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23.11.07 - Un rapport de l’Inspection générale compare le système éducatif en Polynésie française à une « vaste ZEP »

23 novembre 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site «  Tahiti.pf », le 23.11.07 : Pour Jean-Marius Raapoto, la situation de l’éducation en Polynésie est "préoccupante"

(Tahitipresse) - " Une vaste zone d’éducation prioritaire " : c’est en ces termes que le rapport final des inspecteurs généraux de l’Education nationale qualifie le système éducatif de la Polynésie française. Un constat "préoccupant" selon le ministre de l’Education, Jean-Marius Raapoto, qui a ouvert jeudi matin au lycée hôtelier de Outumaoro le séminaire des personnels de direction, dont l’objectif est de trouver un "plan de développement" pour le système éducatif polynésien.
De ce rapport, les conclusions - pessimistes - sont d’ores et déjà connues, mais le contenu l’est moins. Posé sur le bureau du ministre depuis plus de trois mois, ce document réalisé par les quatre inspecteurs généraux de l’Education nationale, venus dresser le bilan du système éducatif de la Polynésie française au mois de janvier dernier, n’a jamais été mis à la connaissance du grand public. "On ne l’a pas confisqué, il a juste été oublié", ironise le ministre de l’éducation Jean-Marius Raapoto, qui a entamé, ce matin, une analyse du rapport devant les chefs d’établissements de l’enseignement secondaire.

"Ce rapport de mission nous apporte un regard extérieur et neuf. C’est ce dont nous avions besoin pour apprécier notre système éducatif", a expliqué Jean-Marius Raapoto, pour qui ce jugement sévère "montre bien la place de notre système éducatif par rapport à la métropole". "La Polynésie française a donné l’impression d’être une vaste ZEP. Rien que ce qualificatif montre que la situation est préoccupante", s’est inquiété le ministre. Sans donner beaucoup plus de précisions sur celui-ci, J.M Raapoto a confié espérer qu’il fasse "l’objet d’une analyse poussée" et donne lieu à un "plan de développement" sur une échéance d’une dizaine d’années, avec notamment une "amélioration des structures d’accueil et un meilleur encadrement des élèves."

Améliorer l’éducation en Polynésie, un "très grand défi"

Présent lors du séminaire des chefs d’établissements, le directeur de l’enseignement secondaire, Bernard Januel, en poste en Polynésie depuis le mois d’octobre, reconnaît lui aussi les nombreux défis auxquels le système éducatif polynésien est confronté. "J’avais pris conscience des enjeux avant même d’arriver", a-t-il expliqué jeudi matin, reconnaissant les "très grandes contraintes culturelles" spécifiques à la Polynésie française.

"Le point faible du système reste l’absentéisme scolaire", a insisté Bernard Januel. "Souvent, cet absentéisme préfigure l’échec scolaire" a-t-il expliqué. En Polynésie française, entre 7 et 10% des élèves qui commencent leur scolarité au collège n’arriveront jamais jusqu’en classe de troisième, et 22% d’une classe d’âge sortira sans aucune qualification, contre 6% en métropole. "Ces chiffres sont très inquiétants dans le processus de mondialisation que nous vivons actuellement", a confié le directeur de l’enseignement secondaire, pour qui "il ne faut pas se voiler la face si l’on veut progresser".

Tout comme Jean-Marius Raapoto, Bernard Januel envisage un plan de développement "sur dix ans" afin "d’éradiquer la sortie de l’école sans qualification". Le directeur de l’enseignement secondaire ambitionne également l’augmentation du taux de bacheliers, "important pour l’océanisation des cadres et pour l’avenir de la Polynésie française". Dans la réalisation de cet objectif, Bernard Januel compte sur l’investissement des professeurs, qui doivent être, selon lui, "mis face à la réalité et mieux professionnalisés".

Ces problématiques seront au coeur des deux jours de ce séminaire, dont la synthèse sera transmise au ministère de l’Education.

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