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Merci Maîtresse ! "De rien, c’est mon job", Anouk F. Le Cherche Midi éditeur, 2019. Entretien du Café pédagogique avec l’auteur, enseignante en REP

3 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Anouk F. : Merci maîtresse !

"J’aimerais que le regard porté sur l’école et les enseignants change". Anouk F. tient à son anonymat. On le respectera comme elle respecte dans son livre "Merci maitresse !" (éditions Le Cherche Midi) les enfants qui lui sont confiés et leurs familles. Cette pudeur est un des traits du livre . Tout comme son authenticité. Avec "Merci maîtresse !", on se retrouve en classe. Pas pour écouter le prof parler. Mais en train d’observer les enfants, leurs peines , leurs joies, leurs efforts, leurs réussites. Tout simplement, en douceur, "Merci maitresse !" ramène à l’essence et la noblesse du métier d’enseignant : élever des petits d’hommes.

Du blog au livre

Encore un livre qui parle de l’école. Mais celui là a un ton spécial. Ancienne journaliste, Anouk F. est devenue professeure sur la trentaine, "pour me sentir utile au quotidien", nous a -t-elle dit. Elle enseigne dans une école Rep d’une ville moyenne du sud de la France.

Son anonymat est relatif. Mais elle y tient. "Même si j’ai changé les prénoms et les détails physiques, je ne veux pas trahir la confiance des parents", explique t-elle. Elle ne veut pas qu’on puisse identifier les enfants dont elle brosse le portrait au fil des pages. Seuls ses collègues sont au courant de la parution de son livre. Elles participent des scènes de vie qui font le livre.

Mais Anouk F. est déjà bien connue. On est nombreux à avoir parcouru son blog. Et à avoir été touché par son ton singulier. Anouk F. sait écrire. En quelques lignes, simples, courtes, puissantes, elle fait le portrait d’un enfant, d’une situation de classe. Précisons que le livre ne reprend pas les textes du blog.

Du coté des enfants

Mais comment raconter l’école ? "Mon école est comme toutes les écoles. On est en Rep mais ces enfants sont comme tous les enfants. Il faut savoir poser un autre regard sur l’école et regarder les enfants. C’est pour eux que nous travaillons".

On est dans la classe mais coté cœur. Qu’il s’agisse d’une victoire de l’enfant sur lui même ou d’un enfant battu, c’est le coeur de l’instit qui parle. "Quand on se dit que ce sont des enfants, on voit le métier d’une autre façon".

Alors Anouk raconte l’histoire du petit Habib qui apprend au fil des semaines à faire zéro faute en dictée. Et aussi celle de cet enfant qui a des griffures sur le visage et qui fera l’objet d’un signalement pour mauvais traitement. Elle parle aussi des parents qui accompagnent les sorties et se tiennent mal et de tous ces parents qui sont toujours là pour aider.

Un livre qui aime l’école

Comment a-t-elle choisi ces scènes qui font le livre ? "Tous les enfants dont je parle m’ont marqué chacun à leur manière". Ce qui démarque le livre c’est qu’il est ni dénonciateur ni larmoyant. "A la fin du livre , je ne dis pas que je quitte l’éducation nationale, comme tant d’autres. Je reste. Le métier est difficile. Mais il vaut le coup".

C’est le versant positif de l’école qui habite le livre. "Beaucoup de gens croient connaitre l’école et le métier d’enseignant à travers les souvenirs d’écolier qu’ils ont. Et l’école va mal car on la connait mal. On ne sait pas ce que sont les charges des enseignants. Les gens ne voient pas qu’à l’école on n’apprend pas qu’à lire et compter. On apprend aussi à parler, débattre, devenir citoyen. Finalement la méconnaissance nourrit la méfiance , l’évitement et on dévalorise l’école publique". Ce livre veut justement la défendre.
François Jarraud

Anouk F. , Merci Maîtresse ! "De rien, c’est mon job", Le Cherche Midi éditeur, 2019, EAN : 9782749160580

Le blog d’Anouk F.

Extrait de cafepedagogique.net du 03.03.13 : Anouk F. : Merci maîtresse !

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