paris. Toutefois, dans quelques territoires un peu moins aisés, les élèves obtiennent des résultats comparables. C’est notamment le cas au sud-ouest des Yvelines et dans les secteurs de Marne-la-Vallée et de Fontainebleau en Seine-et-Marne.
Les collégiens qui obtiennent la mention assez bien se répartissent équitablement dans toutes les zones de la région. Cependant, ils résident un peu moins souvent en Seine-Saint-Denis et un peu plus dans les Yvelines (Données complémentaires). Les collégiens résidant aux limites de la région ainsi qu’en Seine-Saint-Denis et dans le sud-est du Val-d’Oise obtiennent plus fréquemment le brevet sans mention (Données complémentaires).
Les élèves qui n’obtiennent pas le brevet ou qui ne le passent pas vivent principalement en Seine-Saint-Denis, dans les arrondissements du nord-est de Paris et plus rarement dans le Val-de-Marne ou dans quelques territoires aux franges de la région (figure 2).
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Ainsi, dans tous les territoires, le taux de mentions bien ou très bien obtenues au brevet n’est pas loin d’être proportionnel à la part de parents diplômés du supérieur (figure 3). À l’inverse, dans les territoires où les parents sont rarement diplômés du supérieur, les élèves décrochent plus souvent le brevet sans mention. La catégorie socioprofessionnelle des parents de collégiens étant très liée à leur niveau de diplôme, il existe également une relation étroite entre le taux de mentions bien ou très bien d’un territoire et la part de catégories socioprofessionnelles élevées qui y est observée.
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La réussite est bien plus forte dans les territoires où le taux de scolarisation en établissement privé est élevé. En Ile-de-France, 17 % des primo-entrants en 3e sont scolarisés dans un établissement privé. Cependant, ce taux diffère grandement au sein de la région : s’il est inférieur à 14 % dans la moitié des territoires, il atteint
28 % à Paris. [...]

Cinq groupes de territoires présentant des profils de population en lien avec le niveau scolaire
Les 421 territoires de résidence des collégiens franciliens ont été classés en cinq groupes (Méthodologie). Les caractéristiques différenciant le plus chacun de ces groupes des quatre autres concernent le niveau scolaire et le milieu social des collégiens. Les groupes s’affranchissent des frontières départementales administratives, notamment au cœur de la métropole (figure 4).

- Groupe 1 - Milieu urbain très favorisé
Un premier groupe est composé de 78 territoires comportant chacun en moyenne 1872 collégiens entrant pour la première fois en classe de 3e aux rentrées 2011 à 2014. Il s’agit d’un regroupement de territoires urbains avec des populations très favorisées. La plupart des arrondissements de Paris font partie de ce groupe, ainsi que les communes des Hauts-de-Seine et de l’est des Yvelines. [...]

- Groupe 2 - Milieu péri-urbain et rural favorisé
Un deuxième groupe rassemble 134 territoires dans lesquels vivent en moyenne 783 collégiens. Ces territoires regroupent la plupart des communes de grande couronne,
sans atteindre la partie est de la Seine-et-Marne. Ils sont un peu éloignés du centre de la métropole, ce qui rend l’accès à la propriété plus aisé. Ces territoires se distinguent donc des autres par une part de propriétaires plus importante. [...]

- Groupe 3 - Groupe intermédiaire, aux franges de la région et aux franges de la petite couronne
Un troisième groupe agrège 100 territoires hébergeant chacun en moyenne 974 collégiens. Ce groupe concentre des territoires peu denses à la frange de l’Ile-de-France, ainsi qu’à la frange de la petite couronne, mais très peu sont situés dans l’ouest de la région. Il réunit les territoires sans caractéristiques très particulières, la plupart des indicateurs étant proches de la moyenne régionale.

- Groupe 4 - Fragilité sociale en milieu urbain
Un quatrième groupe rassemble 60 territoires comportant en moyenne 2 146 collégiens chacun. Ces territoires se localisent essentiellement au cœur de la métropole : dans les arrondissements du nord et de l’est de Paris et le 13e arrondissement mais également tout près de Paris, au sud du département de la Seine-Saint-Denis ainsi que dans l’ouest du Val-de-Marne. Il s’agit des territoires les plus denses de la région. Une part importante de familles habitant dans ces territoires vit dans des logements collectifs ou des HLM. De plus, ces territoires se distinguent par leur grande part de familles monoparentales. [...]

- Groupe 5 - Milieu urbain très défavorisé
Le dernier groupe concerne les 49 territoires les plus défavorisés, tant par leurs niveaux de vie que par leurs résultats scolaires. En moyenne, ces territoires rassemblent chacun 1 969 collégiens. Ils sont surtout concentrés en Seine-Saint-Denis, au sud du Val-de-Marne et au sud du Val-d’Oise. Il s’agit de territoires très denses. La part de familles vivant dans des HLM et le taux de pauvreté sont plus importants dans ces territoires que dans ceux des autres groupes. Ces territoires concentrent une part importante d’élèves boursiers. [...]

Analyses Insee n° 40 ; octobre 2016 (4 pages)

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