> 9 - POLITIQUE VILLE > CITE EDUCATIVE > Cités éducatives : le point de vue de Marc Douaire, président de l’OZP (le (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Cités éducatives : le point de vue de Marc Douaire, président de l’OZP (le Monde)

20 juillet 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Quartiers prioritaires : des cités éducatives expérimentées dès 2019
Le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, a présenté, mercredi 18 juillet en conseil des ministres, un « point d’étape » des mesures en faveur des quartiers prioritaires.
Par Mattea Battaglia et Violaine Morin

Pas de doute : en inscrivant dans sa feuille de route pour les banlieues l’expérimentation des « cités éducatives », le gouvernement assume, du moins sur le champ de l’école, le legs du « plan Borloo ». A un détail près qu’ont relevé bon nombre d’acteurs de l’école, mercredi 18 juillet à l’issue de la présentation du projet faite en conseil des ministres : « On gomme pour l’heure ce qui fâche » – la question des moyens et celle du pilotage de ces « cités », qu’avait détaillées l’ancien ministre de la ville dans ses préconisations faites à la mi-mai, pour l’heure passées sous silence

De ces « cités éducatives », le ministère de la cohésion des territoires n’a livré que le principe : une « mobilisation de tous autour de l’école » pour « améliorer les conditions d’éducation dans les quartiers ». On en connaît la voilure (« modeste », réagit-on sur le terrain) : 60 « grands quartiers » où la mixité sociale fait défaut en seront dotés, mais aucune précision sur leur localisation n’a été avancée. Une « équipe » – plutôt qu’une personne-ressource comme évoqué dans le « plan Borloo » – devra y coordonner tous les aspects de la vie des enfants : « accueil petite enfance, santé et action sociale, temps péri- et extrascolaire ». L’idée est de favoriser la « continuité éducative » entre tous les acteurs de l’enfance (enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux).

[...] Ce sont des chemins déjà empruntés, souligne également Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP). L’histoire démarre, pour cet expert de l’éducation prioritaire, avec l’émergence des « îlots sensibles » portés il y a quarante ans par l’ancien maire de Grenoble Hubert Dubedout (PS). La logique est
reprise par le ministre de l’éducation Alain Savary avec la création des « ZEP » en 1981, mais c’est au début des années 1990, du temps où Michel Rocard est premier ministre, Lionel Jospin ministre de l’éducation et Michel Delebarre ministre de la ville, que la démarche « prend réellement vie sur le terrain » : « On n’a jamais retrouvé la dynamique des projets portés dans les années 1990 en direction de la jeunesse des quartiers, conclut Marc Douaire, et ce même quand, en 2005, Jean-Louis Borloo, alors ministre de la ville, a lancé son programme de réussite éducative ».
En termes de freins à une logique « pas tout à fait nouvelle » mais « pas inefficace » pour autant, la communauté éducative invoque, en premier lieu, les alternances politiques.

« On change d’orientation tous les cinq ans, alors qu’agir dans ces territoires implique de la continuité sur au moins quinze ans », défend-on à l’OZP. Mais il y a aussi la question des moyens.

Extrait de lemonde.fr du 19.07.18 : Quartiers prioritaires : des cité éducatives expérimentées dès 2019

Répondre à cet article