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Présidentielle. Dans sa Lettre au Français, le candidat Macron n’évoque pas la réforme du collège (Le Café)

4 mars

Quelle école Macron inscrit-il dans son programme électoral ?
La jeunesse et l’Ecole sont inscrits en premier dans le programme présenté par Emmanuel Macron le 3 mars dans sa "Lettre aux Français". Le candidat promet des enseignants "plus libres, plus respectés et mieux rémunérés". Des promesses qui tombent au bout de 5 années d’exercice du pouvoir. Et qui sont à décrypter au regard de ce que l’on sait des intentions du président de la République.

Les promesses d’E Macron

"L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.", annonce en premier le candidat Macron. Ce thème de l’enfance revient à nouveau quand il dit "Je suis candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants".

L’Ecole est liée dans cette Lettre à la lutte contre les inégalités. " Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés". En même temps E Macron annonce plus d’efforts : "il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production" et "une citoyenneté, qui ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement de chaque jour".

Des professeurs plus libres ?

En attendant le programme du candidat, comment décrypter ces quelques phrases ? Sans doute à la lumière de ce qu’on sait des projets du gouvernement. Il y a le Grenelle, les suggestions de l’Institut Montaigne, très proche d’E Macron, et les propositions gouvernementales sur le "nouveau métier enseignant" faites en 2019 à Nancy.

Par exemple que veut dire E Macron quand il parle de professeurs "plus libres" ? S’agit-il d’en finir avec la gestion de JM Blanquer marquée par la violence quand ça ne file pas droit (voir la répression des E3C), la surdité allant au mépris des élus des enseignants, ou la destruction des injonctions très précises envoyées aux enseignants grace aux innombrables "référentiels" ou "livre orange" de ce quinquennat ? Certainement pas.

Ce qui se rapproche le plus de cette "liberté" ce sont les recommandations de l’Institut Montaigne sur le mouvement des enseignants en lien avec la promesse non réalisée de nommer des enseignants chevronnés en Rep. L’Institut Montaigne invite à en finir avec le barème et à généraliser la procédure de postes à profil qui a l’avantage de faire entrer les chefs d’établissement dans la boucle de l’affectation. E Macron a annoncé ce système pour les écoles marseillaises, même si sur place finalement le système mis en place tient compte du barème. C’est aussi peut-être à relier à la contractualisation des enseignants, une réforme de structure déjà lancée par la loi de transformation de la fonction publique.

Mieux rémunérés ?

Des enseignants "plus respectés" ? On pense à la loi sur l’école de la confiance qui demande le respect des parents. Aux déclarations de JM BLanquer sur le soutien qu’il apporte aux enseignants. Là dessus le quinquennat n’a pas fait ses preuves. Au contraire jamais les enseignants ne se sont autant sentis aussi méprisés et ignorés que sous ce quinquennat. C’et le fond de la grève du 13 janvier.

Des enseignants mieux rémunérés ? Le moindre que l’on puisse dire c’est que cette promesse n’a pas été tenue sous le quinquennat. Et avec une inflation qui atteint maintenant 5% le gel du point Fonction publique va faire encore plus mal. Là on sait ce qu’E Macron a en tête car c’est une constante de la réunion de Nancy en 2019 au Grenelle. Il s’agit d’une revalorisation sous forme de primes et toujours liée à des fonctions supplémentaires, des contreparties.

On notera maintenant ce qui n’est pas dans cette Lettre. E Macron ne parle pas de réforme du collège, un thème lancé par la députée AC Lang, une proche de JM BLanquer et confirmé par JM BLanquer lui même. Mais peut-être est ce reculer pour mieux sauter ?

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 04.3.22

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