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Considéré comme étant "en situation aberrante", un collège de Perpignan va bénéficier de moyens supplémentaires
Injustement exclu de la carte des réseaux de l’enseignement prioritaire, le collège Saint-Exupéry de Perpignan va enfin recevoir des moyens supplémentaires et des primes pour ses enseignants. Les écoles Vertefeuille et Anatole-France sont également concernées.
La situation est dénoncée depuis plusieurs années par les équipes éducatives. Situé dans le quartier du Moulin-à-Vent, à Perpignan, le collège Saint-Exupéry remplit tous les critères sociaux pour être classé en réseau d’éducation prioritaire (REP). Et pourtant, il n’en fait pas partie. Résultat : pas de moyens supplémentaires, pas de primes spécifiques pour les enseignants, contrairement à six autres collèges perpignanais (sur huit), qui bénéficient eux des dispositifs REP ou REP+.
Une situation jugée "injuste" et "sans explication rationnelle" par de nombreux acteurs de l’éducation.
Une carte de l’éducation prioritaire figée depuis dix ans
À l’origine du problème, un gel administratif. La carte de l’éducation prioritaire n’a pas été mise à jour depuis 2015. En dix ans, les réalités sociales ont pourtant fortement évolué dans certains territoires et établissements.
Conséquence directe : des situations qualifiées d’"aberrantes" par le ministère lui-même. D’un côté, des collèges aujourd’hui très favorisés, notamment à Paris ou Bordeaux, continuent de bénéficier du classement REP. De l’autre, des établissements très défavorisés en sont exclus, faute d’actualisation de la carte.
Le ministre de l’Éducation nationale a ainsi identifié 21 collèges en France, répartis dans 11 académies, "dont la situation s’est fortement dégradée depuis la dernière carte", selon les mots d’Édouard Geffray dans Le Figaro. Parmi eux : le collège Saint-Exupéry de Perpignan.
Un indice social parmi les plus bas de France
Ces collèges ont un point commun : leur indice de position sociale (IPS) est inférieur à 80, ce qui les place parmi les 9 % des établissements les plus défavorisés du pays. Pour rappel, l’IPS mesure le contexte social des élèves (niveau de diplôme et catégorie socio-professionnelle des parents). Plus il est bas, plus les difficultés sociales sont importantes.
Malgré cela, ces collèges étaient jusqu’ici privés des moyens associés à l’éducation prioritaire.
Des moyens supplémentaires, mais pas au niveau du REP
Pour corriger partiellement cette situation, le ministère annonce donc un dispositif spécifique pour ces 21 collèges, dont Saint-Exupéry. Concrètement, cela se traduira par :
Les enseignants ne sont pas oubliés. À partir de la rentrée 2026, ils bénéficieront :
Un montant toutefois inférieur aux primes REP (1.734 euros brut par an) et très éloigné du REP+ (4.646 euros).
Par effet de ricochet, deux écoles rattachées au collège Saint-Exupéry pourront aussi bénéficier du dispositif, Vertefeuille et Anatole-France. Elles auront la possibilité d’obtenir un enseignant surnuméraire, sous réserve de la rédaction d’un projet éducatif précisant les missions confiées à ce poste supplémentaire.
"Une mesure logique, mais intermédiaire"
"C’est une bonne chose, logique, car cet établissement a besoin d’être accompagné", estime Florent Martin, secrétaire académique du SNPDEN, le syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale.
"Le problème, c’est que la carte de l’éducation prioritaire est figée et qu’elle aurait besoin d’être mise à jour, surtout dans l’agglo de Perpignan. Saint-Exupéry va bénéficier de moyens supplémentaires, mais inférieurs à ceux de l’éducation prioritaire : on est sur quelque chose d’intermédiaire."