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Bac 2026 : les résultats des élèves dépendent toujours de leur origine sociale
Publié par le ministère de l’Éducation nationale, l’indice de position sociale mesure l’origine sociale des lycéens à la rentrée. Les territoires où les élèves sont les plus favorisés sont aussi, bien souvent, ceux où les résultats scolaires sont les meilleurs.
En 2025-2026, l’IPS moyen des lycées généraux et technologiques atteint 117,3.
L’origine sociale des élèves est toujours un élément déterminant dans leurs résultats scolaires. Alors que l’édition 2026 du bac va commencer, la corrélation entre l’IPS des établissements et les résultats au bac montre que le contexte familial et socio-économique entre en jeu dans la réussite des lycéens.
Publié chaque année par la Depp, l’IPS renseigne sur le profil socio-économique des élèves d’un établissement. Il est mesuré à partir notamment de la profession et du niveau d’études des parents, ou des ressources culturelles et matérielles du foyer. Plus l’IPS est élevé, plus les jeunes sont issus de milieux favorisés.
En 2025-2026, l’IPS moyen des lycées généraux et technologiques (publics et privés sous contrat) atteint 117,3. Mais d’un territoire à l’autre, les écarts sont parfois considérables. Ces disparités se retrouvent aussi dans la réussite au bac.
Les lycées privilégiés obtiennent généralement de meilleurs résultats
Moyenne des taux de réussite et de mentions au baccalauréat 2025 selon les tranches d’IPS des lycées généraux et technologiques, en %.
Si le taux de réussite au bac est globalement excellent dans tous les établissements ayant un IPS important, il progresse avec la position sociale et frôle la perfection (99,7%) dans les lycées les plus favorisés. "Il y a une forte corrélation entre l’origine sociale et la réussite scolaire", analyse Agnès van Zanten, sociologue de l’éducation et directrice de recherche au CNRS.
Cela se ressent surtout sur les taux de mentions : dans les lycées généraux et technologiques les moins favorisés, moins d’un élève sur deux décroche une mention. À l’inverse, dans les établissements dont l’IPS dépasse 145, près de neuf candidats sur dix repartent avec une mention.
Concentration de bons élèves
"Quand on concentre de bons élèves dans un même lycée, les enseignants vont adapter leurs attentes, leurs méthodes, le contenu de leurs cours ou leurs pratiques d’évaluation selon le niveau supposé des élèves", décrit la chercheuse. S’y ajoute également un "transfert des connaissances" entre les jeunes issus des mêmes milieux privilégiés.
À l’inverse, dans les lycées à faible IPS, l’équipe pédagogique peut, selon la sociologue, "baisser ses exigences ou modifier ses méthodes d’évaluation pour ne pas mettre en difficulté les lycéens", limitant ainsi la progression des élèves les plus fragiles.
Dans quels départements les lycéens sont-ils les plus favorisés ?
L’IPS d’un lycée correspond à la moyenne des IPS des élèves qui y sont scolarisés. Cet indicateur révèle la composition socio-économique de l’établissement. Nous avons calculé la moyenne des IPS des lycées de chaque département afin d’identifier les territoires où les publics sont les plus ou les moins favorisés. Survolez ou cliquez sur les territoires pour voir le détail. Plus la couleur est foncée, plus l’IPS est élevé.
L’inégalité entre les lycées s’observe aussi d’un point de vue territorial. L’Île-de-France concentre en effet les départements les plus privilégiés. En tête, les lycées parisiens affichent un IPS moyen de 125,8, soit 11,5 points de plus que la moyenne nationale. Suivent les Yvelines (125,3) et les Hauts-de-Seine (123,1). Dans ces territoires, les cadres et les jeunes diplômés du supérieur sont particulièrement nombreux.
La région n’est toutefois pas homogène : la Seine-Saint-Denis (93) affiche un IPS moyen de 97,3, près de 30 points de moins que Paris. Ces écarts se retrouvent également dans les résultats scolaires : 76% des candidats parisiens obtiennent une mention au bac, contre 49% dans le 93.
Les lycées défavorisés se concentrent principalement dans le nord-est du pays. Avec un IPS moyen de 95,9, le Pas-de-Calais (62) est le département de l’Hexagone où les jeunes sont les moins privilégiés. Il est suivi de la Haute-Saône (96,4) et des Ardennes (97,1). Les catégories populaires y sont surreprésentées et la part de cadres supérieurs est faible.
Certains lycées performent malgré un contexte social défavorable
Avec un IPS moyen de 90,7, les territoires ultramarins se situent bien en dessous de la moyenne nationale. À Mayotte, par exemple, l’IPS des lycées frôle seulement les 70. Même la Martinique, territoire d’Outre-mer à l’IPS le plus élevé, demeure sous la moyenne.
Pour autant, l’origine sociale ne détermine pas à elle seule la réussite scolaire. Cinq des dix premiers établissements de notre classement des lycées 2026 sont situés en Martinique ou en Guadeloupe, comme le lycée polyvalent du Nord Atlantique à Sainte-Marie (2e), le lycée polyvalent de Pointe-Noire (3e) ou encore le lycée Félix Proto aux Abymes (5e).
"L’IPS reste un indicateur condensé qui n’est pas parfait", rappelle Agnès van Zanten. À niveau social comparable, certaines familles possèdent une bonne connaissance du système éducatif sans que leur profession ou leur revenu ne le reflètent. C’est notamment le cas de parents ayant dû renoncer à de longues études pour des raisons économiques, ou de familles immigrées dont les qualifications n’ont pas été reconnues en France. Autant d’éléments qui peuvent contrer les déterminismes sociaux.
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