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La posture des enseignants face aux comportements perturbateurs (conférence à la Cité Educative de Chatellerault par la psychologue Judith Helson (2)

9 avril 2025

Conférence Cité Educative de Chatellerault. Judith Helson
La posture enseignante, levier d’influence sur les comportements ?

Dans le cadre de la conférence organisée par la cité éducative de Châtellerault le 15 janvier 2025, Judith Helson a mis en évidence l’importance de la posture des enseignants et des stratégies pédagogiques dans la gestion des comportements perturbateurs en milieu scolaire. Cette approche repose sur la structuration de l’environnement, l’adoption d’une attitude cohérente et bienveillante, ainsi que l’utilisation de méthodes adaptées pour favoriser un climat de classe propice à l’apprentissage.

1. La posture de l’enseignant : un levier d’influence sur les comportements ?

 L’enseignant joue un rôle déterminant dans la régulation des comportements des élèves.

Judith Helson souligne que la cohérence des règles et la stabilité des réactions sont essentielles pour créer un cadre sécurisant. Un enseignant qui applique des consignes de manière fluctuante ou réagit de façon imprévisible renforce involontairement les comportements perturbateurs.

◦ Un exemple concret mentionné par J. Helson concerne la gestion des interruptions en classe : lorsqu’un élève bavarde et que l’enseignant réagit systématiquement en le rappelant à l’ordre, l’enfant peut percevoir cette attention comme une récompense et continuer à perturber. Une alternative efficace est l’utilisation d’un signal visuel (ex. poser la main sur l’épaule de l’élève sans interrompre l’explication) pour indiquer qu’il doit se recentrer sans alimenter le comportement perturbateur.

 L’importance du lien enseignant-élève

La qualité de la relation entre l’enseignant et l’élève est un facteur clé. Un élève qui se sent compris et valorisé sera plus enclin à suivre les règles. J. Helson cite l’exemple d’un enseignant qui prend 2 minutes chaque matin pour saluer individuellement chaque élève, renforçant ainsi un climat de confiance et réduisant les comportements perturbateurs dès le début de la journée.

2. Stratégies pédagogiques pour gérer les comportements perturbateurs

Judith Helson propose plusieurs stratégies adaptées aux réalités de la classe pour prévenir et canaliser les comportements perturbateurs.

 Structurer l’environnement scolaire

Un environnement bien organisé limite les sources de distraction et d’agitation.
Des pratiques efficaces incluent :

  • Des routines claires et prévisibles, permettant aux élèves de savoir à quoi s’attendre.
  • Des repères visuels, tels que des pictogrammes ou des affichages rappelant les règles.
  • Un aménagement de la classe optimisé, évitant les zones de conflit et favorisant la concentration.

 Enseigner explicitement les comportements attendus

L’acquisition des règles de vie en classe passe par un enseignement explicite des comportements souhaités.

J.Helson donne l’exemple d’une enseignante qui utilise une "boîte à scénarios" contenant des situations sociales à jouer en groupe, permettant aux élèves d’expérimenter des solutions aux conflits et d’acquérir des compétences relationnelles essentielles.

 Renforcement positif : valoriser les bons comportements

J. Helson insiste sur le fait que les comportements adaptés doivent être plus souvent renforcés que les comportements perturbateurs ne sont sanctionnés.

Exemples de méthodes efficaces :

  • Utiliser un système de points pour récompenser les attitudes positives.
  • Distribuer des cartes de félicitations ou instaurer des "moments privilégiés" pour les élèves exemplaires.
  • Féliciter publiquement les efforts fournis par un élève plutôt que de focaliser l’attention sur ceux qui perturbent.

Un exemple donné par J.Helson est celui d’un enseignant qui utilise une "danse de la joie" en classe lorsque ses élèves atteignent un objectif comportemental collectif, ce qui renforce la motivation et le sentiment d’appartenance à un groupe.

 Adapter les pratiques aux besoins individuels

Les élèves présentant des difficultés d’autorégulation ont besoin de dispositifs spécifiques :

  • Fractionner les consignes pour ne pas surcharger leur mémoire de travail.
  • Proposer des outils d’aide à la concentration, comme des objets à manipuler.
  • Accorder des pauses actives pour canaliser leur énergie et favoriser leur attention.

J. Helson illustre ce point en mentionnant un élève qui a amélioré sa concentration grâce à l’utilisation d’un "bandeau lesté", lui permettant de mieux percevoir son corps et de limiter son agitation.

 Gérer les transitions et limiter les temps morts

Les moments de transition entre deux activités sont souvent propices aux comportements perturbateurs.
J. Helson recommande d’utiliser :

  • Un minuteur visuel pour anticiper la fin d’une activité et faciliter la transition.
  • Un signal sonore ou un rituel de transition pour maintenir l’attention du groupe.
  • Des consignes précises et courtes pour éviter la confusion.

Elle donne l’exemple d’un enseignant qui annonce la transition avec une "phrase magique" récurrente (« Cinq, quatre, trois… à vos places ! »), qui fonctionne comme un signal prévisible et efficace.

La posture de l’enseignant et les stratégies pédagogiques employées sont déterminantes pour limiter les comportements perturbateurs et instaurer un climat propice à l’apprentissage. En structurant l’environnement, en établissant des règles cohérentes et en valorisant les comportements adaptés, il est possible de transformer un cadre scolaire en un espace de travail sécurisant et stimulant.

Voir sur le site OZP le 23.04.25 Une conférence de la cité Educative de Châtellerault, en lien avec un REP+, sur le développement de l’enfant par la psychologue Judith Helson

Extrait de ac-poitiers.fr du 03.04.25

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