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Résidences d’artiste et d’écrivain dans le Nord : - au collège REP+ Gayant de Douai dans le cadre d’un projet départemental - au microlycée Vitry à Tourcoing

17 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Bientôt des résidences d’artistes dans les collèges

Le collège Gayant, à Douai a été choisi pour lancer la "Résidence d’artistes en collège" le vendredi 16 mars 2018. Ce projet doit promouvoir l’éducation artistique dans le Département et permettre aux collégiens de s’ouvrir sur le monde.

Pour nos collégiens et la culture
Le Département est là !

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La médiation culturelle dans les collèges

Installée sur le fauteuil d’une coiffeuse sur le miroir de laquelle une œuvre de Bottero apparaît, Wydad, élève de 5ème au collège Gayant de Douai, découvre le fruit du travail auquel elle a collaboré. Un casque sur les oreilles, elle écoute la bande son des enregistrements assurés par l’artiste Bernadette Gruson, qui a réalisé cette œuvre en résidence appelée "Miroir(s)".

Participer à une œuvre artistique permet de revaloriser les élèves

souligne Tatiana Bonne, professeur de français.

J’ai appris à m’exprimer, et je me suis apaisé, témoigne Hugo dont le comportement a changé.

Des élèves qui ont également contribué à une œuvre théâtrale, avec le collectif Zirlib et Tandem, présentée l’année dernière devant les parents, les enseignants et les élus du secteur.

Mettre la culture à la portée des élèves
D’autres projets sont en cours dans ce collège situé en REP+ (Réseau d’Éducation Prioritaire), très ouvert au développement de projets qui contribuent à la réussite scolaire des élèves en ouvrant le collège sur le territoire, soutient Delphine Fobert, la principale.

C’est dans cet établissement que le Département a choisi de lancer le projet "Résidence d’artistes en collège" avec le concours de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et de l’Éducation Nationale.

L’objectif est de mettre la culture à la portée des élèves, puis d’ouvrir la culture à leur famille, aux centres sociaux, au territoire et enfin de leur donner le goût de fréquenter les lieux culturels ailleurs, explique Béatrice Descamps-Plouvier, vice-présidente en charge de la Culture.

Une attention particulière portée aux projets innovants
C’est un projet exemplaire qui est mené ici. Nous allons lancer les appels à projets dès la semaine prochaine. Nous laisserons le temps aux collèges de s’organiser et de monter les partenariats. Puis les résidences d’artistes pourront se mettre en place l’année prochaine. Nous porterons une attention particulière aux projets innovants, poursuit l’élue.

 

Lancement projet "résidence d’artistes en collège" au collège Gayant de Douai le 16 mars 2018.

Ce collège est un véritable laboratoire d’avenir. Nous avons une grande ambition pour les jeunes. Il existe différents leviers dont celui de la culture qui est important dans la construction d’un individu, d’un adolescent en particulier, conclut Joëlle Cottenye, vice-présidente en charge de l’Éducation et des Collèges.

Extrait de le nord.fr du 20.03.18 : Bientôt des résidences d’artistes dans les collèges

 

Résidence d’artiste avec Yoshimi Futamura

"De Briques et de broc"

L’artiste Yoshimi Futamura sera présente dans notre réseau REP+ pour réaliser une oeuvre collective avec les écoles : Ecole Tilleuls Solitude, École Suzanne Lanoy, Françoise Dolto, Ecole maternelle Leclerc de Hautecloque.

L’association du Non-Lieu travaille avec nous dans cette résidence , cofinancée par le collège, Arkeos (CAD), le Non Lieu, la Ville de Douai et le Département en prolongement du projet Lire la ville "De Briques et de broc".

Artiste - Céramiste contemporaine, reconnue internationalement, sa dernière œuvre "Mémoires" fait référence à un choix d’ articles de presse cuits sur des plaques de céramique modelées et imprimées...

Extrait de savoirsnumeriques.fr du 04.04.18 : Résidence d’artiste avec Yoshimi Futamura

 

Un écrivain au microlycée

A la veille des vacances de Noël, l’année 2017 s’achève, et avec elle, la résidence d’écrivain d’Hugo Paviot au microlycée de Vitry-sur-Seine. Nous sommes émus de quitter, un temps, ce compagnon de route fidèle et bienveillant. Nous nous sommes habitués à sa présence, discrète mais toujours lumineuse. Au silence tranquille du stylo noircissant les carnets. A son œil aiguisé et à l’attention délicate qu’il porte aux élèves. La résidence est achevée. Une page se tourne, celle du roman qui reste à écrire.

Au microlycée, notre histoire avec cet auteur, engagé et sensible, est une aventure qui dure depuis cinq ans. Les projets d’écriture - théâtrale, épistolaire - se sont succédés, toujours plus exigeants les uns que les autres. C’est pourquoi nous n’avons pas hésité lorsque Hugo Paviot, dans le prolongement du projet Et crie-moi...demain ! mené de 2015 à 2017, a suggéré que nous poursuivions notre partenariat à travers une résidence d’écrivain. Jusque là, l’auteur avait mené avec nos élèves nombre d’ateliers créatifs. Il leur avait appris à jouer avec les mots, les avait entraînés dans le jeu théâtral, initiés à la mise en scène.

