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Faut-il plus territorialiser l’éducation ?, chronique d’Alain Bouvier, ex-recteur (suite)

5 décembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Faut-il plus territorialiser l’éducation[1] ?

S’il est un sujet présent dans les faits, mais absent dans les discours publics en France (question taboue), c’est celui de la territorialisation de l’éducation. Il est étouffé par la complicité entre la technostructure et les organisations syndicales qui partagent la même culture bureaucratique et surtout centralisatrice.

Pourquoi soulever cette question ?
Dans ce billet, nous abordons cette question d’un point de vue fonctionnel, d’aucuns diraient pragmatique (mais qui ose encore employer ce terme ?) : en réalité, sur le terrain, comment fonctionne le système éducatif et pourrait-il s’améliorer ?

Dans d’autres pays, ce sujet se pose en termes différents, surtout là où l’éducation est née territorialisée. Chez nous, les trois actes de décentralisation politique en 35 ans ne l’ont guère fait progresser et le dernier n’aura que révélé des problèmes sans leur apporter de solution.

Les territoires sont des lieux de coconstructions de précieux liens horizontaux entre les acteurs et les institutions, au sein de projets éducatifs locaux qui appellent une gouvernance ad hoc.

[...] À l’écoute des territoires
Ces évolutions nécessitent des expertises, encore trop rares, en ingénierie des territoires. Elles appellent à des recherches pluridisciplinaires et de nouveaux masters.

Se posera aussi la question des régulations et de la gouvernance locale pour croiser pédagogie, géographie, sociologie, économie, sciences politiques et sciences de gestion. Cela conduira à imaginer des formes de pilotage qui pourront être, dans un second temps, les objets d’études de cas, de comparaisons et de recherches venant alimenter les masters.

Les territoires doivent « oser l’expérimentation » assortie de retours d’expérience, si rares et pourtant si profitables ! C’est ainsi qu’ils peuvent devenir apprenants.

Soyons à leur écoute. Ils sont notre principale richesse patrimoniale et humaine. La territorialisation est avant tout l’œuvre de femmes et d’hommes. Elle pousse à une approche des relations humaines où la proximité joue un rôle facilitateur. Le fonctionnement en réseaux, les outils de diagnostics territoriaux et le développement professionnel prendront alors tout leur sens, mais la route sera longue.

Le niveau national devra jouer son rôle, tout son rôle, mais rien que son rôle. Le principal obstacle est dans la nécessaire subsidiarité qui pénètre très lentement nos administrations où elle est contre-culturelle.

Là réside la vraie rupture que redoutent les bureaucrates : le pouvoir du terrain !

Extrait de questionstabouessurnotresystemeeducatif du 30.11.17 : Faut-il territorialiser plus l’éducation nationale ?

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