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[R]accrochage scolaire : que peut la pédagogie ? Un dossier de la revue de l’OCCE "Animation & Education"

13 juin 2013

A&E n°252 : mai 2016[R]accrochage scolaire : que peut la pédagogie ?

Présentation éditeur
« Le thème du décrochage scolaire est à la mode ! Mais il faut noter qu’en France, le pourcentage de jeunes qui sortent sans diplôme de notre système éducatif a fortement diminué depuis 40 ans. De plus, il reste bien inférieur aux pays du Sud de l’Europe et à certains pays du Nord. Ce n’est pas un phénomène qui explose mais au contraire qui se réduit et il ne faut pas faire dans le catastrophisme ! ».
La sociologue, Marie Duru-Bellat [1], a raison, le phénomène n’est pas nouveau dans la société française et a concerné un nombre d’élèves bien plus important qu’aujourd’hui [2]. Mais force est de constater que, depuis les années 2000, encore 122 000 jeunes [3] en moyenne sortent de notre système scolaire sans diplôme ou qualification et, ce, dans un contexte de chômage croissant où le diplôme a pris une importance considérable pour l’accès au marché du travail.
La question du décrochage scolaire reste donc un défi posé à notre système éducatif, d’autant plus difficile à relever que les causes en sont multiples et qu’il n’existe pas de portrait-robot du décrocheur : aucune catégorie d’élève n’est épargnée même si les risques sont plus forts pour les plus fragiles culturellement, économiquement et socialement. Cette bataille doit être menée sur plusieurs fronts, à l’extérieur comme à l’intérieur du système, en cohérence avec plusieurs partenaires (élève, école, famille, associations, collectivités locales…), dès les premières années de la scolarité et tout au long du cursus scolaire de l’élève.
Les réflexions, témoignages, actions présentés dans ce dossier prouvent que de nombreux leviers d’action peuvent être activés pour prévenir les situations d’échec, de frustration, de démotivation, de dégoût d’apprendre. L’enseignant -la pédagogie qu’il met en œuvre, la relation qu’il entretient avec les élèves, le regard qu’il porte sur eux, les espaces de parole qu’il aménage- exerce un rôle déterminant dans la persévérance scolaire des jeunes. Grâce au soutien pédagogique, à l’accompagnement, à la bienveillance, à l’installation d’un climat scolaire accueillant, sécurisant, serein, l’enseignant, en cohérence avec l’équipe éducative, a la possibilité d’influencer positivement l’engagement et la réussite scolaire des élèves. Aider les acteurs de l’éducation à créer les conditions qui permettront aux élèves de se sentir bien à l’école, d’apprendre et de s’épanouir, telle est l’ambition  !

Extrait de animeduc.occe.coop : [R]accrochage scolaire : que peut la pédagogie ?

 

Selon l’institut français de l’éducation (ici (PDF)), "le climat scolaire est la variable ayant le plus d’influence sur les décrocheurs puisqu’elle joue à hauteur de 10 % dans le risque de décrochage." Pour Sylvain Connac, enseignant-chercheur, une fois l’organisation coopérative de la classe mise en place, les règles comprises, admises, respectées… la coopération va impacter fortement le climat scolaire. Pourquoi ? Selon lui, "d’abord parce que lorsque vous mettez les élèves face à une difficulté, et il faut que les élèves le soient car c’est grâce à ces difficultés que l’on peut apprendre, les élèves ne sont plus seuls. Ils ne sont plus condamnés à bloquer et prendre conscience de leur impuissance face à l’obstacle rencontré. Ils ont la possibilité d’aller solliciter de l’aide auprès de différentes personnes-ressources (tuteur, autre élève, enseignant…)".

Ces passages sont extraits du dossier "[R]accrochage scolaire : que peut la pédagogie ?" publié dans le numéro de mai-juin 2016 de "Animation et Education", revue pédagogique de l’OCCE (office central de la coopération à l’école).

Pour Marie-Anne Hugon, professeur en sciences de l’éducation, il faut développer ce qu’on nomme aujourd’hui, à la suite de recherches belges et suisses, "des alliances éducatives". Pour elle, on parle encore trop peu de ce travail de coéducation mis en œuvre au niveau des territoires.

Des solutions au sein de l’école
Interviewé, Claude Bisson-Vaivre, inspecteur général de l’éducation nationale et coauteur d’un rapport sur le décrochage scolaire, répond que "nous avons longtemps pensé que les causes du décrochage scolaire étaient externes et que les solutions l’étaient donc aussi. Mais on ne peut plus aujourd’hui considérer que l’Ecole n’aurait pas de responsabilité ; c’est ce que nous avons voulu mettre en avant dans notre rapport en 2013. Sur un certain nombre de champs, il y a effectivement des solutions à trouver auprès de nos partenaires mais sur le fait pédagogique, les solutions sont à produire au sein de l’Ecole".

Le décrochage scolaire en découlant souvent, les résultats de l’enquête sur les exclusions temporaires au collège conduite par l’équipe de recherche de Benjamin Moignard (Paris-Est), montrent comment certains établissements réussissent à réduire ce type de sanction. Cela peut aussi reposer sur quelques entrées relativement simples que de nombreux établissements investissent déjà. C’est, par exemple, mobiliser des équipes qui puissent travailler collectivement autour de quelques projets communs : les modalités de prise en charge des élèves en difficulté, une réflexion collective sur les usages des bâtiments, les espaces de parole ouverts et partagés entre les élèves et les personnels, les modalités d’accueil des familles, des nouveaux collègues.

Raccrochage et décrochage
Outre la mention des dispositifs relais, le dossier présente un certain nombre de démarches et de structures de raccrochage dont l’action participe d’une dynamique que résume cette affirmation de Marie-Anne Hugon : "ce qui permet d’aider au raccrochage doit pouvoir prévenir le décrochage". Citons donc "l’atelier philo", le projet transdisciplinaire "Socrate dans la Cité", le "dispositif de service d’accrochage scolaire", le "micro-lycée", le collège comme "organisation scolaire inclusive", l’institut thérapeutique éducatif et pédagogique, l’agenda coopératif. Ce qui témoigne de l’inventivité des acteurs mais qui ne doit pas faire oublier les leviers sur lesquels l’institution travaille et doit continuer à travailler pour prévenir le risque de décrochage, certains de ces leviers étant rappelés dans le dossier : les passages école-collège et collège-lycée, l’orientation afin qu’elle ne soit pas ressentie comme un couperet, une voie de garage ou un choix par défaut, l’évaluation pour aller d’une évaluation pénalisante et facteur de mésestime de soi à une évaluation positive et constructive...

* Voir "Les alliances éducatives pour lutter contre le décrochage scolaire", Jean-Luc Gilles, Pierre Potvin, Chantal Tièche Christinat. Peter Lang éditeur-Editions scientifiques internationales, Berne

Extrait de touteduc.fr du 12.05.16 : Raccrochage scolaire

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