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Un rapport de l’IGEN sur la scolarisation en petite section (2-4 ans) de maternelle (mai 2017)

28 août Version imprimable de cet article Version imprimable

La scolarisation en petite section de maternelle
Rapport IGEN - Mai 2017

Quatre ans après le vote de la loi d’orientation et de programme pour la refondation de l’École de la République, ce rapport dresse un état des lieux de la scolarisation des enfants de deux à quatre ans sur le territoire métropolitain : modalités d’organisation des classes et des groupes d’enfants (dont les dispositifs dédiés à la scolarisation des enfants de moins de trois ans), organisation des temps scolaire et périscolaire, aménagement des espaces, qualité des relations avec les parents et les partenaires de l’école, formation des enseignants à la prise en charge de ce public spécifique, réalité de la mise en œuvre au sein des classes d’une pédagogie du langage maîtrisée.
Sur l’ensemble de ces axes d’investigation, la mission a pu prendre la mesure d’évolutions positives mais aussi de marges de progrès à accomplir pour faire de cette première scolarisation, quels qu’en soient les contextes de mise en œuvre, un tremplin de la réussite scolaire.

Auteurs
Marie-Hélène LELOUP
Françoise AUDRY-ILJIC
Laurent BRISSET
Monique DUPUIS
Marie-Laure LEPETIT
Inspecteurs généraux de l’éducation nationale

Extrait de education.gouv.fr de mai 2017 : La scolarisation en petite section dematernelle

 

Le texte du rapport (102 p.)

Note : Pour faciliter la lecture du rapport, la mission désignera par « dispositifs MTA » les dispositifs spécifiques d’accueil et de scolarisation des enfants de moins de trois ans, mis en place dans le cadre de la loi de refondation.

SOMMAIRE
Introduction...1
1. La scolarisation en petite section... 2
1.1.La petite section... 2
1.1.1. De quoi parle-t-on ?...2
1.1.2. Les enfants de deux à quatre ans... 5
1.2. État des lieux de la scolarisation en petite section au plan national... 6

2. Les politiques de scolarisation des enfants de petite section dans les territoires...7
2.1. La scolarisation des enfants de moins de trois ans, des objectifs nationaux, des réalités contrastées... 7
2.2. Des modes de scolarisation liés aux territoires... 9
2.3. Le temps scolaire préconisé... 11
2.4. Les modes de recrutement, notamment sur les postes MTA... 12
2.5. La mesure de l’impact des dispositifs MTA, une question non résolue... 13
2.6. La scolarisation des deux-quatre ans, une absence de discours politique au niveau local... 14
2.7. L’inspection en petite section, un outil pour le pilotage... 15
2.8. Le rôle de l’inspecteur en charge de la mission spécifique école maternelle... 20
2.9. La question de la petite section : quelle place en formation ?... 21
2.9.1. La formation initiale...21
2.9.2. La formation continue... 22
2.10. Les partenariats... 26
2.10.1. La place de l’éducation nationale dans les schémas « petite enfance »... 26
2.10.2. Le partenariat avec les collectivités... 26

3.L’accueil et l’enseignement dans les classes... 27
3.1. Ce que dit la fréquentation scolaire de la scolarisation des deux-quatre ans... 27
3.2. L’aménagement des espaces : une réponse aux besoins des enfants qui se construit... 29
3.3. L’organisation du temps scolaire... 32
3.3.1. Le temps scolaire global... 32
3.3.2. L’emploi du temps : conception, place des cinq domaines d’apprentissage... 33
3.3.3. Le temps périscolaire et la place des petits... 34
3.4. De la pédagogie du langage... 35
3.4.1. Un enjeu prioritaire... 35
3.4.2. Questions de pratiques, pratiques en question... 36
3.4.3. Des gestes professionnels en construction... 39
3.5. Le rôle de l’ATSEM... 41
3.6. Les relations avec les parents... 42
3.6.1. Ce qu’en dit l’école... 42
3.6.2. Ce qu’en disent les parents... 43

Partie 4 : Les préconisations... 45 (voir ci-dessous la reoroduction intégrale)
Annexes... 49

