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Evaluation à l’entrée en 6ème : des résultats stables. Des difficultés importantes pour les élèves entrant en éducation prioritaire mais certaines académies arrivent à concilier performance et équité (Depp)

27 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

810 000 élèves évalués en début de sixième sur support numérique en 2018 : des résultats stables par rapport à 2017
Évaluation des acquis des élèves - Note d’information - N°19.26 - juin 2019

En 2018, l’ensemble des élèves de sixième ont été évalués en français et en mathématiques sur support numérique (810 000 élèves dans plus de 7 000 établissements) pour la deuxième année consécutive.
En français, plus de huit élèves sur dix ont une maîtrise satisfaisante ou très bonne des connaissances et des compétences évaluées en début de sixième. En mathématiques, ils sont un peu plus de sept sur dix. Ces résultats sont très proches de ceux observés en 2017.
Les écarts entre académies restent importants. Si la tonalité sociale des académies est susceptible d’expliquer une partie de ces écarts, certaines se distinguent toujours par de meilleurs résultats que ceux attendus compte tenu des profils sociaux de leurs élèves.
Ainsi, l’analyse des écarts de maîtrise entre élèves selon leur origine sociale montre que certaines académies parviennent à combiner efficacement performance et équité à l’entrée au collège.

Extrait de education.gouv.fr de juin 2019

EXTRAIT

Des difficultés scolaires pour les élèves entrant en éducation prioritaire
Des différences importantes sont constatées entre les élèves entrant dans le secteur de l’éducation prioritaire et les autres. Les élèves accueillis dans les établissements publics appartenant à un REP+ (environ 7 % des élèves de sixième) ont des difficultés particulièrement importantes. En effet, la différence de maîtrise avec les collégiens scolarisés dans des établissements publics hors éducation prioritaire est d’un peu moins de 20 points en français (68,5 % contre 87,9 % présentent une maîtrise satisfaisante ou très bonne). Cet écart est un peu moins important
que celui observé en 2017 (23 points).

En mathématiques, la différence de maîtrise entre les élèves de REP+ et ceux du secteur public hors éducation prioritaire est de 31 points en 2018 (42,9 % contre 74,2 %). Ces résultats sont similaires à ceux de 2017.
Les élèves qui entrent en sixième dans le secteur privé ont une meilleure maîtrise des
connaissances et compétences évaluées que les élèves entrant dans le secteur public
hors éducation prioritaire (+ 4 points pour le français, + 8 points pour les mathématiques). Ces résultats sont proches de ceux observés en 2017.

Des écarts importants selon le profil social des collèges
La DEPP a élaboré un indice de position sociale qui permet de rendre compte du
niveau social des collèges. La moyenne de cet indice a été calculée pour chaque
collège. Ceci a permis de classer les élèves en cinq groupes, de ceux appartenant aux
20 % des collèges les moins favorisés à ceux appartenant aux 20 % des collèges les plus favorisés  figure 3.
Les disparités de maîtrise sont très marquées selon le profil social de l’établissement.
Dans les collèges les plus favorisés socialement, les taux de maîtrise, mesurés par le cumul des modalités « maîtrise satisfaisante » et « très bonne maîtrise », avoisinent 90 % (93,8 % pour le français, 86,3 % pour les mathématiques). Un échelonnement des taux de maîtrise des compétences est observé entre les cinq groupes, ce qui confirme la corrélation généralement observée entre l’origine sociale et le niveau des acquis des élèves. Dans les établissements les moins favorisés, les taux de maîtrise sont alors respectivement de 76,1 % et de 53,1 %, pour le français et les mathématiques.

