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- Danse contemporaine et verbes d’action dans une école REP du 77 - Comédie musicale et inclusion d’élèves mal-entendants (Observatoire des pratiques en éducation prioritaire)

9 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Danse contemporaine et verbes d’action
Une salle polyvalente, vingt-quatre élèves CM1-CM2 et trois de CE1 « hébergés » pour la journée. Une musique composée par Yann TIERSEN pour le film Amélie Poulain. Des élèves en chaussettes.

(Ecole élémentaire REP Les Tilleuls, Le Luzard (77)
C’est jour de danse
L’enseignante filmera, sa caméra vidéo en sautoir. Ferme, impassible, elle parle peu, lance la musique, annonce le temps fort à suivre.

Une moitié de la classe propose ses chorégraphies par groupes de trois ou quatre. Les autres sont spectateurs puis critiques. L’évaluation est bienveillante, réalisée par les élèves seuls avec la même grille pour tous.

Elle porte sur une interprétation libre mais selon quatre figures imposées : se figer en un corps de pierre, couché, en étoile de mer, ou debout ; se rencontrer et se séparer de trois manières différentes ; entrer en communication avec l’autre groupe, occuper toute la salle. Ce qui peut être amélioré ? “Un corps de pierre trop tardif”, par exemple.

Le silence est total à chaque chorégraphie. Absorbés par la répétition, la synchronisation des figures, les enfants portent attention à leurs partenaires, autant qu’à eux-mêmes. Les garçons dansent sans inhibition et se laissent porter par des filles. Les mains se joignent à pleine paume. C’est la danse qui opère, et non les préjugés. L’empathie peut s’installer. Un grand travail est déjà réalisé, en huit séances de 45 mn.

C’est aussi un travail de français. En dansant, la compréhension s’offre par d’autres voies : on incarne des verbes d’action.

Ils structurent les chorégraphies composées par les élèves et affichées dans la salle.

Ils guident l’accès à la danse contemporaine. Les élèves ont vu La Valse à Mille Temps de Maurice BÉJART et y ont appliqué « leurs » verbes.

La danse contemporaine n’est plus une grammaire étrangère. BÉJART est connu. La classe fait corps de ballet, filles et garçons réunis.

Extrait de educationartistiqueetculturelleeneducationprioritaire du 05.10.18 : Danse contemporaine et verbes d’action

 

Danser, chanter, signer, coder : comédie musicale et inclusion des malentendants

Chaque mardi de 14 heures à 15 heures, les élèves de CP, CE2, CM1 d’une école en éducation prioritaire, travaillent à la comédie musicale qu’ils présenteront en fin d’année. Trois enseignantes y ont engagé leurs classes de CP, CE2, CM1. Elles ont adapté Le Loup qui voulait faire le tour du monde en dix scènes.

Au premier trimestre, les enfants ont lu l’album et ont visionné des extraits de différentes comédies musicales afin de s’imprégner de ce genre. En décembre, ils se sont partagés des rôles et ont constitué des groupes : comédiens, chanteurs, danseurs, codeurs. Chaque classe comporte en effet deux ou trois élèves malentendants.

Tous les élèves désormais se succèdent dans six ateliers (danse, chant, LPC1, LSF2, décors, théâtre) animés par les enseignantes. Dans la pièce, les scènes sont autant de tableaux qui s’enchaînent avec des phrases de transition. Des enfants les disent, d’autres les signent, ou les codent, tout comme les chansons. Des élèves turbulents et entendants sont mobilisés par le codage. Des séances spécifiques d’initiation aux langues des malentendants sont proposées à tous les élèves et tous font preuve d’une grande attention. Le jour du spectacle, on ne pourra pas savoir si le codeur est malentendant ou pas.

L’histoire du Loup traverse les cours. On le suit en géographie, on calcule des distances et des temps en mathématiques, il se fait comprendre en français. On soigne sa condition physique et on danse aussi en EPS.

« Des timides, des introvertis » prennent confiance et s’ouvrent. Ils « sont contents de montrer qu’ils peuvent signer, coder. C’est assez ludique », dit une enseignante. Surtout, les malentendants sont totalement intégrés. Leur langage est le vecteur d’une communication partagée.

La transformation individuelle est médiatisée par le groupe. Chacun fait attention à l’autre, nécessairement. « Allez, fais un effort ! ». « On sera vus. On veut présenter quelque chose de correct », se disent les élèves.


1LPC : langue parlée codée (elle permet de lire sur les lèvres)

2LSF : langue des signes française

Extrait de educationartistiqueetculturelleeneducationprioritaire du 08.10.18 : Danser, chanter, signer, coder : comédie musicale et inclusion des malentendants

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