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Pierre Merle : une classe de CP à 16 élèves serait moins coûteuse et permettrait de diminuer l’effectif en 6e. L’autonomie des établissements et le rétablissement des options linguistiques vont renforcer la ségrégation

22 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Dans une tribune au « Monde », le sociologue approuve la réduction d’effectifs par classe prévue dans le programme éducatif du président, mais juge dangereuse l’autonomie des établissements car elle augmentera les inégalités.

[...] Pour diviser deux classes de CP de 24 élèves (soit 48 élèves), deux nouveaux professeurs ainsi que deux nouvelles salles de classe seront nécessaires. Le coût de scolarisation par élève est doublé ! Si ce seuil était fixé à 16, il ne faudrait plus qu’une seule classe supplémentaire (48/16 est égal à 3).

Or la recherche montre que l’efficacité d’un tel dispositif est quasi-équivalente au précédent, mais la dépense en professeurs et en espaces supplémentaires est bien moindre. Et, grâce aux moyens économisés en CP et CE1 avec des classes à 16 élèves, il serait possible d’appliquer aussi cette mesure aux classes de sixième REP+, pour favoriser la transition souvent difficile entre l’élémentaire et le collège.

[...] Cette mesure [augmentation de la prime en REP+] pose toutefois un problème classique d’effet de seuil : les élèves scolarisés dans les REP ayant un niveau parfois proche de ceux classées REP+, les enseignants en poste en REP dans des équipes également instables ne devraient-ils pas aussi bénéficier d’une prime ?

[...] La différenciation de l’offre pédagogique dessert les plus faibles
[...] Permettre aux établissements de choisir leurs options linguistiques leur donnerait la possibilité de privilégier la scolarité de minorités d’élèves.

[...] Une politique d’égalité des chances scolaires consiste à ce que les options linguistiques soient davantage implantées dans les collèges socialement mixtes ou délaissés par les catégories sociales aisées, y compris les REP+, afin que ces options favorisent la mixité plutôt que les stratégies ségrégatives des parents. Le but poursuivi par une telle politique de mixité est, comme précédemment, d’améliorer les conditions d’enseignement dans les collèges REP+ mais, surtout, d’en réduire le nombre, façon la plus économique et la plus efficace de « donner plus à ceux qui ont moins ».

Extrait de lemonde.fr du 20.05.17 : Pierre Merle ; le statu quo sur la ségrégation scolaire serait fatal

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