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B* Agen. Co-éduquer à l’intelligence artificielle : une soirée pour rapprocher école et familles au collège REP Louis Ducos du Hauron (Le Café) [avec un guide pour les parents]

1er décembre

IA & Education
Co-éduquer à l’intelligence artificielle : une soirée pour rapprocher école et familles

Au collège Louis Ducos du Hauron, l’intelligence artificielle a servi de point de rencontre entre école et familles. Amélie Mariottat-Colombo, professeure de français et référente numérique, a imaginé un temps d’échanges pour comprendre, tester et réfléchir ensemble aux usages de l’IA, à la maison comme en classe.

Un contexte numérique, des enjeux humains

Dans cet établissement REP du Lot-et-Garonne, chaque collégien dispose d’un iPad fourni par le département. Ce choix a conduit l’équipe à penser l’accompagnement numérique non seulement du côté des enseignants, mais aussi des familles. « Nous avons déjà un plan de formation pour les collègues, explique Amélie Mariottat-Colombo. Très vite, l’idée est apparue d’accompagner également les parents. »

L’an dernier, une première rencontre portait sur “Mon enfant et les écrans” pour dépasser les discours alarmistes et valoriser la tablette comme outil d’apprentissage. Cette année, le thème de l’IA générative s’est imposé : « Il n’y a pas eu d’alerte particulière, mais c’est un sujet d’actualité qui interroge tout le monde. On s’est dit que c’était le moment d’en parler. »

Un parcours participatif pour partir des représentations

La soirée, ouverte par le DASEN, s’inscrit ainsi dans une démarche plus large : tenter de construire, avec les parents, des réponses concrètes face aux bouleversements numériques qui touchent les collégiens.

Deux objectifs guidaient l’organisation : faire participer les familles et partir de leurs représentations.

Plutôt qu’une conférence descendante, Amélie Mariottat-Colombo a imaginé un parcours interactif où les parents étaient régulièrement invités à réagir, voter, questionner, partager : « Je voulais que chacun puisse s’exprimer sans crainte, explique-t-elle. L’idée n’était pas d’apporter un savoir tout fait, mais de partir de ce qu’ils pensaient, de ce qu’ils savaient déjà ou croyaient savoir. »

Une soixantaine de parents et une petite dizaine d’élèves ont ainsi pris part à la soirée. L’enseignante a d’abord présenté le fonctionnement d’une IA générative : la logique des modèles, leurs limites et leurs usages possibles à l’école comme à la maison. Des exemples concrets issus du travail mené avec les iPads au collège rendaient les explications très parlantes.

L’atmosphère s’est rapidement détendue avec la diffusion d’une courte vidéo humoristique de Véronique Gallo offrant un regard décalé sur le quotidien numérique des familles.

La rencontre s’est conclue sur un bingo collaboratif : un jeu sérieux incitant chacun à aller vers d’autres parents pour partager ses pratiques. Chacun est reparti avec une grille comportant un QR code renvoyant vers la présentation complète et les ressources utilisées pendant la soirée.

Des échanges nourris par un climat de confiance

Plus que la succession des activités, ce sont les échanges qui ont marqué la réussite de la soirée. Le cadre posé par Amélie Mariottat-Colombo a permis aux parents d’exprimer librement leurs doutes, leurs questionnements et parfois leurs inquiétudes.

« J’ai insisté sur le fait qu’on n’était pas là pour se juger, mais pour réfléchir ensemble, explique-t-elle. Dès lors que les participants sentent qu’ils peuvent parler sans crainte, les échanges deviennent beaucoup plus riches. »

Les discussions ont rapidement porté sur des questions de fond : comment distinguer le vrai du faux face aux images générées par IA ? Comment aider un adolescent à développer son esprit critique ? Comment concilier vigilance et confiance dans l’usage de ces outils à la maison ?

Un moment fort de la soirée a été l’analyse collective d’images réelles et artificielles, en lien avec un projet conduit dans l’établissement par les assistants numériques, ces élèves ressources formés aux bons usages du numérique. L’exercice a suscité un débat nourri sur la fiabilité de l’information et la place de la vérité dans l’univers numérique.

Les échanges ont aussi abordé les questions de triche, de dépendance ou d’usage émotionnel de l’IA, toujours dans un esprit de bienveillance. L’objectif n’était pas d’inquiéter, mais de donner des repères pour que les familles puissent accompagner leurs enfants avec discernement.

« Je suis arrivée, j’étais fâchée contre l’IA. Maintenant, je ne le suis plus. »

La fin de la soirée laisse à l’enseignante un souvenir très fort.

Après le bingo, les parents se lèvent, continuent à discuter entre eux, prolongent les échanges avec les enseignants. « À un moment, j’ai fait un pas de côté, raconte Amélie. Je les ai regardés parler, échanger leurs idées, leurs pratiques. C’était exactement ce que j’avais espéré. »

Les applaudissements concluent la rencontre. Plusieurs parents viennent la remercier.

Une phrase, en particulier, reste en mémoire : « Une maman m’a dit : “Je suis arrivée, j’étais fâchée contre l’IA. Maintenant, je ne le suis plus.” C’était très fort. »

En transformant l’IA en objet de discussion partagée plutôt qu’en sujet d’angoisse, cette soirée montre qu’il est possible de faire de la co-éducation au numérique un levier de confiance entre école et familles. Et de rappeler que, derrière les algorithmes, tout commence par un geste simple : prendre le temps de se parler.

Mickaël Bertrand

Ressources

Le support de présentation réalisé par Amélie Mariotta-Colombo

Le bingo des compétences des familles avec l’IA

Extrait de cafepedagogique du 28.11.25

 

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