> 7 - Dispositifs éduc. ville > Type de document > Position d’observateur (Polit. Ville) > La déclaration de Luc Ferry sur "les 15% de quartiers pourris". La réponse de (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

La déclaration de Luc Ferry sur "les 15% de quartiers pourris". La réponse de deux enseignantes sur Bondy Blog et dans l’Express

23 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Luc Ferry, les "quartiers pourris", "leurs 98 nationalités" et nous sur le terrain

Dimanche 19 novembre, Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale, était l’invité de BFMTV pour commenter l’actualité. Ses propos sur les “quartiers pourris”, leurs “98 nationalités” et l’impossibilité de faire cours dans les classes ont choqué Aurélie Gascon, enseignante d’allemand à Sarcelles. Nous lui ouvrons nos colonnes en réponse.

Il a bien fallu vingt-quatre heures avant que la gravité des propos de Luc Ferry, ministre de l’Éducation nationale de 2002 à 2004 ne soit relevée, puisque BFMTV a été incapable d’apporter ne serait-ce qu’une contradiction tenace et énergique.

Dans la séquence qui nous occupe, M. Ferry commence par répondre par une pirouette à une question concernant le classement PISA de la France. “PISA n’évalue pas les systèmes éducatifs mais les performances des élèves”. Plutôt que de se questionner sur notre modèle de formation pédagogique, encore très perfectible et des moyens alloués pour lutter contre la grande difficulté scolaire (qui n’est pas l’apanage des quartiers défavorisés), Luc Ferry a préféré nous resservir les vieilles antiennes des parents démissionnaires dans les quartiers populaires qu’il juge davantage responsables que le système éducatif des inégalités scolaires. Mais avançons car le vrai problème, hélas, c’est la suite.

“Si on supprimait les 15% de quartiers pourris en France, avec des établissements dans lesquels il y a 98 nationalités, on n’arrive pas à faire cours, eh bien nous serions classés numéro 1 à PISA”

L’ancien ministre en est d’ailleurs tellement conscient qu’il prend quelques précautions oratoires : il annonce qu’il va être brutal, prend soin d’expliquer qu’il ne pouvait pas dire cela avant : “Je vais vous dire les choses très carrément, quand j’étais ministre c’était un peu difficile à dire”. Puis finit par placer les propos fâcheux dans la bouche de son directeur de l’évaluation : “Mon directeur de l’évaluation, il est venu me voir (…) et il m’a dit voilà, si on supprimait les 15% de quartiers pourris en France, avec des établissements dans lesquels il y a 98 nationalités, on arrive pas à faire cours, eh bien nous serions classés numéro 1 à PISA“.

Extrait de bondyblog.fr du 22.11.17 : Luc Ferry, les "quartiers pourris", "leurs 98 nationalités" et nous sur le terrain

 

L’ancien ministre de l’Education Luc Ferry a pointé du doigt la responsabiltié de "15% de quartiers pourris" avec "98 nationalités" dans le faible niveau scolaire. Une prof lui répond.

[...] [Mes élèves] ont une fois de plus compris ce qu’était un amalgame, dans une phrase qui contient à la fois "quartiers pourris", "98 nationalités" et "on n’arrive pas à faire cours". Un tel mépris les a profondément attristés, mais à peine choqués, tant ils sont assaillis par ce genre de discours qui portent atteinte à leur dignité et à celle de leurs familles. "Il est impoli, Madame", est à peu près tout ce que j’ai entendu ce matin dans la bouche de ces jeunes à qui vous choisissez quant à vous de prêter des propos que je n’ose pas, par décence, retranscrire ici.

Extrait de lexpress.fr du 22.11.17 : "Monsieur Ferry, votre mépris a attristé mes élèves mais les a, hélas, à peine choqués"

Répondre à cet article