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Thèse. Compenser les inégalités scolaires dans le secondaire en France : études à partir des enquêtes PISA, CEDRE et TALIS (Elodie Bellarbre, 2017) avec une analyse des effets du management en éducation prioritaire

6 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Compenser les inégalités scolaires dans le secondaire en France : études à partir des enquêtes PISA, CEDRE et TALIS
Auteur(s) : BELLARBRE Élodie
Date de soutenance : 2017
Thèse délivrée par : Université de Bourgogne
Section(s) CNU : section 05 : Sciences économiques
Sous la direction de : Jean-François GIRET

215 pages

La lutte contre les inégalités scolaires est l’un des fondements de l’éducation en France. La mise en œuvre de l’égalité des chances, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales à l’école sont inscrites dans le premier article du code de l’éducation. Cependant, les inégalités scolaires persistent et tendent à s’accroître ces dernières années. À l’aide de trois essais mobilisant trois bases de données (PISA, CEDRE et TALIS) d’évaluations internationales et nationales, cette thèse souhaite apporter un regard nouveau sur la compensation des inégalités pour les élèves scolarisés dans le secondaire en France.

Le premier essai analyse le rôle des ressources éducatives extra-scolaires dans la construction et la compensation des inégalités à l’aide de l’enquête PISA 2012. Le marché des biens et services éducatifs hors école se développe, générant un nouveau marché éducatif dans lequel les parents agissent en tant que consommateurs. La réussite scolaire est un enjeu important pour les familles dans une situation où les inégalités à l’école et le chômage augmentent. Disposer de ressources éducatives (logiciels éducatifs, manuels scolaires, etc.) constituerait alors un moyen d’améliorer l’environnement d’apprentissage des enfants à la maison, afin de leur permettre d’avoir accès aux meilleures places possibles dans la compétition scolaire. Les résultats soulignent le rôle des inégalités sociales dans l’accès aux ressources éducatives qui risquent d’amplifier encore les différences de réussite.

Le deuxième essai de cette thèse mobilise les données du premier cycle de l’évaluation nationale CEDRE (2003 et 2009), dans le but de comprendre le processus de construction des inégalités scolaires entre les collèges du secteur public de l’éducation prioritaire et ceux hors éducation prioritaire. Les inégalités entre secteurs peuvent être liées au manque de mixité (public davantage défavorisé en éducation prioritaire) ou à une appréciation différente des caractéristiques des élèves selon le secteur. Les résultats montrent qu’un peu plus de la moitié des différences de réussite entre secteurs est liée à la composition sociale, migratoire et scolaire des publics qui les fréquentent en 2003 comme en 2009. Par ailleurs, la diminution moyenne des scores en compétences observée entre 2003 et 2009 dans chaque secteur est due à une baisse des performances des élèves de niveaux de compétences faibles et encore plus importante pour les élèves de compétences élevées. Ce dernier résultat serait lié à une augmentation de la force de la relation entre caractéristiques des élèves et réussite scolaire, plus qu’à des différences dans les caractéristiques des élèves entre les deux périodes.

La politique d’éducation prioritaire est basée sur un système d’incitations. Les collèges qui en font partie sont soumis à des règles de gouvernance différentes des collèges publics qui n’en font pas partie. Ces modalités doivent permettre aux établissements, particulièrement en éducation prioritaire, de se saisir d’outils de gouvernance (développer la coopération entre enseignants, avoir une autonomie accrue dans la prise de décision au niveau de l’établissement, un meilleur encadrement pédagogique, etc.) pour améliorer la réussite éducative des élèves qu’ils scolarisent. Le troisième essai s’appuie sur une discussion théorique à partir du modèle principal-agent développé en économie publique puis sur la construction d’une typologie des modalités de gouvernance des collèges publics français à partir de l’enquête TALIS. Il met en évidence trois types de gouvernance : "gouvernance portée par un professionnalisme collectif des enseignants", "gouvernance basée sur un management pédagogique de proximité" et "gouvernance opportuniste". Les collèges en éducation prioritaire sont en grande majorité caractérisés par une gouvernance basée sur un professionnalisme collectif enseignant ou sur un management pédagogique de proximité.

Compenser les inégalités scolaires dans le secondaire en France : études à partir des enquêtes PISA, CEDRE et TALIS

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