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B* Utilisation transversale et adaptée de l ’outil « le Makaton » afin de favoriser le langage dès 2 ans à la maternelle REP+ Alain à Meaux

10 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Utilisation transversale et adaptée d’un outil « le Makaton » afin de favoriser un développement équitable du langage à l’école maternelle, dès l’âge de 2 ans

Ecole maternelle [REP+]Alain
MAIL DES ALLOBROGES , 77100 MEAUX
Site de l’école
Auteur : GUILLAUME Agnès
Mél : ce.0771377d@ac-creteil.fr

Une action pour favoriser l’émergence et le développement du langage et encourager les interactions avec et entre élèves.

Plus-value de l’action
La progression du nombre d’interactions et de l’estime de soi chez les enfants. Ce qui a entraîné une prise de conscience par les élèves et les familles de l’importance de communiquer.

Nombre d’élèves et niveau(x) concernés
Toute l’école :
2 TPS
4 PS/MS
3 PS/GS

A l’origine
Les premiers éléments :
- Beaucoup d’enfants dont les parents sont éloignés de la culture scolaire.
- Plurilinguisme dans les familles, la langue française n’est pas la plus utilisée dans de nombreuses familles. Peu de vocabulaire et une syntaxe approximative.
- Proportion de TPS très importante sur notre école (41 TPS), dans le cadre d’un dispositif spécifique.
- Scolarisation des enfants dont les familles sont éloignées de la culture scolaire.
- Résultat du DAAL CP : item de la compréhension souvent chuté.

Objectifs poursuivis
- 1 / Améliorer la compréhension et faciliter l’expression.
- 2/ Optimiser l’intégration sociale.
- 3/ Réduire l’écart langagier.
- 4/ Développer le langage oral/ écrit.
- 5/ Construire une culture commune pour les TPS.

Description
- N-1 (2015-2016)
- Adapter l’utilisation de cet outil pédagogique au sein d’une classe de GS pour développer le langage et les capacités communicationnelles.
- Associer les parents à cette expérience.
- N1 (2016-2017)
- Elargir l’utilisation de l’outil « Makaton » à l’ensemble de l’école.
- Formation de l’équipe éducative (Enseignants et ATSEM) à la langue des signes basée sur la méthode Makaton, par une psychologue formée à la méthode Makaton.
- Le Makaton est un outil de communication pour favoriser l’émergence du langage. On utilise 3 canaux de la communication : la parole, le geste et l’image (pictogrammes).
- Classes des moins de trois ans (TPS) : le geste est un précurseur du langage, il favorise l’émergence du vocabulaire. Le Makaton peut également constituer un outil particulièrement précieux pour les enfants de cette catégorie d’âge, qui s’éveillent au langage et qui ne sont pas forcément confrontés au français dans leur sphère familiale.
- Utilisation des gestes pour l’émergence du langage en TPS, PS, MS, GS. Gestes du quotidien (bonjour, merci, au revoir …) et en accompagnement des comptines.
- Structurer le langage oral et le langage écrit. A l’aide des pictogrammes un travail est effectué en GS sur la notion de « mots », avec des activités ritualisées de construction de phrases, puis d’histoires.

Modalité de mise en œuvre
En termes d’organisation, le Makaton est introduit auprès des enfants comme un nouveau moyen pour communiquer dans l’école, entre enfants et avec les adultes. En aucun cas il n’est présenté comme obligatoire mais son utilisation quotidienne (notamment lors des rituels qui rassemblent tout le groupe classe) amène les enfants à l’utiliser rapidement de manière instinctive. Par ailleurs, les Atsem travaillant dans l’école ont été formées au Makaton, ce qui leur permet de l’utiliser avec les enfants à tous les moments de la journée, en classe, mais aussi hors classe (toilettes, cantine, etc…) Les parents ont aussi été informés de cette démarche via une réunion d’information.
Nous commençons à percevoir une progression dans l’utilisation du vocabulaire au départ fonctionnel chez les TPS pour émettre des besoins vers un élargissement dans les autres sections, notamment chez les GS comme déclencheur du langage ou de la créativité pour la construction d’histoires. C’est un support transversal qui permet l’enrichissement du langage visuel et corporel. Il devient alors renforçateur du langage. Il est présent : - par les gestes que l’enseignant utilise au quotidien : bonjour, merci, au revoir, s’il te plaît, les toilettes …. - sous la forme de pictogrammes dans la frise de la journée (en Ms/ Gs), la signalétique des lieux, des objets de la classe (en Ms/Gs)…

Trois ressources ou points d’appui
- La recherche de Mme BIAIS.
- Liste de base du vocabulaire Makaton pour élaborer la progression.
- La formation de l’équipe éducative et le partage que cela a généré. Echanger nos avis, nos observations, prendre du recul sur l’expérience…

Difficultés rencontrées
- Formaliser des observables, mesurer l’impact de cette expérience.
- Bien distinguer l’utilisation première de cet outil dans le champ du handicap de la nôtre.

