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Que deviennent les professeurs référents ? Les résultats de l’enquête OZP

27 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Que deviennent les professeurs référents ? Les inquiétudes de l’OZP.

La question a été posée par l’OZP sur son site. Trop peu de réponses pour avoir une vue d’ensemble, même approximative, mais suffisamment pour confirmer les inquiétudes apparues lors de rencontres de l’OZP ou lors du séminaire de décembre.

La création de 1 000 professeurs référents en 2006 dans les Réseaux Ambition Réussite (RAR) a été une étape importante dans l’évolution de l’Education Prioritaire. En 2010, un séminaire professionnel de l’OZP a mis en valeur leur apport. La refondation de l’éducation prioritaire en janvier 2014 en a fait un moyen décisif de la création des REP+. (Entre temps, les variations de la politique d’éducation prioritaire les avaient fait passer par de multiples appellations.)

Pour l’OZP, deux dimensions sont importantes dans ces fonctions :
une ressource pour un travail en réseau rapprochant les cultures professionnelles du premier et du second degré ;
une ressource pour le développement d’un collectif professionnel et pour la formation entre pairs.

Les réponses tendent à confirmer les inquiétudes de l’OZP sur l’avenir de cette fonction. On constate que :
- Dans certaines académies ou certains REP, la rentrée 2016 se situe dans la continuité des missions antérieures.
- Des disparitions ont eu lieu dès la rentrée 2014. D’autres sont programmées pour la prochaine rentrée. Parfois, on annonce des suppressions partielles : 1 poste ou 2 postes en moins sur 4.
- Dans plusieurs académies ou départements, les professeurs référents originaires du 1er degré sont rentrés dans le dispositif « plus de maîtres que de classes » ou ont pris des fonctions de coordonnateurs.
- Dans le second degré, certains sont devenus formateurs académiques ou formateurs REP+.
- Un éclatement des fonctions a pu se produire : la ressource est éclatée en plusieurs missions de 3 heures hebdomadaires.
- Parfois, le réseau maintient l’appellation de professeur référent mais pour une mission de 3h en Heures Sup, sur les ressources propres du collège.
- Les missions se concentrent sur le seul collège et pour une co-intervention.

Certes, une redéfinition des missions des différentes personnes ressources existant dans les REP+, redéfinition appuyée sur les acquis et tenant compte d’autres initiatives, pouvait être utile : plus de maîtres que de classes dans les écoles élémentaires, formateurs académiques, fonctions de coordination de niveau, etc.

L’impression dominante est que les ressources des REP+ ont pu servir à faciliter l’acceptation de la réforme des collèges. Ainsi l’on assisterait, sous couvert d’autonomie des collèges, à la disparition de ressources pour le rapprochement des cultures professionnelles du premier et du second degré et pour le développement de nouvelles pratiques professionnelles.

C’est pourquoi l’OZP a souhaité que l’autonomie ne soit pas en REP+ celle du seul collège, mais celle du réseau. Il est important que l’évolution des fonctions et de l’affectation des ressources propres au réseau soit pilotée dans le cadre du projet et des instances du réseau.

La création du cycle 3 (CM1, CM2, 6ème) sera décisive : elle peut n’être qu’une nouvelle délimitation des territoires, mais elle peut aussi être l’occasion d’un travail collectif approfondi et de la découverte d’un véritable fonctionnement en cycle.

Un autre souhait, pas anodin du tout : l’éducation nationale est une institution qui n’a pas de mémoire et qui efface les dispositifs et les fonctions sans jamais faire de bilan. Cette fonction de professeur référent après 8 ou 9 ans de fonctionnement sur le modèle 2006 (4 personnes ressources par réseau, dans 250 réseaux, disponibles pour entreprendre des transformations) constitue une expérimentation en grandeur nature. Au moment où elle se transforme profondément, il serait urgent de lancer une recherche sur ce que cette innovation a effectivement produit pour savoir si ce modèle peut être repris. L’OZP a-t-elle surestimé ce qui a réellement été fait ? Ce qui a été entrepris dans les meilleurs des cas a-t-il fait oublier des cas plus décevants ? Ou bien, une fois de plus, l’institution a-t-elle sous-estimé le travail accompli sur le terrain ?

L’OZP

 

Voir aussi sur le site OZP :

le mot-clé Professeur référent (gr 3)

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