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Séminaire OZP nov. 2019. Analyse synthétique des réponses sur l’axe 3 du référentiel, par Martine Husson, IA-IPR honoraire

2 décembre Version imprimable de cet article Version imprimable

SEMINAIRE OZP du 30 novembre 2019

Les réponses relatives à l’axe 3 du référentiel
Martine Husson, IA-IPR honoraire

Le taux des réponses décrivant une ou plusieurs formes d’amélioration relative à la coopération utile avec les familles et les partenaires est élevé : 79,5%. Ce score témoigne à lui seul de l’embellie suscitée par les actions entreprises et de la forte adhésion des réseaux aux différentes recommandations du référentiel déclinées au titre de cet axe 3.
Manifestement l’identité des parents d’élèves est de mieux en mieux appréhendée : le travail conduit par les différents acteurs s’engage en faveur de ces parents-là, au regard de la meilleure connaissance que l’on en a progressivement construit tout au long de ces dernières années. Ce travail affirme une authentique détermination à faire connaître aux parents d’élèves le respect et la confiance des différents acteurs ; il réussit souvent à faire connaître aux acteurs de l’École une plus grande confiance des parents.

Les actions se multiplient et se diversifient au gré d’une belle inventivité. Elles illustrent bien la professionnalité avec laquelle elles s’élaborent et se mènent : engagement, réflexion, lectures professionnelles, répartition des tâches, posture éthique, partages, retours sur soi, exploitation de dispositifs nationaux, création de dispositifs spécifiques à un réseau, structuration, voire auto-évaluation. Au-delà du sérieux et du temps qu’y consacrent les acteurs, les réponses font le plus souvent connaître la sincérité avec laquelle les différentes coopérations s’édifient peu à peu.

L’évolution majeure que laissent entendre les réponses concerne la dimension collective dans laquelle s’inscrit l’immense majorité des actions engagées. Décidées dans les différentes instances de pilotage, y compris celles qui accueillent les partenaires, elles réussissent peu à peu à faire partie de la mission de chacun, y compris pour des entrants dans le réseau. Cette dimension collective renforce vertueusement la confiance de chacun en ses propres compétences professionnelles : comment expliquer autrement la capacité – si peu fréquente ailleurs qu’en éducation prioritaire, à ouvrir régulièrement sa classe à des parents ? À les inviter dans des séances d’APC ou de « Devoirs faits » ? À faire suivre ces séances de démarches d’explicitation ? À valoriser les compétences des parents en leur confiant l’animation d’ateliers pédagogiques ?

Les objectifs qui inspirent de telles actions visent tous une plus solide réussite scolaire : quand il s’agit de nouer une alliance avec les familles (par exemple dans des partages de temps culturels) ils veulent mettre fin au conflit de loyauté où peuvent s’enliser les élèves de l’éducation prioritaire. Quand ils relèvent plus précisément du domaine scolaire, ils entendent donner aux parents les codes de l’École et les rendre compréhensibles, faire connaître les acquis de leurs enfants (admirables « carnets de progrès » et « carnets de réussite » !). Souvent l’objectif majeur consiste à vouloir échapper à des attitudes prescriptives au profit de postures d’écoute et de compréhension.

Rien ne se fait sans devoir surmonter de nombreux obstacles  : par exemple le temps qui manque, la mobilité des familles, leur passé scolaire, leur méconnaissance de la langue française ; le manque d’expérience d’une majorité des acteurs, la complexification des missions, les locaux inadaptés, la formation qui néglige les compétences de communication, les ressentis sur le manque de confiance de l’institution, la difficulté de faire réseau, la multiplicité des partenaires et/ou leur indisponibilité. Les actions les surmontent le plus souvent. D’autres se sont essoufflées : « familles rondes et école carrée, il n’y a pas que les familles qui s’y abiment !"

L’efficacité et la professionnalité des actions décrites par les répondants invitent à saluer et à mutualiser leur travail. Elles appellent aussi à poursuivre leur accompagnement, en entendant les besoins de formation exprimés, en rendant plus lisibles les accompagnements déjà en place, en précisant encore le sens de l’adjectif « utile » dans l’expression « coopération utile ».

Ci-dessous le PowerPoint de cette intervention

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