ANNEXES

Annexe 1 : Liste des personnes rencontrées
Annexe 2 : Bilan de la rentrée scolaire – premier degré public – 2015-2016 –
la scolarisation des enfants de deux ans : DGESCO
Annexe 3 : Grille d’évaluation pour les dispositifs MTA : académie de Caen,
département du Calvados
Annexe 4 : Trame de projet de création d’un dispositif MTA : académie de Clermont
- Ferrand, département du Puy-de-Dôme
Annexe 5 :Lettre de rentrée école maternelle, académie de Créteil, département de la Seine-et-Marne
Annexe 6 : TD « les moins de quatre ans » : ESPE de Clermont-Ferrand
Annexe 7 : Semaine académique des maternelles : académie de Lyon
Annexe 8 :Évaluation d’école – document de restitution – académie de Nantes, département de la Sarthe
Annexe 9 :Échéancier des formations de formateurs 2016-2017, académie de Créteil,
département de la Seine-et-Marne
Annexe 10 : Cahier des charges de la scolarisation des moins de trois ans
 : académie de Créteil, département de la Seine-Saint-Denis
Annexe 11 : Projet individuel d’accueilet de scolarisation des enfants de moins de trois ans : académie de Créteil, département de la Seine-Saint-Denis, circonscription de Saint-Ouen, école Samira Bellil.
 

&nbsp :

EXTRAIT

Partie 4 : Les préconisations

La mission a pu prendre la mesure, lors de ses visites, d’une école maternelle en mouvement. Les enseignants apprécient la reconnaissance du rôle de l’école maternelle dans la prévention des difficultés, la prise en considération de la spécificité de leurs missions. Le programme pour l’école maternelle qui prône l’adaptation de l’école aux jeunes enfants, l’organisation de modalités spécifiques d’apprentissage, l’identité d’une école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre ensemble, est largement plébiscité même s’il n’est pas toujours totalement approprié. Si l’instauration des dispositifs dédiés à la scolarisation des moins de trois ans a favorisé, dans les écoles où ils sont implantés, l’émergence d’une nouvelle réflexion sur les conditions d’une première scolarisation réussie, ils ne sont qu’une des modalités de cette scolarisation. Aujourd’hui, sur le
territoire national, la réalité de ce que recouvre la scolarisation des enfants de deux-quatre ans est contrastée.
La focalisation sur cette classe d’âge a permis à la mission d’identifier des évolutions
positives mais aussi des marges de progrès à accomplir pour faire de cette première scolarisation, quels qu’en soient les contextes de mise en œuvre, un tremplin de la réussite scolaire. La condition première pour relever ce défi resso
rtit de la conviction d’une nécessaire adaptation de l’école aux besoins particuliers des jeunes enfants et, en conséquence, du nécessaire renforcement de la
professionnalité des acteurs de l’école au premier rang desquels les enseignants bien sûr, mais aussi les formateurs et les corps d’inspection. Le second facteur décisif sera celui de la convergence et de la stabilité des politiques publiques en la matière. La scolarisation des jeunes enfants mérite mieux que les partis pris de quelque nature qu’ils soient. Mais la mission rappelle aussi que toute politique publique mérite d’être évaluée, au moins à des fins de régulation.

Les préconisations de la mission s’organisent en sept axes.

1) Le pilotage de la scolarisation des deux-quatre ans
Porter au niveau académique des objectifs clairs (quantitatifs et qualitatifs) en matière de scolarisation des moins de trois ans.
Réaliser un état des lieux de la scolarisation des deux-quatre ans à l’échelle académique, périodiquement réactualisé, et discuté en comité de direction académique puis en conseil d’IEN dans chaque département.
Promouvoir la scolarisation à l’école maternelle (expliquer les enjeux et les pratiques) par une manifestation académique et des traductions départementales annuelles.
Dès que la taille du département le permet, créer un poste dédié d’IEN maternelle avec des écoles de rattachement et établir une lettre de mission pour cet IEN.

2) L’implantation des dispositifs « Moins de trois ans » et la gestion des moyens
Dans les zones rurales, prendre appui sur le développement des conventions ruralité, sur le développement des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) pour construire, en partenariat avec les collectivités, des pôles de scolarisation des deux-quatre ans, au sein de classes maternelles rénovées, répondant à des critères de qualité (équipement, personnel
communal...).
Dans le cadre d’une politique différenciée de l’allocation des moyens,
veiller à la situation des écoles hors éducation prioritaire qui relèvent de la politique de la ville : implantation de dispositifs MTA ; révision des taux d’encadrement.
Tenir compte des contraintes locales dans l’affectation des emplois
 : si les contingences matérielles ne permettent pas un accueil des enfants de deux ans à la journée, privilégier l’attribution d’un demi-emploi.
En REP+, voire en REP, dans le cas d’une scolarisation effective des enfants de moins de trois ans uniquement le matin, si la taille de l’école le justifie, compléter ce demi-emploi par un demi-emploi« 
Plus de maîtres que de classes », consacré au développement des compétences langagières des enfants de MS et GS, et fondé sur un cadre d’usage organisé.