Une France géographiquement disparate
En français, comme en 2017, les difficultés sont plus prononcées dans le Nord, une partie du Sud-Est, ainsi que dans les DOM où la
part des élèves qui affichent une maîtrise satisfaisante ou très bonne ne dépasse pas
80 % : Mayotte (24,6 %), Guyane (55,8 %), Guadeloupe (71,2 %), Martinique (75,1 %) et La Réunion (78,5 %)  fi gure 4. En métropole, cette part est inférieure à la moyenne nationale (86,7 %) dans les académies d’Amiens (83,9 %), de Créteil (85,5 %), de Montpellier (85,7 %), de Lille (85,8 %), de Rouen (85,9 %) et d’Aix-Marseille (86,5 %).
Pour les mathématiques, la répartition est assez similaire, bien que plus contrastée.
Moins de sept élèves sur dix maîtrisent cette compétence dans les académies de Créteil (65,8 %), d’Amiens (66,4 %), de la Corse (66,4 %) et dans les DOM. Les académies d’Aix-Marseille et de Montpellier, avec un taux de maîtrise d’environ 71 %, affichent également de plus faibles résultats, proches de ceux observés dans les académies du Nord de la France : Rouen (70 %), Lille (69,1 %) et Reims (72,4 %). L’académie de Rennes (79,1 %) rejoint celle de Paris (79,6 %), avec les taux de maîtrise les plus élevés.
Cette configuration se rapproche des résultats observés lors des évaluations de la
journée défense et de citoyenneté (JDC) qui montrent que les pourcentages de jeunes en difficulté de lecture les plus élevés se situent dans le Nord et dans les DOM. De la même manière, en 2013, les évaluations en numératie relatives à la JDC mettent en exergue de fortes difficultés dans les régions où la performance en mathématiques est la moins élevée.

Performance et profil social
Pour enrichir ces premiers constats, des résultats peuvent être présentés non pas
seulement à partir de la maîtrise d’une compétence, mais en se fondant sur la performance observée, c’est-à-dire sur le score obtenu aux épreuves par les élèves. L’analyse du score lui-même permet d’approfondir les résultats, en dépassant le simple constat « de niveaux de maîtrise » (voir « Pour en savoir plus » - Méthodologie).
Les écarts de scores moyens entre académies rejoignent ceux observés pour le degré
de maîtrise des compétences  figure 5. Cependant, il est intéressant de noter que l’on retrouve au niveau académique le lien présenté plus haut entre niveau de performance et niveau social. Ainsi, l’académie de Paris qui affiche le score le plus élevé en français (275) a en outre le niveau social moyen le plus élevé de toutes les académies, mesuré par l’indice de position sociale moyen (123). Les DOM ou les académies de Lille et d’Amiens ont, quant à elles, un niveau social moyen peu élevé et de plus faibles performances. Cependant, la prise en compte du niveau social ne permet pas d’expliquer toutes les différences entre académies : à niveau social comparable, des différences de performances entre académies subsistent. Ainsi, en français, les académies de Dijon et de Montpellier sont équivalentes en termes de niveau social moyen (102), mais se distinguent en termes de performances, avec un score moyen de 255 pour Dijon et de 250 pour Montpellier. En effet, dans l’académie de Dijon, les élèves des collèges du groupe 1 (les moins favorisés) sont plus performants que dans l’académie de Montpellier (écart de 9 points). Dans le même temps, les scores moyens des élèves des collèges du groupe 5 (les plus favorisés) sont équivalents dans ces deux académies (écart d’un point).

Performance et équité
Au-delà du niveau moyen, les écarts entre élèves selon leur origine sociale au sein de
chacune des académies peuvent être étudiés, renvoyant ainsi aux problématiques d’équité.
La notion d’équité est ici appréhendée à travers les écarts de performances observés entre les élèves des collèges les plus favorisés socialement et les élèves des collèges les moins favorisés. En reprenant le regroupement en cinq groupes présentés plus haut, dans chacune des académies le score moyen des élèves appartenant au groupe 1 est comparé à celui des élèves appartenant au groupe 5. Ainsi, en France métropolitaine, les académies de Paris et de Corse affichent un écart de 50 points ou
plus entre ces deux groupes pour le français  figure 5. Le poids de l’origine sociale est donc plus marqué pour ces académies.
À l’inverse, cet écart est inférieur ou égal à 35 points dans les académies de Dijon,
Limoges, Caen et Orléans Tours. Une représentation graphique de ces
résultats est donnée pour le français à travers le croisement entre la performance (axe vertical) et la mesure de l’équité (axe horizontal)  figure 6.
Cette figure montre que certaines académies affichent de plus faibles performances ainsi qu’un faible degré d’équité (Reims et Créteil notamment) tandis que d’autres académies parviennent à combiner performance et équité (en particulier les académies de Rennes, de Grenoble et de Limoges). Pour reprendre l’exemple
de Montpellier et de Dijon, à profil social équivalent, la deuxième académie est à la fois plus performante et plus équitable. 

 

Voir aussi
Évaluations de début de 6ème : des outils pour les professeurs
Les acquis des élèves entrant en 6ème sont évalués en français et en mathématiques dans le courant du mois d’octobre 2019. Ces évaluations permettent aux enseignants d’adapter leurs pratiques pédagogiques pour répondre aux besoins de chaque élève.

Extrait de eduscol.education.fr

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