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Rapport Grande pauvreté (suite). Visite de la ministre au collège REP+ Rouault à Paris pour présenter "La Trousse à Projets", plateforme solidaire de financement participatif des projets expérimentée dans 5 académies

28 février Version imprimable de cet article Version imprimable

La trousse à projets expérimentée dans cinq académies
La plateforme solidaire de financement participatif des projets des enseignants et de leurs élèves

La variété, l’ambition, le nombre des initiatives pédagogiques prises par les enseignants à l’école, au collège et au lycée représentent un atout formidable au service de la réussite et de l’épanouissement des élèves. Atelier robotique, écriture et édition d’ouvrage, projets scientifiques, visites culturelles etc. Le ministère évalue à 100 000 le nombre de projets conduits chaque année dans le temps scolaire, intéressant plusieurs millions d’élèves et leurs parents. Ces projets sont fréquemment organisés avec des associations partenaires, et peuvent contribuer à des programmes ambitieux et thématiques.

Leur conduite exige un financement (typiquement de 500 à 2 000€), réuni traditionnellement auprès des institutions, mais aussi des familles, via les coopératives scolaires, d’autres associations ou directement les établissements scolaires. Les lycées, collèges et écoles sont concernés sur tout le territoire.

En lançant la Trousse à Projets dans cinq académies expérimentatrices (Lille, Montpellier, Orléans-Tours, Reims, Versailles) la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et l’OCCE, Réseau Canopé, le Crédit Coopératif et le fond pour le numérique à l’école, partenaires de la plateforme, ont décidé de favoriser ces pratiques et de permettre que de tels projets puissent émerger là où souvent ils ne réussissent pas, en particulier dans les établissements dont les élèves sont issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées ou situés dans des zones isolées. La création de la Trousse à Projets, plateforme numérique dédiée à l’accompagnement de ces projets doit permettre de répondre à trois étapes essentielles à leur réussite :

être un centre de ressources pédagogiques et méthodologiques pour les enseignants ;
être un espace de visibilité et de valorisation de ces projets ;
être une plateforme solidaire de financement participatif qui permettra de faciliter la collecte de fonds et d’en améliorer la transparence.

Cette plateforme permettra de développer les solidarités, de permettre la réalisation d’initiatives et projets, quel que soit le territoire. Ainsi, elle encouragera les dynamiques locales, associant les professionnels de l’éducation, leurs partenaires et les parents d’élèves.

Cet outil d’accompagnement, de visibilité et de financement - complémentaire dans le primaire du soutien apporté aux projets par les associations départementales OCCE (Office central de la coopération à l’école) - doit permettre de consolider la solidarité sur l’ensemble du territoire, en renforçant les capacités de tous à bénéficier de ces pratiques pédagogiques. La plateforme proposera à tous, grands ou petits donateurs, qui ne tiennent pas à sélectionner un projet particulier mais qui souhaitent concourir à la réussite de ces initiatives, dans un esprit de justice sociale en ouvrant la possibilité. Les dons recueillis par ce canal seront en effet orientés prioritairement vers les établissements situés dans les zones à difficulté socioéconomique. Ils pourront aussi être fléchés vers des thèmes estimés prioritaires, de l’éducation artistique au développement durable ou encore à la médiation scientifique et technique.

Les principales dates
13 mars 2017 : ouverture du site la trousseaprojets.fr pour les projets issus de cinq académies pilotes (Lille, Montpellier, Orléans-Tours, Reims, Versailles). Une cinquantaine de projets tests seront déposés progressivement.
À partir de juin 2017 : retour d’expériences de la phase test
Octobre 2017 : ouverture nationale du dispositif de la "Trousse à projets"

Extrait de education.fr du 27.02.17 : Mise en œuvre des recommandations du rapport Grande pauvreté et réussite scolaire

Tableau de présentation de la Trousse à projets

 

Au collège Georges Rouault : une amélioration visible des résultats
Le collège Georges Rouault, situé dans le 19° arrondissement de Paris, est un collège de réseau d’éducation prioritaire REP+ qui accueille une population scolaire assez homogène socialement avec :
6,2% d’enfants de cadres supérieurs et enseignants ;
6,8% d’enfants de cadres moyens ;
27,8% d’enfants d’employés, artisans, commerçants et agriculteurs ;
53% d’enfants d’ouvriers et d’inactifs ;
6,2% non renseigné.

Parmi ses élèves, il compte 59% de boursiers.

La maîtrise croissante de la vie scolaire et l’amélioration du climat scolaire (4 conseils de discipline en 2015/2016 contre 12 en 2011/2012) ont permis aux équipes de se consacrer pleinement aux enjeux pédagogiques et de parvenir ainsi à de bien meilleures acquisitions scolaires, avec 80,8% d’élèves ayant obtenu le Diplôme National du Brevet en 2016 contre 68,4% en 2010.

Ces résultats procèdent d’orientations pédagogiques cohérentes au niveau du réseau et de l’établissement dont les axes prioritaires sont :
la maîtrise de la langue ;
les compétences civiques et citoyennes ;
l’acquisition de capital culturel avec notamment 106 actions culturelles menées en 2015/2016 contre 80 en 2011/2012.