Moyens mobilisés
- Formation de l’équipe éducative à la LSF (basée sur le « Makaton)
- Achats de livres de comptines gestées en LSF

Partenariat et contenu du partenariat
Madame WOETS Nicole, psychologue clinicienne, Formation à la LSF, aide à la mise en place du projet, interventions dans les classes de l’école. Madame BIAIS Caroline, étudiante en psychologie, Paris Descartes V.

Liens éventuels avec la Recherche
Mémoire de recherche de Madame Caroline BIAIS, Paris Descartes V.

Evaluation
• Chez les tout-petits, l’utilisation du Makaton se limite à une douzaine de signes (correspondant aux mots d’usage les plus courants). Son usage est cependant devenu un réflexe, chez les enseignants comme chez certains enfants, qui ont, par exemple, d’abord exprimé un merci en Makaton avant de le prononcer réellement.
• L’amélioration du discours des enfants, en termes de quantité (nombre de mots, durée du discours, du contact visuel et prise de parole).
- Il pourrait être envisagé des grilles d’observations pour quantifier le nombre d’élèves ayant une structure syntaxique plus riche, observer la croissance du capital mots.
- Mesurer l’écart de langage entre TTPS n’ayant jamais été en structure collective (qualitatif à ce jour car pas encore chiffré, mais quantitatif pour l’avenir)
- Observer les interactions entre eux, avec l’adulte.
• Amélioration du discours des adultes.
• L’amélioration du discours des adultes, en termes de qualité, en insistant sur les éléments clés et en ralentissant le rythme de la parole (ce qui limiterait les confusions lors de la compréhension par l’enfant).
• Contribuer à favoriser une relation entre l’enfant et autrui. Avoir envie de prendre davantage la parole en petit ou grand groupe. Oser aller raconter une histoire devant les autres classes de l’école.
• Favorise une augmentation de la confiance en soi.

Modalités du suivi et de l’évaluation de l’action
• Noter à quel moment apparaît l’émergence du langage dans les classes de TTPS, est-elle facilitée ?
• Le projet peut être évalué via différents critères, comme par exemple la façon dont les compétences langagières des enfants évoluent tout au long de leur scolarité en maternelle, par rapport aux attendus des programmes.
Oser entrer en communication.
Communiquer avec les adultes et avec les autres enfants par le langage, en se faisant comprendre.
- S’exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis. Reformuler pour se faire mieux comprendre.
Comprendre et apprendre
Dire de mémoire et de manière expressive plusieurs comptines et poésies
Échanger et réfléchir avec les autres
Pratiquer divers usages du langage oral : raconter, décrire, évoquer, expliquer, questionner, proposer des solutions, discuter un point de vue.
Par ailleurs, des séances de décloisonnement, APC, spécifiques peuvent être mises en place pour mesurer l’évolution langagière des enfants et la façon dont le Makaton influe sur cette évolution.

Effets constatés
- Sur les acquis des élèves : Il n’y a actuellement rien de mesuré ou chiffré, les effets constatés se basent sur l’expérience de N-1. Nous avons pu constater que l’utilisation des gestes dans un premier temps a permis de capter l’attention des élèves les plus distraits. Des élèves plus inhibés se sont appropriés les gestes et cela les a sécurisés dans la prise de parole. D’autres ont réussi à intégrer la notion « unité lettre », à partir du jour où nous avons appris l’alphabet en LSF. Il en a été de même pour « l’unité mot ».
- Sur les pratiques des enseignants : nous souhaitons permettre aux élèves de s’appuyer sur un outil leur permettant de mieux assimiler le vocabulaire (mémoriser) et faciliter ainsi la compréhension des consignes et histoires. (Ceci en cohérence avec notre projet d’école.) A long terme nous pensons à une unité des gestes effectués dans l’école, à la construction d’une base commune, permettant de réduire les écarts langagiers et homogénéiser l’accès au langage.
- Sur le leadership et les relations professionnelles : un projet commun fédérateur.

- Sur l’école / l’établissement : une acceptation du projet par l’ensemble de l’équipe, une unité avec l’équipe ATSEM, une diffusion de l’outil de communication sur le temps cantine, dortoir.
- Plus généralement, sur l’environnement : une diffusion dans les familles, les parents ont adhéré au projet, de nombreux témoignages encourageants de leur part. En avril 2017, pour la première fois, les enseignants de CP sont venus observer, en classe de GS, les possibilités pédagogiques de cet outil. Cela nourrit une réflexion pour éventuellement le poursuivre au CP.

Extrait de eduscol.education.fr/experitheque : Utilisation transversale et adaptée d’un outil « le Makaton » afin de favoriser un développement équitable du langage à l’école maternelle, dès l’âge de 2 ans

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