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Harcèlement et comportements agressifs chez les enfants de 6 à 11 ans : Santé publique France publie de nouveaux résultats de l’enquête Enabee
Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux résultats d’Enabee, première enquête épidémiologique nationale sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle ou en élémentaire en France hexagonale. L’objectif de cette publication, portant sur les enfants scolarisés en élémentaire uniquement, est de décrire les facteurs de vulnérabilité des enfants impliqués dans différentes situations de type harcèlement.
En croisant les points de vue des parents et des enseignants, les résultats de l’étude montrent que plus de 16 % des enfants scolarisés en élémentaire sont victimes probables de harcèlement, près de 18 % des enfants ont des comportements agressifs, et un peu plus de 6 % des enfants cumulent le fait d’être victimes probables de harcèlement et d’avoir des comportements agressifs. Les enfants impliqués dans ces différentes situations présentent des indicateurs dégradés de santé mentale (domaine émotionnel, oppositionnel ou inattention/hyperactivité).
Ces résultats confirment qu’il faut, dès l’enfance, en complément d’un repérage précoce et efficace des situations de harcèlement, renforcer la prévention notamment via le développement des compétences psychosociales des enfants, qui sont des leviers à mobiliser afin d’apprendre à réagir dans différentes interactions sociales.
Ces travaux s’inscrivent dans une dynamique générale sur la santé mentale - Grande cause nationale 2025, prolongée en 2026 - visant notamment à promouvoir une bonne santé mentale et prévenir l’apparition de troubles de santé mentale. Cette étude permet notamment d’éclairer les décisions publiques nécessaires à la création, dès le plus jeune âge, d’environnements de vie favorables à l’épanouissement des enfants.
Il est important de préciser que les résultats présentés ne concernent pas des situations de harcèlement sexuel ou de harcèlement d’un enfant par un adulte ; il s’agit uniquement de situations probables de harcèlement entre élèves survenues en milieu scolaire ou en dehors de l’école.
[...]
Par ailleurs, comparés aux enfants non impliqués dans des situations de type harcèlement, les enfants qui sont victimes probables de harcèlement ou présentant des comportements agressifs sont plus souvent issus de familles monoparentales, avec un parent répondant ayant un niveau de diplôme inférieur ou équivalent au baccalauréat, et déclarant une situation financière perçue comme difficile. Les caractéristiques psychosociales du parent répondant (présence probable de dépression ou d’anxiété et faible soutien social perçu) sont également associées à l’implication de l’enfant dans des situations de harcèlement.
Enfin, les résultats ne suggèrent pas d’association avec la fréquentation de la cantine ou de l’accueil périscolaire. A noter également que l’usage des réseaux sociaux tend à être plus fréquent chez les enfants avec des comportements agressifs comparés aux autres.
Il convient cependant de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes, mais plutôt comme l’expression de vulnérabilités dont l’effet dépend fortement du