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L’absentéisme est corrélé au profil social de l’établissement (Depp) - Le plaidoyer d’un proviseur pour un traitement différencié du décrochage

22 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

En 2017-2018, l’absentéisme touche en moyenne 5,6 % des élèves
du second degré public


Note d’information Depp
N° 19.04 - Mars 2019

De septembre 2017 à mai 2018, dans les établissements publics du second degré, 5,6 % des élèves ont été absents de façon non justifiée quatre demi-journées ou plus par mois, en moyenne. Ce taux d’absentéisme moyen annuel est de 3,2 % dans les collèges, de 6,8 % dans les lycées d’enseignement général et technologique (LEGT) et de 18,3 % dans les lycées professionnels (LP).
Comme chaque année, le taux d’absentéisme varie fortement d’un établissement à l’autre : en janvier 2018, l’absentéisme touche moins de 1,7 % des élèves dans la moitié des établissements, alors que, dans un établissement sur dix, il dépasse
12 %. Ces 10 % d’établissements les plus touchés concentrent la moitié des élèves absentéistes. L’absentéisme est plus élevé dans les établissements socialement défavorisés.
Du fait de leurs absences non justifiées, les élèves perdent en moyenne 1,6 % de temps d’enseignement. Lorsque toutes les absences, quel que soit le motif, sont prises en compte, ce temps d’enseignement perdu passe à 6,7 %.
Dans 95 % des départements, la proportion des élèves signalés pour leur absentéisme persistant est inférieure à 1 %.

[...] L’absentéisme est corrélé au profil social de l’établissement
L’absentéisme d’un établissement apparaît corrélé à son indice de position sociale (IPS) (voir « Pour en savoir plus »).
Ainsi, au mois de janvier 2018, pour les établissements les plus favorisés socialement
(ceux dont l’indice de position sociale est supérieur au troisième quartile), le taux
d’absentéisme moyen est de 2,1 % ; il est en revanche de 11,6 % pour le quart
des établissements les plus défavorisés socialement. De tels écarts s’observent
même à type d’établissement donné. Ainsi, l’absentéisme, en janvier 2018, est six fois plus élevé dans les collèges socialement défavorisés que dans les collèges plus
favorisés. Le constat est similaire pour les LEGT. On observe la même relation en LP
où l’absentéisme augmente avec les difficultés sociales  figure 4.

Si l’absentéisme est plus marqué dans les lycées professionnels, cela s’explique donc notamment par le profil social défavorisé des élèves qu’ils accueillent. En effet, les trois quarts des lycées professionnels se situent parmi le quart des établissements les plus défavorisés. D’ailleurs, dans les LEGT les plus défavorisés, le taux d’absentéisme est proche de 20 % en janvier comme en mars, un niveau comparable à celui des LP de même profil social (voir « Pour en savoir plus » – figure 4bis).

Extrait de media.education.gouv.fr de mars 2019 : En 2017-2018, l’absentéisme touche en moyenne 5,6 % des élèves
du second degré public

 

Thelma mesure un peu plus d’un mètre cinquante, elle est habillée façon hippy avec des vêtements de couleurs bariolées, ses longs cheveux blonds cachent son visage. Thelma est toujours dans la rue devant le lycée, assise sur le trottoir avec ses camarades, ils partagent une cigarette ou un joint. Thelma est souvent en retard en cours après la récréation de 10 heures, il m’arrive de la réprimander, j’essaie de lui parler mais les premiers échanges restent infructueux. Thelma se sent « si différente », sa 1re S a été pour elle une souffrance, son premier trimestre de terminale l’est encore plus. Elle se sent débordée, pourtant elle aime les mathématiques, elle ne réussissait pas trop mal l’an passé. Le retard s’accumule dans toutes les disciplines, Thelma perd chaque jour le goût de venir en classe, elle « n’a pas d’amis », elle n’a pas cherché à s’en faire non plus, elle se sent « si différente ». Les résultats du premier conseil de classe témoignent de son décrochage cognitif, les professeurs sont inquiets. Je la reçois, je lui conseille de prendre quelques jours de repos, je sens chez elle une forme de burn-out.
[...]

Au fond de moi, j’ai pleinement conscience que l’École ne sait pas être plurielle et offrir aux élèves différents des conditions d’apprentissage différentes. Je rêve d’un micro-lycée[1] dans le lycée pour travailler autrement avec les élèves « capables mais pas scolaires ». Mais, la bureaucratie et le statut des professeurs freinent toute innovation, pourtant je connais des enseignants qui seraient prêts à travailler autrement avec des missions et un emploi du temps annualisé. Toute tentative de différenciation des conditions d’exercice semble impossible, elle serait ressentie par les syndicats enseignants comme une véritable agression et une concession insupportable « au projet néolibéral de dérégulation, de division des professeurs et de destruction des identités professionnelles ».
[...]

Extrait de concours-personnel-diretion.fr du 17.03.19 Thelma, le rêve d’une autre école

 

Sur le site OZP,
voir le mot-clé du groupe 2 Rapp. statistique : Depp, Insee, Cereq.../

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