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La prime REP+ : Qu’en pensent les syndicats ? Interviews du Snes et et de l’Unsa par le Café et communiqués du Sgen, du Snes et du Snuipp

10 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Prime au mérite : Qu’en pensent les syndicats ?

Que disent les syndicats de la prime au mérite annoncée par JM Blanquer pour les personnels des Rep+ ? S’agit-il d’une remise en cause du statut des fonctionnaires ? Frédérique Rolet (Snes) et Stéphane Crochet (Se-Unsa) répondent aux questions du Café pédagogique.

Sur la prime
"Il y a tellement de facteurs de progression des élèves qu’il est bien difficile de définir un indicateur pour mesurer ce "mérite", nous a dit F. Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu. "Comment le calculer ? Avec le taux de réussite au DNB (brevet) ? On connait les biais. Dans ce cas on finit par seulement entrainer les élèves aux tests.. En plus on va introduire des divisions dans l’équipe si un des membres ou plusieurs n’atteignent pas les objectifs affichés. Cela va créer une ambiance délétère". Elle souligne aussi que "ce n’était pas ce qui était prévu : la prime devait stabiliser les équipes de Rep+ ce qui suppose qu’elle soit donnée à tous, y compris les AED".

"La prime au mérite c’est une vision erronée et idéologique des motivations des enseignants. Penser qu’une prime est un levier pour que les enseignants s’engagent dans des projets est une vision déformée de la façon de travailler des enseignants. Le ministère va créer une usine à gaz qui ajoutera des dysfonctionnements... Qui évaluera ce mérite ? Le ministère parle de façon énigmatique d’une évaluation par des personnes autres que celles pouvant toucher la prime, ce qui exclut les personnels de direction et les inspecteurs. Alors qui ? A l’ESEN le ministre a parlé d’auditeurs du système éducatif ce qui renvoie au projet Macron d’agence de l’évaluation du système éducatif. On a l’impression qu’on ne nous dit pas tout..."

Le statut de la Fonction publique remis en cause ?
S’agit-il d’une remise en cause du statut de la fonction publique ? "On est dans un projet d’ensemble qui rappelle la ligne Sarkozy de 2008. Il y avait déjà ces idées reçues, la volonté de toucher au statut , d’individualiser les carrières, de développer le nombre de contractuels et de remettre en cause le recrutement par concours". Pour elle, "cette prime au mérite est une première brèche dans le statut alors que les enseignants n’étaient pas touchés jusque là. On importe chez les professeurs ce qui ne marche pas ailleurs".

"Si on reste à un système avec une part fixe et une part variable dans cette prime on sera surtout dans un dispositif guidé par l’idéologie, plutôt qu’une remise en cause du statut de la fonction publique", nous dit Stéphane Crochet. Pour lui, la situation faite aux syndicats aujourd’hui "n’est pas pire que sous Sarkozy, pas plus revancharde "

Dans un communiqué, le Snuipp Fsu juge sévèrement la division de la prime. " On est en droit de s’interroger sur les critères "objectifs" qui présideraient à l’attribution de cette part variable de la prime à tel enseignant, telle équipe d’école et pas à telle autre. Doigt mouillé ou pilotage par les résultats ? Quoi qu’il en soit, et décidément bon élève du gouvernement, le locataire de la rue de Grenelle envisage donc et sans attendre, de mettre en musique « la remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel » annoncée mi-juin par Matignon dans le cadre de la réforme de la fonction publique. Pour le SNUipp-FSU il y a là un dangereux précédent, d’autant que les études internationales montrent que la rémunération au mérite, là où elle a été mise en place, a été un échec, démotivant les équipes et ne favorisant en rien la réussite des élèves".
Propos recueillis par François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 09.07.18/ Prime au mérite : Qu’en pensent les syndicats ?

 

Éducation prioritaire : une prime à mériter

Le candidat E. Macron avait annoncé 3 000 € dès son accession à la présidence, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Le ministère vient seulement de présenter au SNES-FSU son projet de revalorisation de l’indemnité REP+ et le projet recèle quelques problèmes !

