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La rentrée 2017 dans le primaire : dédoublement des CP et rythmes (Café pédagogique)

22 août Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] "Notre priorité c’est le primaire", ne cesse de répéter JM Blanquer. Il se fixe même comme objectif "100% de réussite des élèves" en CP, c’est à dire 100% de réussite dans le "lire, écrire, compter et respecter autrui". Pour cela , le ministre compte sur un nouveau dispositif : le dédoublement des classes de CP en éducation prioritaire, soit en rep+ dès cette rentrée et son extension aux classes de CP et CE1 de Rep + et Rep (l’autre composante de l’éducation prioritaire) à la rentrée 2018. Au total ce sont 2 500 postes dès cette rentrée qui doivent y être consacrés et encore 9 500 à la rentrée 2018.

A cette rentrée, selon le ministère, dans 70% des cas, les CP de Rep seront réduits à 12 élèves. Ailleurs deux maitres interviendront dans une classe de 24. Les effectifs ont pu être trouvés grâce aux concours lancés par la ministre précédente et en puisant dans les maitres surnuméraires. Le ministre se défend de détruire ce dispositif puisque, dit-il dans le JDD, "50% des maitres plus sont maintenus". Mais leur sort semble déjà scellé. "Les études sur tout ce qui ressemble au PDM n’ont pas donné de résultats alors que les dédoublements ont donné des résultats", affirme le ministre partout, par exemple devant le Sénat fin juin. Une affirmation qui semble pourtant bien aventurée. En attendant , pour pouvoir atteindre cet objectif, les recteurs ont aussi été amenés à remplir les autres CP et cela même dans l’éducation prioritaire : ainsi les classes de CP de l’école Küss à Paris, en Rep, devraient compter 27 élèves à la rentrée...

En 2018, pour respecter cet engagement du président, le ministre va devoir trouver 9 500 postes. Cet objectif semble impossible à atteindre par rapport au volume habituel des concours (11 000 admis en 2017), et encore moins en année d’économies budgétaires. JM Blanquer devra-t-il liquider le reste des "maitres +" et en plus, à nouveau, puiser dans les Rased, des enseignants spécialisés ? Même ainsi sera-t-il capable de respecter l’engagement présidentiel ? C’est une des équations qu’il a à résoudre cette année...

L’efficacité éventuelle de la mesure semble déjà ébréchée par la seconde grande décision du ministre : la libération des rythmes scolaires. Un décret publié fin juin permet aux mairies de revenir aux 4 jours de 6 heures de classe. Début juillet déjà 37% des communes ont fait ce choix représentant 29% des élèves. Certains départements ont basculé en bloc, comme la Martinique, la Guadeloupe, les Pyrénées orientales, la Corse ou le Var et les Alpes maritimes. Nul doute qu’à la rentrée 2018 la grande majorité des départements ne bascule.

Comment un tel détricotage a-t-il été possible aussi rapidement ? Pour revenir sur les rythmes il fallait l’accord des maires et des conseils d’école. Les maires y ont vu leur intéret : la mesure permet aux communes de diminuer leurs dépenses au moment où l’Etat réduit fortement ses versements. Dans le monde enseignant, la réforme des rythmes focalise un malaise profond. Revenir à 4 jours c’est se donner un jour pour "souffler" en milieu de semaine dans un métier qui est devenu plus difficile. C’est aussi une façon d’en finir avec un mode de gestion de l’Ecole : une réforme imposée d’en haut, dans des conditions souvent traumatisantes faute d’accompagnement. L’Etat y trouve aussi son compte : 400 millions d’aide aux communes pour le périscolaire sont appelés à disparaitre avec les nouveaux rythmes

Mais les résultats ne vont pas tarder à venir. Le ministre a beau dire que " il n’y a pas de supériorité des 4 jours et demi sur les 4 jours", l’étude de la Depp publiée au même moment ne dit pas cela. La France est le seul pays à avoir d ’aussi longues journées de classe sur si peu de jours. Et , pour les élèves les plus en difficulté, 4 matinées de français et de maths ne remplaceront jamais 5 matinées. Les hypothétiques bienfaits attendus en CP ne feront pas le poids face aux effets négatifs de cette mesure pour ces élèves. D’autant que la recherche montre que les difficultés dépassent le CP. En lecture, l’étude clé de R Goigoux montre que le problème principal c’est la compréhension, une compétence qui se travaille tout au long du primaire. Pas le seul déchiffrage du CP... [...]

Extrait de cafepedagogique.net du 21.08.17 : La rentrée du changement ?

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