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Directeur d’école : - "un job à part" (dossier de Fenêtres sur cours, avec une interview de Marie Duru-Bellat sur Pisa) - des articles du Monde et de l’Express

29 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Fenêtres sur cours N°464 janvier 2020
Dossier, p. 14

Direction d’école un job à part
Dossier réalisé par Lilia Ben Hamouda, Laurent Bernardi, Pierre Magnetto et Virginie Solunto

La fin tragique de Christine Renon a mis en lumière les difficultés liées à la
direction d’école. Il est primordial que les discussions engagées avec le ministère aboutissent à des mesures permettant de retrouver le sens de cette mission indispensable au fonctionnement de l’école.

 

- L’interview, p. 34
BIO Marie Duru-Bellat, professeure émérite de sociologie à Sciences Po.

“Pisa : prendre à bras le corps les inégalités ”
La France reste en milieu de tableau de la dernière enquête Pisa* qui évalue les résultats des élèves de 15 ans dans 79 pays. Avec une forte corrélation entre les résultats et les origines sociales

COMMENT SE PLACE LA FRANCE DANS LA DERNIÈRE ÉTUDE PISA ?
MARIE DURU-BELLAT : La France se place, comme dans les années antérieures,
dans la moyenne Pisa entre le 15e et 21e rang mais personne de sérieux ne peut se focaliser sur la moyenne des 79 pays car on y trouve des pays en développement
comme le Kosovo ou le Vietnam. Il est plus pertinent de s’intéresser à l’évolution des résultats des élèves français : leurs résultats se stabilisent, à 493 points en français par exemple – c’était 496 en 2009 – ce qui les situe au niveau de l’Allemagne ou de
la Belgique. Quant aux résultats en mathématiques, qui chutaient depuis plusieurs
années, ils se stabilisent aussi, à 495 points. En revanche, ce qui n’évolue pas, c’est la forte proportion d’élèves en grande difficulté. Ainsi 20% peinent à saisir l’idée principale d’un texte et en extraire des informations simples.

DES SPÉCIFICITÉS FRANÇAISES ?
M.D-B. : Les élèves français ont tendance à ne pas répondre aux questions de l’enquête quand ils ne sont pas sûrs.
Une autre constante, c’est qu’ils se plaignent du climat de classe et du bruit.
C’est un ressenti, car lorsqu’on visite d’autres pays, où, plus souvent, le travail
de groupes est encouragé, le volume sonore est supérieur au nôtre mais personne
ne s’en plaint. Ils se sentent aussi peu soutenus par les enseignants mais les insuffisances de la formation n’aident pas ces derniers à gérer les relations
avec les élèves, leurs difficultés et l’hétérogénéité des classes. Cela peut les
pousser à une approche très didactique, techniciste, qui risque d’ailleurs de s’accentuer encore avec la montée en puissance des neurosciences. Autre spécificité
française : la forte corrélation entre les résultats des élèves et leur origine sociale. L’écart de résultats entre les élèves de familles favorisées et défavorisées est de 107 points contre 88,4 dans la moyenne de l’OCDE.

COMMENT EXPLIQUER CETTE CORRÉLATION ?
M.D-B. : Cela peut surprendre car la France consacre un budget important
à la lutte contre les inégalités scolaires. Nous avons une maternelle de qualité, des moyens sont mis dans les réseaux d’éducation prioritaire. Mais le seul fait que l’on fasse redoubler les élèves faibles en France fait baisser mécaniquement nos performances car Pisa évalue les élèves de 15 ans. La majorité sont en seconde et d’autres en 3e. Si l’on ne prend que les élèves « à l’heure », les jeunes Français sont très bons. C’est encore plus vrai avec les élèves « en avance » qui ont des résultats à plus de 600 points, au niveau de s pays de tête, alors que les élèves de 15 ans qui
sont en 3e sont à 400.
De même, le fait de ségréguer ceux les plus en difficulté dans les mêmes établissements et de les orienter vers des filières moins prestigieuses tend à faire baisser le niveau de ces élèves. Leur estime de soi est entamée, on n’est pas dans une dynamique positive. De plus, il y a comme un fatalisme en France par rapport à ces inégalités. Dès l’Inspé, on explique aux futurs professeurs le poids des origines sociales et des « handicaps culturels » comme s’il était inévitable que l’école
reproduise les inégalités de la société.

DES PISTES D’AMÉLIORATION ?
M.D-B. : Il faut prendre à bras le corps ces inégalités, à la racine. Elles n’apparaissent pas à 15 ans. Il faut accentuer les politiques de lutte contre
les inégalités précoces, avec les dispositifs « moins de 3 ans », le dédoublement
des classes mais sans surcharger les autres effectifs. La formation pédagogique
des enseignants est également déterminante.
La linguiste Élisabeth Bautier, par exemple,montre bien tout le travail
à faire pour lever les implicites. Il faut également poursuivre les efforts pour parvenir à davantage de mixité dans les établissements, mais en partenariat avec les familles. Cela ne se décrète pas avec désinvolture ! Enfin, il faut profiter de l’enquête Pisa pour se montrer curieux de ce que font les autres pays et se poser la question : « Quel système éducatif voulons-nous ? »
* sur www.oecd.org/pisa-fr
LAURENCE GAIFFE

Lire (36 pages)

Extrait de snuipp.fr du 27.01.20

 

Malaise chez les directeurs d’école : « On perd le fil entre l’essentiel et ce qui ne l’est pas »
Depuis les années 1970, les directeurs d’école ont connu un empilement de missions nouvelles. Des enseignants qui exercent ou ont exercé cette place racontent les transformations du métier.

Extrait de lemonde.fr du 29.01.20

 

Les directeurs d’école ne veulent pas être chefs

Un changement de statut n’est une priorité que pour 11 % d’entre eux. Décryptage.

De nombreux parents d’élèves l’ignorent. Et pourtant... Contrairement à un principal de collège ou à un proviseur de lycée, un directeur d’école n’exerce pas de pouvoir hiérarchique sur les autres membres de l’équipe enseignante. Rêvent-ils d’endosser un vrai rôle de "patron" derrière la grille de leur école ? Cette perspective est loin de faire partie de leurs priorités, comme le révèle une consultation menée par le ministère de l’Education nationale* après la vague d’émotion suscitée par le suicide de leur collègue Christine Renon à l’automne dernier. A la question "Avez-vous des pistes d’amélioration de vos tâches de direction à proposer ?", seuls 11 % des directeurs sondés citent spontanément "l’obtention d’un véritable statut". Et ils ne sont que 25 % à souhaiter être associés à l’évaluation des professeurs dans tous les domaines.

Extrait de lexpress.fr du 28.01.20

 

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