L’implication de l’équipe enseignante fait de l’établissement une école inclusive fondée sur la pédagogie différenciée et l’accompagnement des élèves, s’appuyant également sur une coopération améliorée avec les parents : 12 représentants de parents d’élèves élus au conseil d’administration du collège en 2016/2017 contre 5 en 2010/2011.

Source Dossier du Ministère du 27.0.17

 

Le reportage de Véronique Soulé dans le Café pédagogique

La ministre de l’Education nationale était hier au collège parisien Georges Rouault, l’un des REP + de la capitale les plus homogènes socialement. L’occasion de dresser le bilan de sa politique en faveur des élèves défavorisés dans l’esprit du rapport de Jean-Paul Delahaye sur le sujet. Elle a aussi annoncé une hausse de 25% des bourses sociales pour les collégiens. Reportage.

[...] A cette occasion, la ministre a annoncé la hausse de 25% des bourses pour les collégiens dès la rentrée 2017. A l’échelon 1, le plus bas, l’allocation passera ainsi de 84 euros à 105 euros pour l’année, à l’échelon 2, de 231 euros à 289 euros, et à l’échelon 3, de 360 euros à 450 euros. Sur un an, cela représente un coût de 45 millions d’euros. Dans son rapport, Jean-Paul Delahaye avait critiqué le montant ridiculement bas de cette bourse.

Fonds de tiroirs
Interrogée sur ce geste qui arrive bien tard, la ministre s’est défendue de dépenser à tout-va en fin de mandat. " J’ai simplement fait les choses par ordre, a-t-elle répliqué, à cette rentrée, j’ai augmenté de 10% les bourses des lycéens. Auparavant nous avions augmenté l’allocation de rentrée scolaire. Là, je vous assure, j’ai fait les fonds de tiroir pour trouver des fonds pour les bourses des collégiens. "

Alors que s’achève le quinquennat, Najat Vallaud-Belkacem en a profité pour faire un bilan de la politique menée en faveur des enfants les plus pauvres dont la précarité handicape la scolarité, n’ayant pas d’endroit pour travailler, ne pouvant s’acheter de fournitures, ne s’alimentant pas correctement, etc.

" Nous avons augmenté les fonds sociaux de 80% depuis le début du quinquennat ", s’est félicitée la ministre. A ses côtés, Jean-Paul Delahaye a rappelé qu’entre 2002 et 2012, ils étaient passés de 72 millions d’euros à 27 millions d’euros " sans que personne ne bronche alors que supprimer une heure en terminale S déclenche une tempête médiatique "...
" Tout le sens de la Refondation est la lutte contre les inégalités, a poursuivi la ministre, avec les dispositifs de mixité sociale, la priorité au primaire, la réforme de l’éducation prioritaire, le nombre de "décrocheurs" ramené à 98 000... "

Pédagogie
Mais la réussite de tous, y compris des plus précaires, est aussi affaire de pédagogie. C’est ce qu’était venue dire la ministre au collège Rouault (460 élèves). L’établissement, l’un des quatre REP + parisiens à atteindre 60% de boursiers, compte 53% d’enfants d’ouvriers et d’inactifs et 6,2% de cadres supèrieurs. Très dynamique, multipliant les projets, il a vu la réussite au brevet bondir de 68,4% en 2010 à 80,8% en 2016.

Najat Vallaud-Belkacem s’est arrêtée dans une classe de troisième qui pratique la pédagogie coopérative.
Devant un demi groupe, la prof de maths y fait un cours sur "Impression, conjecture et raisonnement". Les élèves sont installés en " îlots ", par petits groupes autour de tables. Les plus forts aident les plus faibles. " On comprend aussi mieux soi-même quand on explique aux autres ", a commenté la ministre.

Les élèves profitent aussi de " parcours d’excellence ". Jade, 14 ans, va tous les mercredis après-midi avec cinq camarades au prestigieux lycée Louis-le-Grand suivre des cours, faire des sorties avec les tuteurs... Saskia, 14 ans, va avec six collégiens, quatre heures le mercredi à Henri IV. Elle ambitionne d’y entrer l’an prochain.

Tchat
Un professeur de SVT Jérémie Pelé a présenté le dispositif d’aide aux devoirs mis en place dans le collège. Chaque jour, quatre profs sont disponibles chez eux devant leur ordinateur pour aider les élèves entre 18 heures 30 et 19 heures 30. Généralement cela se passe par tchat.

" Ca nous aide beaucoup, a témoigné Ecce, une habituée, surtout les élèves que les parents ne peuvent pas aider. Comme moi, car mes deux parents ne parlent pas le français."

Un nouveau dispositif a aussi été dévoilé lors de la visite : la Trousse à projets – www.trousseaprojets.fr . Il s’agit d’une plateforme solidaire de financement participatif destinée à des projets d’enseignants, notamment pour plus d’égalité. Parmi les partenaires du ministère : l’Office central de coopération à l’école, le réseau Canopé, le Fonds de dotation pour le numérique à l’école et le Crédit coopératif.

" Merci, ça fait un bien fou de voir qu’en REP + on se saisit de toutes les opportunités ", s’est félicitée la ministre. Najat Vallaud-Belkacem, dont le passage rue de Grenelle n’a pas été un chemin de roses, veut manifestement ne retenir que le positif.

Extrait de cafepedagogique.net du 27.02.17 : Najat Vallaud-Belkacem fait son bilan de la lutte contre la pauvreté à l’école

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