D’abord parce que seule une part de l’augmentation sera effective à compter de la rentrée 2018 (augmentation de 1 000 € de l’indemnité existante de 2 312 €). Une autre sera versée en 2019 mais le restant ne sera pas attribué à tous les personnels exerçant en REP+. Le ministère indique que le reste de cette augmentation à l’horizon 2020 sera attribué… ou pas à l’ensemble de l’équipe de l’établissement (chef d’établissement inclus) sur la base de l’évaluation d’un projet d’établissement construit par l’ensemble de la communauté éducative. Voilà donc comment le ministre JM Blanquer entend répondre à la commande gouvernementale d’introduire une part de salaire au mérite chez les personnels d’enseignement et d’éducation. L’objectif affiché est, chacun s’en doute, de favoriser le travail en équipe. Le SNES-FSU a rappelé que le travail collectif existe déjà dans les établissements de l’éducation prioritaire car sinon les conditions de travail empireraient à grande vitesse et que mettre une prime d’intéressement, fût-elle collective, risque plutôt de désolidariser les équipes, de créer des tensions dans celles-ci que de les souder.

Sur quel temps d’ailleurs les personnels pourraient-ils construire ce projet, qui le validerait, qui l’évaluerait ? Par ailleurs, dans ces établissements où de nombreux personnels exercent sur un temps court (TZR, contractuels…), comment pourraient-ils bénéficier de cette part d’indemnité collective ?
Pour le SNES-FSU, il est nécessaire de trouver les moyens de favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et éducatives dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire. Dans cet objectif, il convient de répondre aux demandes des personnels de réduction des effectifs, d’attribution de moyens pour la vie scolaire, de formation. L’attribution de la pondération de 1,1 que le SNES-FSU a gagnée lors de la réaffirmation des obligations réglementaires de service dans le décret de 2014 ne doit pas être prétexte à l’imposition de réunions multiples. Le versement d’une indemnité est un facteur de stabilisation mais doivent s’y ajouter des mesures d’amélioration de carrière, sans défavoriser les autres personnels.

Extrait de snes.edu du 06.07.18 : Education prioritaire : une prime à mériter

 

Prime REP+ : l’embrouille
Si une partie de la prime de 3 000 euros promise aux enseignantes et aux enseignants de REP+ par Emmanuel Macron leur sera bien versée au cours de l’année 2018-2019, le reste pourrait bien n’être attribué qu’aux plus « méritants ».

1 000 euros versés sous forme de prime à tous les enseignants de REP+ dès l’année prochaine : c’est ce qu’annonce le ministre de l’Éducation nationale dans un communiqué daté du 2 juillet. Il s’agit là de tenir une partie de la promesse faite par Emmanuel Macron alors candidat à l’élection présidentielle de valoriser « les équipes éducatives intervenant en réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+). »
Mais qu’en est-il des 2 000 euros restant ? La revalorisation « se poursuivra en 2019 et 2020 », précise le communiqué. Mais elle prendrait cette fois en compte, sous la forme d’une part variable, la valorisation de « l’investissement collectif des équipes », hypothèse déjà évoquée par le ministère lors d’une première rencontre mi-juin, à laquelle le SNUipp-FSU n’est pas favorable. Et une nouveauté : « la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement qui y contribue ». En clair, c’est bien d’introduire une part de mérite dans la rémunération des enseignants dont il est question.

Dangereux précédent
On est en droit de s’interroger sur les critères "objectifs" qui présideraient à l’attribution de cette part variable de la prime à tel enseignant, telle équipe d’école et pas à telle autre. Doigt mouillé ou pilotage par les résultats ? Quoi qu’il en soit, et décidément bon élève du gouvernement, le locataire de la rue de Grenelle envisage donc et sans attendre, de mettre en musique « la remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel » annoncée mi-juin par Matignon dans le cadre de la réforme de la fonction publique.
Pour le SNUipp-FSU il y a là un dangereux précédent, d’autant que les études internationales montrent que la rémunération au mérite, là où elle a été mise en place, a été un échec, démotivant les équipes et ne favorisant en rien la réussite des élèves.

