> 3 - Les positions de l’OZP > Pour une véritable évaluation du dispositif « Plus de maîtres que de classes » (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Pour une véritable évaluation du dispositif « Plus de maîtres que de classes » en REP+ (communiqué de l’OZP, 26 juin 2017)

26 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour une véritable évaluation du dispositif « Plus de maitres que de classes » en REP+

L’OZP a organisé une réflexion sur le dispositif « plus de maitres que de classes » à l’occasion de sa Journée nationale du 20 mai dernier puis lors d’une Rencontre le 21 juin 2017 autour de l’intervention de Marie Toullec-Théry. De ces échanges résulte la position suivante :

« Dans la mise en œuvre de la refondation de l’éducation prioritaire, le dispositif « plus de maitres que de classes »( ou maitres+ ou PDM) était devenu la mesure phare dans les écoles de l’éducation prioritaire alors que le rôle des professeurs référents s’estompait. Si le nouveau quinquennat affiche encore et même confirme la priorité donnée à l’éducation prioritaire et à l’école primaire et maternelle, ce sont les CP et CE1 dédoublés à 12 élèves en REP+ puis en REP qui deviennent la mesure clé. Les postes de PDM en effet sont en REP+ le plus souvent ré-orientés vers ces dédoublements.
L’OZP regrette qu’une fois de plus l’éducation prioritaire souffre de discontinuité et qu’un dispositif soit interrompu avant d’être évalué.
Aucun dispositif (aucune « réforme ») ne peut à lui seul changer l’école et produire une réussite significative. L’important est d’identifier ce qui se passe aussi bien quand « ça marche » que lorsque ça ne marche pas.

L’observation du dispositif PDM rencontre un problème qui sera au centre des dédoublements de classes de CP et CE1 : l’enseignement en petits groupes. Les représentations incorporées dans la culture enseignante (partagées par le grand public, les médias et les politiques) tendent à constituer des groupes d’élèves toujours plus restreints et toujours plus homogènes (et donc à séparer les élèves en difficulté des autres).
Cette représentation est aussi présente chez les maitres+, dans les écoles où ils travaillent, et dans leur hiérarchie. Ce dispositif s’est donc mis en place à contre-courant de cette tendance en s’appuyant au moins dans les REP+ sur une formation organisée dans les réseaux grâce à l’intervention d’un « formateur REP », sur une brigade de emplacement pour cette formation, et sur l’aide d’une équipe de suivi au niveau départemental. C’est l’ensemble de ce dispositif qui est aujourd’hui en train d’être "détricoté".

L’évaluation du dispositif PDM, (dont l’OZP demande qu’elle soit menée à bien) ne pourra consister en une mesure statistique des performances des élèves selon qu’ils ont bénéficié ou non d’un maitre+. On peut facilement prévoir que les progrès ne seront pas en rapport avec le coût de la mesure.
Mais on peut dire la même chose des travaux menés par des économistes, cités dans la polémique en cours. Lorsqu’ils font le bilan d’opérations ou de situations de réduction massive de la taille des classes, les chiffres sont censés parler d’eux-mêmes alors que les progrès constatés sont des moyennes qui masquent une forte dispersion entre des réussites, des échecs et beaucoup de résultats médiocres.

Ce qu’oublient de préciser ceux qui citent l’étude de T. Piketty ou l’expérience STAR aux E.U. c’est que ces progrès ne sont pas du tout en rapport avec l’objectif de réduction de l’échec scolaire. Le vrai travail d’évaluation commence donc avec l’analyse de la dispersion des performances et l’identification des facteurs très divers qui les expliquent.

En 1997, le rapport Moisan-Simon avait identifié « les déterminants de la réussite scolaire » (principalement les déterminants externes à la classe). Les travaux du Centre Alain Savary à l’IFE (Institut Français d’éducation) approfondissent cette démarche en analysant les pratiques pédagogiques et la coopération des différents « métiers », car l’enjeu des dispositifs est aussi de faire évoluer les pratiques professionnelles. Et c’est justement ce qui peut être observé dans le dispositif PDM : comment des professionnels se forment entre eux et formulent collectivement des demandes opérationnelles de formation auxquelles il peut être répondu sur le terrain dans des délais opérationnels.

L’OZP demande que, malgré la réorganisation en cours, les équipes de terrain en REP+ puissent maintenir le dispositif PDM et que celui-ci il soit évalué qualitativement, de sorte que le mot d’ordre des « Classes de CP à 12 élèves en REP+ » devienne "Un maitre pour 12 élèves en CP en REP+."

l’OZP, le 26 juin 2017

 

Voir aussi sur le site OZP

Le powwerpoint de l’intervention de Marie Toullec-Théry (université / Espé de Nantes) (42 p., 1,8Mo)

Le compte rendu par l’OZP de la rencontre PDM du 21 juin 2017

 

Pour une perspective historique, deux mots-clés :

*Plus de maîtres que de classes

*Dédoublement CP / Taille des classes

Répondre à cet article