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Le jeu et ses effets sur le développement psychologique de l’enfant. Dossier de la revue de l’ANAE, mai 2020, coordonné par S.- S. Richard et le Pr E. Gentaz, Université de Genève (ToutEduc)

16 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Vive le jeu, à l’école maternelle et au-delà, pour acquérir les compétences scolaires (revue ANAE)

Dans le cadre scolaire, la tendance à se focaliser dès le plus jeune âge, sur l’acquisition de la lecture et du calcul "par le biais d’un enseignement très guidé, structuré et souvent éloigné du sens de ces apprentissages, laisse peu de place aux activités initiées par l’enfant". On sait pourtant que, "durant la petite enfance l’approche centrée sur des expériences d’apprentissage initiées par l’enfant renforçait la réussite académique ultérieure", écrivent Sylvie Richard (HEP du Valais) et Edouard Gentaz (u. de Genève) dans le dernier numéro de l’ANAE (Approche neuropsychologique des apprentissages de l’enfant), dont le dossier est consacré aux effets du jeu "sur le développement psychologique et les apprentissages de l’enfant".

Les autres contributeurs vont dans le même sens. Anne Clerc-Georgy (HEP de Lausanne) estime que, "le jeu de faire semblant favorise la mise à distance de la perception. La possibilité de transformer le réel (...) favorise le développement de l’imagination (...). Par exemple, un enfant peut exprimer sa joie de jouer un personnage qui est triste (...). Apprendre, c’est aussi se projeter comme capable de maîtriser des outils dont on ignore encore la portée. Pour s’engager dans un apprentissage tel que celui de la lecture, l’enfant doit d’abord pouvoir s’imaginer lecteur." Mais Caroline Bouchard (et alii, u. Laval et u. du Québec à Montréal) note que les enseignant(e)s en maternelle reconnaissent "les bienfaits du jeu", mais ne peuvent expliquer "en quoi il est bénéfique pour l’enfant". De plus, "ils et elles privilégient "des activités initiées et dirigées par elles et eux afin de soutenir un apprentissage lié au curriculum préalablement planifié".

"Rompre avec la forme scolaire"

Cela s’inscrit d’ailleurs dans une tendance générale, "les conditions de vie socioculturelle des enfants ont considérablement changé", au profit d’activités "plus structurées" et aux dépens "des interactions entre les enfants d’âges différents" quand ils jouent librement dehors. Sylvie Richard dénonce ceux pour qui "jouer constitue une activité frivole" ainsi que la pédagogie Montessori pour qui "le jeu et plus précisément le jeu de faire semblant ne constituerait pas une activité susceptible de favoriser le développement de l’enfant".

Déjà, comme le souligne Fleur Lejeune (u. de Genève), les enfants de 10 à 14 mois qui ont "de bonnes capacités dans les jeux de construction" sont ceux qui, à 3 ans, comprennent le mieux "les mots décrivant les relations spatiales". Plus tard, notent Sarah Landry et Julie Mélançon (u. de Montréal et u. du Québec à Rimouski), "lorsque le jeu de faire semblant atteint sa pleine maturité, il met en place les bases qui soutiendront les apprentissages ultérieurs". Lorsque l’enfant fait manger sa poupée avec une cuiller, "il manifeste un jeu qui est axé sur un objet", mais plus tard, il pourra parler "comme le ferait une maman" et le jeu est centré sur la relation entre une maman et un bébé. Progressivement, l’enfant parvient "à planifier, à prendre la perspective d’autrui, à s’autoréguler, à manipuler des symboles, etc.". C’est pourquoi il faut rompre avec la forme scolaire.

"Les mathématiques aussi"

Les capacités développées dans le jeu "sont constitutives de la capacité d’apprendre à l’école (...). L’imagination permet d’apprendre sans faire l’expérience directe des réalités en question (je peux apprendre à connaître la révolution française sans en avoir fait l’expérience)", note encore Anne Clerc-Georgy qui ajoute que "le potentiel d’apprentissage du jeu est bien plus important quand l’adulte observe les enfants, joue avec eux, leur apprend à jouer (...)". Et cela vaut aussi pour les mathématiques. Avec Linda Amrar (HEP de Vaud), elle souligne que "les composantes symboliques du jeu de faire-semblant sont associées au développement des compétences mathématiques précoces", d’autant que "la régulation émotionnelle prédit les performances mathématiques chez les élèves de 5 ans".

La revue propose encore deux contributions sur le jeu chez les déficients visuels et chez l’enfant sourd, ainsi qu’un article sur la tâche "Head - Toes - Knees - Shoulders" chez les enfants de grande section.

ANAE, n° 165, le site ici
, sur l’éditorial de ce numéro voir ToutEduc ici

Extrait de touteduc.fr du 14.07.20

Mai 2020
A.N.A.E. N° 165 – Le jeu et ses effets sur le développement psychologique de l’enfant.
Dossier coordonné par S.- S. Richard et le Pr E. Gentaz, Université de Genève (CH).

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