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Qui prend la parole à l’école maternelle ? La construction précoce des inégalités scolaires lors des échanges langagiers collectifs
"Rendez-vous chercheurs" du 24 mars 2026
Organisé par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP)
Durée : 01:36:44
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Dans sa présentation, Sébastien Goudeau, professeur de psychologie sociale au Centre de Recherche sur la Cognition et l’Apprentissage (Université de Poitiers, CNRS), a discuté une série d’études portant sur deux questions principales :
• Les échanges collectifs en classe maternelle offrent-ils les mêmes opportunités de prise de parole selon l’origine sociale des élèves ?
• Comment les élèves et les enseignants interprètent-ils les différences de participation orale ?
Une première étude, fondée sur des observations vidéo en classe, montre que les élèves issus de milieux populaires prennent moins souvent la parole. Lorsqu’ils s’expriment, leurs interventions sont également plus courtes. Ces différences persistent après contrôle du niveau langagier.
Les résultats d’une deuxième étude mettent en évidence des opportunités de prise de parole différenciées selon les élèves lors des échanges collectifs en classe et des pratiques enseignantes susceptibles de contribuer à renforcer les inégalités plutôt qu’à les réduire.
Enfin, deux dernières études révèlent que les élèves et les enseignants tendent à attribuer les différences de participation en classe à des facteurs internes (tels que l’intelligence, l’effort ou la personnalité) plutôt qu’à des facteurs externes (comme les pratiques pédagogiques ou les contextes familiaux). Les différences de perception observées selon l’origine sociale des élèves peuvent également contribuer à renforcer les inégalités dans les apprentissages.
La présentation a été suivie d’une discussion animée par Carlo Barone, professeur de sociologie et directeur du Centre de recherche sur les inégalités sociales (Sciences Po).