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Le Miroir. Retour dans les banlieues françaises, par Luc Bronner, Le Seuil, avril 2025, 208 p.,

2 avril 2025

« Pourquoi cette colère adolescente d’une génération à l’autre, des émeutes de 2005 à celles de 2023 ? » : découvrez les extraits du « Miroir. Retour dans les banlieues françaises »

Dans son livre à paraître vendredi 4 avril au Seuil, Luc Bronner, grand reporter au « Monde », constate que les émeutes sont d’abord une éruption de jeunesse, et se demande « comment s’effacent les liens qui tissent une société ».
Par Luc Bronner

« Le Miroir. Retour dans les banlieues françaises », de Luc Bronner (Seuil, 208 pages, 20,50 euros).
Depuis quatre ans, je parcours la France avec le désir de comprendre ce qui nous relie, et ce qui nous sépare désormais. Quelques dizaines de milliers de kilomètres, beaucoup de quais de gare, des métropoles, des villages, des villes moyennes, des quartiers populaires. Des centaines de rencontres et d’entretiens retranscrits sur mes petits carnets remplis d’annotations puis de Post-it. Des cafés, des lycées, des hôpitaux, des marchés, des salles d’attente, des lotos associatifs, des stades de pétanque. Des coiffeurs, des maires, des marchands de fruits et légumes, des passants, des chefs d’entreprise, des chômeurs, des jeunes, des vieux, des fonctionnaires, des médecins, des électeurs d’extrême droite, de gauche, de droite, d’autres qui ne savent pas. Des moments de tension, des instants de rires, beaucoup de craintes, d’espoir aussi, et un flot d’interrogations sur notre avenir.

[...] Le plus intéressant réside dans ce que les hommes et femmes politiques n’ont pas commenté. A commencer par le profil scolaire des jeunes impliqués : selon les statistiques du ministère de la justice, 29 % des auteurs de violences ou de dégradations ne détiennent aucun diplôme, 38 % sont titulaires d’un diplôme inférieur au baccalauréat (BEP, CAP, Brevet des collèges), 23 % d’un baccalauréat ou équivalent, 4 % d’un diplôme supérieur court (bac + 2) et 0,5 % d’un diplôme supérieur long. A la question dérangeante « pourquoi brûlent-ils des écoles ? », ces données apportent un élément de réponse tout aussi dérangeant : probablement parce qu’ils y ont largement échoué et que ces lieux d’émancipation peuvent aussi être des lieux de relégation. Les émeutes, une révolte des sans-diplôme ? (…)

Extrait de lemonde.fr du 01.4.25

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