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La carte de l’éducation prioritaire restera gelée jusqu’en 2027, en dépit de « situations aberrantes »
Révisée pour la dernière fois en 2014, la carte de l’éducation prioritaire concerne un collège public sur cinq et 1,7 million d’élèves. Et elle empêche tout nouvel établissement d’intégrer son périmètre si aucun n’en sort.
Par Sylvie Lecherbonnier, Eléa Pommiers et Julie Cassotti (Infographie)
La révision de la carte de l’éducation prioritaire est attendue depuis 2019, mais ceux qui l’espèrent devront encore patienter. Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, l’a assumé, le 9 décembre 2025, devant l’Assemblée nationale : « Je ne crois pas avoir l’espace-temps politique suffisant » pour réformer ce dispositif, a-t-il déclaré.
Une actualisation d’ampleur est « objectivement nécessaire », reconnaît le ministre, mais nécessite « entre douze et dix-huit mois » de travail. Un « exercice long et délicat » qu’Edouard Geffray n’entend pas mener à l’approche des élections municipales de mars, puis de l’élection présidentielle d’avril 2027. Il est donc acté à la tête du ministère de l’éducation nationale qu’aucune refonte de la géographie de l’éducation prioritaire, qui concerne un collège public sur cinq et 1,7 million d’élèves, ne sera menée avant le nouveau mandat présidentiel.
A cette date, la carte, initialement pensée pour être revue tous les quatre ans, sera figée depuis douze ans. Le consensus est pourtant total sur son obsolescence, qui n’a cessé de s’aggraver à mesure que la pauvreté et la ségrégation sociale et spatiale se sont accrues en France. La Cour des comptes le soulignait dans un rapport de mai 2025, rappelant que « toute politique de zonage ou de labellisation comporte des effets de seuil et exige une actualisation
[...] Selon les calculs du Monde, cinq collèges parmi le quart de plus favorisé sont classés en éducation prioritaire
[...] A l’inverse, 24 collèges avec un IPS inférieur à 80 [..] en sont exclus [...]
Extrait de lemonde.fr du 16.01.26
Le plan d’Edouard Geffray, ministre de l’éducation, pour les 800 collèges qui concentrent la difficulté scolaire
L’action sera centrée sur les 15 % de collèges dont plus de 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en maths au brevet. Il s’agit avant tout d’une question d’« approche pédagogique », mais un « redéploiement » de moyens est aussi évoqué.
C’est l’action phare qu’entend mener Edouard Geffray lors de son passage à la tête de l’éducation nationale : accompagner les collèges qui concentrent la très grande difficulté scolaire. Le ministre, qui martèle cette ambition depuis son arrivée rue de Grenelle, a encore déclaré sur France 2, le 18 décembre 2025, ne pas pouvoir « admettre qu’un élève, selon le collège où il est inscrit, ait une chance sur deux ou 100 % de chance d’avoir le brevet ». Quelque 800 collèges, dont plus de 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet, doivent ainsi bénéficier de moyens et d’un accompagnement particulier dès septembre.
Si les deux tiers d’entre eux sont en éducation prioritaire, le ministre assume un objectif différent. « Ce sont deux choses indépendantes. L’éducation prioritaire répond à la question de la concentration de la grande difficulté sociale, je n’y toucherai pas », a-t-il expliqué dans Ouest-France, le 3 janvier, réfutant toute remise en cause de cette politique. [...]