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23/09 - Les grandes écoles sensibles aux ZEP (Libération)

24 septembre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Libération » du 23.09.04 : les grandes écoles sensibles aux ZEP

Les grandes écoles admettent un déficit social : une cinquantaine d’entre elles entendent aider des élèves de milieux défavorisés à passer les concours

L’aveu est un peu honteux mais le cœur y est. La Conférence des grandes écoles (CGE), qui fédère 215 établissements d’enseignement supérieur, a placé en tête de sa nouvelle stratégie « l’ouverture sociale ». Une façon d’admettre que, contrairement à ce qu’elle affirme par ailleurs, on ne peut pas considérer franco de port que « le système des grandes écoles constitue un dispositif de formation fondé sur le principe républicain d’égalité des chances et de distribution suivant les mérites ». Une convention est donc en cours de discussion avec l’Education nationale afin d’étendre une expérience mise en œuvre voici deux ans par l’Essec. Une cinquantaine d’écoles se seraient déjà déclarées partantes.

Haies

Intitulée Une grande école, pourquoi pas moi ? elle permet à des lycéens issus de milieux défavorisés de suivre sept modules d’une durée totale de 140 heures avec des étudiants de l’Essec. Certains consistent en des aides méthodologiques (prise de parole en public, prise de notes, etc.), d’autres en des sorties culturelles ou des visites d’entreprises. Cet accompagnement n’offre aucun passe-droit : l’opération préparerait les lycéens à triompher des mêmes obstacles que les autres. « Contrairement à Sciences po, qui a abaissé la hauteur de ses haies [via ses « Conventions ZEP »], nous offrirons la musculation intellectuelle qui permet de franchir les mêmes haies à tout le monde », résume Christian Margaria, président de la CGE.

Un autre axe de démocratisation consistera à relancer l’opération de communication Tremplin STX, à destination des élèves de terminales technologiques. Des classes prépas leur sont réservées or elles ne font pas le plein. Une absurdité : le taux d’intégration des élèves dans les grandes écoles est excellent. La CGE espère donc « compenser les manques de conseils d’orientation qui pénalisent les bacheliers technologiques ».

Moyens

Enfin, pour faire du social en espèces sonnantes et trébuchantes, la CGE réclame « une augmentation des frais de scolarité », laquelle « doit servir au financement des aides et des bourses destinées aux étudiants en difficulté et au développement des établissements, sans pour autant conduire à un désengagement de l’Etat ». Mais pas question d’y aller seules : les grandes écoles estiment qu’« une éventuelle augmentation doit concerner l’enseignement supérieur dans son ensemble et être traitée au niveau national ». Façon, là encore, de prendre le contre-pied de Sciences po, qui a mené une telle réforme mais en interne. Mais aussi de la reporter à plus tard : un tel projet, fut-il murmuré par un ministre, serait considéré comme un casus belli par les étudiants.

Emmanuel Davidenkoff

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