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"Le Plus de maîtres, c’est une nouvelle culture", Marc Douaire dans Fenêtres sur cours. Selon le SNUipp, les Dasen pratiquent "un vrai redéploiement des PDM sur les CP de REP +"

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Fenêtres sur Cours n° 436
6 juin 2017

Qu’apporte le Plus de maîtres dans les écoles en éducation prioritaire ? (page 6)
Dès 1982, puis en 1990, il y avait déjà eu des postes supplémentaires en ZEP pour abaisser les effectifs des classes ou mener une « petite politique de cycle » avec des décloisonnements.
En 2006 ce furent des référents dans les réseaux pour permettre de la co-intervention. La demande a été reprise à la concertation nationale de l’été 2012, pour continuer cette refondation pédagogique qui permet une approche plus précise de la prévention et un traitement des difficultés, des remédiations didactiques et
pédagogiques dans le cadre collectif du métier, au sein des cycles et avec des interventions dans les classes. Le PDM est récent, une évaluation du dispositif n’est pas encore possible. Mais le retour de l’ensemble de la profession sur le terrain est
favorable. C’est une nouvelle culture : on prépare, on intervient et on fait le retour ensemble.

Que permettraient des effectifs allégés en CP ?
Le gouvernement veut accorder des moyens supplémentaires à l’EP et au cycle des apprentissages fondamentaux et c’est une très bonne chose car c’est là que tout se joue...mais il ne faudra pas oublier la maternelle. Diminuer les effectifs... est-ce suffisant ? Non, c’est une première étape. Il faut aussi une transformation des pratiques dans le sens de plus de collectif.
12 élèves, c’est trop faible selon moi. Autour de 15 élèves, ce serait bien pour créer une dynamique de classe suffisante pour échanger, constituer des groupes... Il ne faut plus raisonner en formes scolaires traditionnelles de classe mais raisonner en cycles. Une politique de cycle qui s’ajuste à ce que font les élèves dans l’école.
La classe correspond à des financements mais pas à une pratique pédagogique.

Comment conjuguer les deux mesures ?
Le président de la République a parlé de l’EP mais aussi de l’autonomie des écoles et des établissements. Il faut tenir compte de l’expertise des enseignants dans leur école. L’idée serait d’attribuer des postes à l’école, un ou deux moyens supplémentaires pour le cycle 2. Ce sont les collègues, les conseils de cycle et les conseils des maîtres qui décident de les utiliser comme PDM ou pour faire un CP à 12 ou les deux suivant les moments de la semaine. Tout cela ne doit pas se décider Rue de Grenelle et il faut respecter l’autonomie pédagogique.

 

Dans le même numéro (page 7)
[...] e secrétariat général du SNUipp-FSU était reçu le 31 mai par le nouveau ministre de l’Éducation nationale. L’occasion pour le syndicat de détailler son projet pour l’école décliné dans son livre blanc remis au ministre. Il a également mis en avant son analyse des premières mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer : dédoublement des CP en REP +, décret dérogatoire sur les rythmes scolaires, dispositif « devoirs
faits ».
Le ministre, qui déclare situer sa politique éducative dans une « continuité infléchie »
, s’est contenté de formules générales consensuelles et de réponses parfois peu claires et contradictoires. Ainsi il estime que les dispositifs de CP dédoublés et de PDMQC « pourront cohabiter » alors même que les remontées du terrain montrent clairement la mise en œuvre par les DASEN d’un vrai redéploiement des PDM sur les CP de REP +.

Lire le numéro

http://www.snuipp.fr/Fenetres-sur-Cours-no-436

 

Voir aussi

[...] Si les enseignants sont enthousiastes pour le PDM, ils sont beaucoup plus circonspects devant la réduction drastique du nombre d’élèves en CP-CE1, perçue comme « un effet d’annonce, coupé du temps de l’école », selon les mots de Jonathan Molina. « La réduction des effectifs a déjà été expérimentée et évaluée, rappelle Francette Popineau. C’était les classes à 10, avec Luc Ferry. Il est apparu que cette réduction seule n’apporte pas de bénéfice pour les élèves. » La syndicaliste pointe aussi le risque que ces classes réduites finissent par être des classes de niveau, laissant notamment les plus en difficulté entre eux. « La composition des classes se fait en interne à l’école, rien n’empêche cela », confirme Jonathan Molina qui prévient : « Cela reviendrait à annuler tout le bénéfice du dispositif. »

Extrait de humanite.fr du 08.06.17 : Éducation. Les « maîtres plus » ne veulent pas être moins

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