Arbitrages à venir
Par ailleurs, cette mesure accroit encore l’écart d’attractivité entre les labels REP et REP+. Elle augure mal, aussi, des travaux à venir sur la révision de la carte de l’éducation prioritaire. Le risque est grand que pour des raisons étroitement budgétaires, on fige le nombre actuel de REP+ et que soit réduit le périmètre des REP. Et sur la prime, rien n’est encore arbitré, le SNUipp restant dans l’attente des discussions qui doivent se tenir avec le ministère. Des discussions où il rappellera que s’il peut être utile de rendre plus attractif certains postes difficiles, c’est le métier dans son ensemble dont il faudrait revaloriser l’exercice pour le rendre attractif.
Enfin, cette prime de 3 000 euros évoquée par Emmanuel Macron, qui met un point d’honneur à tenir ses promesses de campagne, n’était en rien conditionnée à un quelconque mérite. La promesse doit donc être tenue, 3000 € sans conditions pour toutes et tous, y compris les AESH, les personnels en CUI et les AED aujourd’hui écartés de la mesure.

Extrait de snuipp.fr du 03.07.18 : Prime REP+ : l’embrouille

 

Prime REP+ : confusion à tous les étages
En annonçant une prime REP+ avec part fixe et part modulable sur évaluation, le ministère non seulement s’éloigne de la promesse présidentielle mais ouvre la porte à des inéquités entre personnels.

Pour tenir l’engagement présidentiel d’augmenter de 3000 € la prime REP+, le Ministère a annoncé un premier versement de 1000 € à compter de septembre 2018. C’est une reconnaissance des personnels exerçant dans ces écoles et établissements, qui ne prend cependant pas complètement en compte la réalité de leur travail et le besoin de temps de concertation. Elle ne prend pas non plus en compte toutes les catégories de personnels exerçant en REP + : par exemple les PsyEN EDCO, les AED et les AVS.

Loin de la promesse présidentielle
Le Ministère s’éloigne de la promesse présidentielle en optant pour une part fixe et une part modulable. Tous les collègues exerçant dans ces zones ne la percevront donc pas entièrement. Cette position ministérielle appelle deux remarques :

– sur la forme tout d’abord. À quoi sert-il de réunir les organisations syndicales pour discuter du dossier dans le cadre d’un agenda social si tout est déjà décidé d’avance ? Cette conception verticale du dialogue social pose problème.

– sur le fond ensuite. La part variable de la prime, d’après un communiqué du ministère qui semble sceller les choses, serait conditionnée à l’atteinte d’objectifs tels que les progrès des élèves et l’accomplissement du projet d’école et d’établissement, en contradiction d’ailleurs avec le pilotage par le haut mis en oeuvre depuis la rentrée. Le Sgen-CFDT a déjà souligné que la multiplication des évaluations standardisées entraîne le système éducatif dans le champ de la défiance et de la tension, loin des objectifs d’une école de la confiance.
besoin de reconnaissance financière mais aussi de temps

Pour le Sgen-CFDT, les équipes en réseau d’éducation prioritaire renforcé ont besoin tout à la fois de reconnaissance financière mais aussi de temps de concertation pour élaborer les projets afin de faire réussir les élèves. Pour le Sgen-CFDT les acteurs de terrain ont besoin de confiance, confiance en leur professionnalisme, confiance de leur hiérarchie ce qui n’exclut nullement le contrôle mais sur des objectifs partagés et définis collectivement. Pour conforter le travail en équipe dans les réseaux d’éducation prioritaire, les personnels ont besoin de soutien, ont besoin de poursuivre ce qu’ils ont mis en place ces dernières années.

Extrait de sgen-cfdt.cfr du 05.07.18 : Prime REP+ : confusion à tous les étages

 

Voir aussi Le Sgen-Cfdt renouvelle sa proposition d’une politique d’éducation prioritaire au niveau des lycées

 

Sur le site OZP,
voir la rubrique ENSEIGNANT : métier, statut (dans la rubrique ACTEUR)

voir le mot-clé du groupe 3* *GRH Statut - Prime/
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