Grâce à cette résidence, depuis le mois de mai, sa présence chez nous a pris une toute autre envergure. Le microlycée est devenu un des objets de son écriture. Un écrivain dans nos murs ! Comment les élèves allaient-ils réagir ? Eh bien la situation leur a paru très naturelle car tous le connaissent. L’ensemble des classes de Première est allé voir la Trilogie d’Alexandre au théâtre Jean Vilar en avril, et des extraits de deux de ces pièces sont inscrits sur leur liste de bac pour les épreuves orales de français. Les Terminales ont travaillé deux ans avec lui. Pour tous, l’artiste est de ceux qui fréquentent régulièrement la salle commune. Les jeunes l’ont donc accueilli avec enthousiasme, ont accepté qu’il assiste aux conseils de classe et aux différents événements de la structure.

En juillet, à son tour, le metteur en scène et sa compagnie, les Piqueurs de glingues, ont accueilli en Avignon cinq élèves fraîchement bacheliers et leur ont permis de vivre, de l’intérieur, le festival.

Cependant, en septembre...Nouvelle donne ! Les bacheliers partis vers d’autres horizons, les Premières désormais en Terminale, de nouveaux élèves sont venus peupler le microlycée. L’auteur a alors décidé de nous accompagner à la journée d’intégration, fin septembre, pour mieux les connaître. Cette présence constante, encore une fois, lui a permis d’établir avec chacun des liens de confiance précieux, tant pour ses observations que pour le projet que nous avions prévu avec tout le niveau Première.

Dès octobre, les élèves et l’écrivain ont mené un travail d’écriture parallèle. Les jeunes, à partir des lettres du projet Et crie-moi...demain !, ont imaginé deux personnages, une jeune fille, Laïsan, et une vieille dame, Iris. Deux personnages qui ne sont pas si loin de ceux qui viendront nourrir son écriture romanesque, leur a confié Hugo Paviot... Car c’est tout l’intérêt de la résidence d’écrivain, que les élèves et l’auteur soient plongés en même temps dans le processus créatif et puissent le partager. Dès lors, les va et vient entre l’écriture des jeunes et celle de l’auteur n’ont pas cessé. L’écrivain songe à adapter son futur roman pour la scène ? Les élèves, eux, commencent par écrire des scènes théâtrales et les transposent en écriture narrative. L’auteur s’interroge sur les chemins de ses personnages ? En projet, nous jouons pleinement le jeu des vies parallèles en construisant plusieurs destins pour Laïsan et Iris. Dans le même temps, en cours de français, nous travaillons sur les textes d’Hugo Paviot et analysons particulièrement comment son écriture théâtrale tend de plus en plus vers le romanesque, à travers le dernier volet de la trilogie, Vivre, un monologue très puissant. C’est l’occasion de nous interroger ensemble sur la porosité entre théâtre et roman et de soumettre notre questionnement à l’écrivain. Hugo Paviot témoigne alors avec une grande sincérité de l’évolution de son écriture. Il explique pourquoi il a choisi, après plus de vingt ans d’écriture théâtrale, de passer au roman. Il entre dans la petite cuisine de l’écrivain, raconte le temps de maturation d’une pièce, le confronte à celui d’un roman, dont il sent bien que la temporalité diffère. Il est encore dans ses recherches et les élèves découvrent, non sans stupéfaction, qu’écrire est un véritable travail.

La confiance est établie. Avec l’accord des élèves, Hugo Paviot assiste à leur bilan de raccrochage. Il observe les réunions d’équipe. Circule en salle commune. Interviewe les acteurs du microlycée, enseignants comme psychologue. Ce lieu qu’il a d’abord connu comme intervenant artistique, il le découvre d’une autre façon et nous acceptons volontiers d’être observés par lui.

Le 1er décembre, en amont de la semaine de création, point d’orgue du projet Première désormais intitulé La Rencontre, nous nous rendons au Kremlin-Bicêtre avec les Premières pour assister à la représentation de la Mante, deuxième volet de la trilogie d’Alexandre. C’est l’occasion, pour les élèves, de découvrir une autre facette de l’artiste qu’ils côtoient, son talent de metteur en scène. A l’issue de la représentation, ils passent un long moment à discuter avec le comédien, David Arribe, qu’ils connaissent également parce qu’il a mené un atelier théâtral.

On ne dira jamais assez les bienfaits de cette proximité que l’école peut construire entre jeunes et artistes. Elle aide à entrer dans les lieux culturels, elle permet que la littérature soit incarnée et vivante, elle ouvre à chacun les portes de sa sensibilité.

Du 11 au 15 décembre, nous finalisons La Rencontre à travers trois supports artistiques, théâtral, numérique et sous forme de livre. L’effervescence finit par contaminer tous les élèves. La présentation, le vendredi, est joyeuse et enthousiasmante. En une semaine, les élèves ont accompli un travail remarquable.

Depuis, Hugo Paviot n’est plus dans nos murs. Pourtant, sa présence est encore prégnante. Les élèves parlent de lui, se demandent où il en est, espèrent secrètement qu’il viendra partager une étape de travail. L’expérience de l’écriture leur a permis de comprendre toute la magie de la construction d’un personnage. Laïsan et Iris sont vivantes. Elles se sont emparées des mots. Nos personnages existent. Aujourd’hui, le roman d’Hugo Paviot s’écrit. Et désormais, élèves comme enseignants, nous avons hâte de découvrir ce que la fiction aura fait de nous.

Texte de Florence Lhomme, enseignante du microlycée, responsable du projet avec Anna Iribarne

Le Microlycée 94

Extrait de ia94.ac-creteil.fr du 16.03.18 : Un écrivain au microlycée

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