3) La gestion des ressources humaines

Privilégier, au sein des dispositifs MTA, le recrutement sur poste à profil
des enseignants et des ATSEM (réflexion à initier avec la commune).
Ne pas affecter de professeurs des écoles stagiaires sur des classes de petite section, ce qui suppose d’impulser, au niveau des instances départementales et au sein des écoles, une réflexion sur la répartition des classes, fondée sur l’intérêt bien compris des élèves et des enseignants.

4) La formation
Développer, au sein des ESPE, des compétences sur l’école maternelle et les spécificités du public des deux-quatre ans.
Prendre appui sur le niveau académique et le réseau des « IEN maternelle
 » pour construire des formations de formateurs en y associant les ESPE.
Dans le cadre des 18 heures d’animation pédagogique et formation continue en circonscription, favoriser l’appropriation auprès de s enseignants, des ressources d’accompagnement des programmes, disponibles sur Éduscol.
Dans le cadre du dispositif « parcours professionnels, rémunérations, carrières
 » (PPCR), renforcer les démarches d’accompagnement collectif négociées avec les acteurs et à même de créer une dynamique, les échanges de pratiques entre enseignants chargés de la scolarisation des deux-quatre ans, entre enseignants en charge d’un dispositif MTA.
Porter une attention particulière à la didactique de la langue orale et à l’entrée dans l’écrit qui restent des domaines où les pratiques pâtissent d’une absence de repères théoriques et d’un répertoire insuffisant de scénarii pédagogiques pertinents.
Poursuivre le déploiement de formations conjointes interprofessionnelles.

5) Les relations avec les parents
Diffuser, auprès des équipes qui ne sont pas encore engagées dans cette dynamique, les pratiques efficientes en matière de relations avec les parents (notamment tous les dispositifs d’ouverture de l’école).
Prendre appui sur les dispositifs MTA pour généraliser les pratiques d’association des parents à l’élaboration du premier projet de scolarisation de leur enfant.
Mobiliser les ressources numériques (environnement numérique de travail notamment) pour développer un nouveau vecteur de communication avec les familles.
Dans le contexte de la nouvelle organisation du temps scolaire et de l’importance d’une appréhension globale des temps de l’enfant, associer aux réunions de rentrée un élu ou un personnel municipal qui pourrait présenter
aux parents les principes et l’organisation des temps périscolaires.

6) Les relations avec les partenaires
Mettre en place, dans un cadre partenarial, des comités de pilotage locaux des dispositifs MTA : modalités de repérage des publics cibles et critères
de sélection, suivi et évaluation croisée des dispositifs.
Hors de ces dispositifs, engager la mise en œuvre d’une « démarche qualité » sur la scolarisation des moins de trois ans : elle n’est pas une variable d’ajustement de la carte scolaire, elle suppose des moyens spécifiques, le développement d’une vraie professionnalité des enseignants et des personnels qui exercent auprès de ce public. Elle appelle un engagement conjoint de la collectivité et de l’éducation nationale autour de quelques principes structurants.
Dans le cadre de cette « démarche qualité », concevoir une organisation des temps scolaire et périscolaire qui prenne en compte les besoins des enfants.
Dans les classes primaires scolarisant des enfants de préélémentaire et ’élémentaire
, n’accepter la scolarisation des enfants de trois ans ou moins que sur dérogation du DASEN et sous réserve d’un projet conjoint de l’école et de la commune.

7) L’évaluation
Construire au niveau national un protocole de suivi et d’évaluation des dispositifs MTA ; le CNESCO, en lien avec la DEPP, pourrait être mobilisé à cet effet.
Initier au niveau académique un suivi de cohortes des enfants bénéficiaires d’un dispositif MTA.
Mettre à disposition des écoles des indicateurs pour évaluer au niveau local l’impact de la scolarisation des moins de trois ans.

Le texte du rapport (102 p.)

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1 Message

  • En tant que réalisateur du film "Dis Maîtresse !" (en salles depuis le 25/11/2015), je me suis immergé un an dans une TPS... puis six mois dans une salle de montage à voir et à revoir les trente heures de rushes dont les enfants étaient les principaux acteurs.
    J’ai ensuite participé à plus de 140 projections-débats de ce film dans la France entière. Partout, il a été reçu comme "C’est vraiment comme ça que cela se passe !" ; autrement dit une école telle qu’elle est et non pas telle qu’elle devrait être.
    La vision systémique et statistique du rapport recoupe à la fois la vision impressionniste de la seule réalité que j’ai filmé (une classe) mais aussi les multiples échanges auxquels j’ai participé.
    Dans la période actuelle, je ne soulignerai qu’un seul point de convergence parmi tous les autres : la nécessaire stabilité des priorités et des objectifs... Combien de maires ou d’adjoints m’ont dit être prêts à investir dans des locaux dédiés (une nécessité) mais à la condition que ce soit pour plus de cinq ans...

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