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B* Projet Epistula : les élèves latinistes du collège REP Pierre Semard de Drancy (93 échangent en latin avec des élèves du monde entier )

9 août Version imprimable de cet article Version imprimable

Le latin en grande forme

Article publié dans le bimensuel d’information édité par la ville de Drancy Drancy Immédiat n° 363

Les élèves latinistes du collège [REP] Pierre Sémard échangent avec d’autres élèves du monde entier... en latin ! Surprenant ? Oui.
Le mérite de cette initiative revient à leur professeure, Kahena Djerad.
Explications.

Epistula, c’est le nom du projet novateur et un peu fou qu’a lancé cette professeure de lettres classiques.
L’idée ? ’’Je voulais montrer aux élèves que le latin pouvait être vivant. De leur côté, ils étaient demandeurs et souhaitaient pouvoir converser avec d’autres élèves. En latin, bien sûr,’’ précise, souriante, la professeure.
Un peu magicienne sans doute, mais surtout ingénieuse, Kahena Djerad relève ce défi avec brio : désormais, des élèves de Tokyo, Washington, Tahiti, Alger et Guyane parlent latin avec nos collégiens. En tout, le projet réunit une centaine de jeunes drancéens, ravis du projet, de la 5e à la 3e.
Alors comment ça marche ? ’’J’ai cherché des collèges français à travers le monde, des latinistes qui voulaient bien participer.’’ Le succès est au rendez-vous puisque plusieurs répondent à l’appel. Les Drancéens se mettent donc à écrire, en latin, à leurs correspondants étrangers, qui répondent en latin évidemment. Le tour est joué : le latin a ressuscité.

De nombreuses découvertes
Dans leurs lettres, ’’les élèves décrivent leur environnement, la ville, là où ils habitent. Ils parlent de leurs loisirs...,’’ détaille la professeure. ’’On a des courriers de Polynésie, explique l’un d’eux. Nous, de notre fenêtre, on voit des immeubles, eux, ils voient la mer, une eau transparente à perte de vue,’’ conclut-il tout sourire. Ces échanges permettent de découvrir la façon dont on vit ailleurs : ’’C’est aussi une bonne façon de découvrir la vie des élèves dans d’autres pays. Et de notre côté, ça permet de lutter contre les préjugés dont peuvent être victimes les jeunes de banlieue’’, explique Kahena Djerad.
Un voyage à Rome d’une semaine en avril dernier a également permis aux élèves de 4e et de 3e de découvrir la vie latine, grâce à de nombreuses visites : ’’le Colisée, la fontaine de Trevi, le Vatican, la basilique Santa Maria, le musée du Capitole...,’’ énumèrent des élèves intarissables. Mais le latin, dans tout ça ? ’’On a pu déchiffrer ce qu’il y avait d’écrit en bas des tableaux,’’ explique l’une d’entre eux. Et ils ne sont pas peu fiers, à juste titre, de pouvoir le faire. ’’Ça nous a aussi permis d’améliorer notre culture générale ou encore de progresser en français en améliorant notre vocabulaire’’, précise une autre élève.

Un projet bien rempli
Ce projet s’inscrit dans une démarche beaucoup plus générale de découvertes et d’apprentissage : cinéma, initiation à l’art de la rhétorique avec des élèves de Sciences Po, théâtre... Si tout semble aussi bien fonctionner, c’est aussi grâce aux élèves ’’réellement investis et méritants’’, souligne Kahena Djerad. Lundi 7 mai, ces mêmes élèves ont d’ailleurs rejoué les jeux de gladiateurs au théâtre de verdure du parc de Ladoucette : ’’On a travaillé avec un expert pour étudier la façon dont ils se battaient’’. Les élèves précisent : ’’Il y a beaucoup de choses fausses qu’on voit dans les films : ce n’est pas l’empereur ou l’impératrice qui décidait s’ils mouraient ou non, et d’ailleurs c’était très rare. Et ils n’étaient pas esclaves, même s’ils appartenaient effectivement à un maître’’.

L’innovation pour l’éducation
Cerise sur le gâteau, le projet va intégrer des élèves de SEGPA, (Section d’enseignement général et professionnel adapté) dans son programme, pour l’organisation d’un banquet romain. Là encore, la professeure a fait preuve d’ingéniosité : ’’Ce ne sont pas des élèves qui font du latin, mais ils ont d’autres compétences qu’on va pouvoir utiliser. Certains ont des cours de cuisine : on va donc récupérer des recettes antiques, les élèves latinistes vont les traduire et les élèves de SEGPA vont les réaliser,’’ explique-t-elle. Simple, mais il fallait y penser.

Extrait de dsden93.ac-creteil.fr du 02.07.18 Le latin en grande forme http://www.dsden93.ac-creteil.fr/spip/spip.php?article7163

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