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Remplacement dans le 1er degré : projet de déspécialisation des brigades du département REP+ (Unsa, Sud)

3 février

Groupe de Travail remplacement : compte rendu

Ce mardi 27 janvier matin, le (premier) GT remplacement avait lieu à la DSDEN des Alpes Maritimes.

Nos informations

Il est question, comme cela est déjà le cas dans près de la moitié des départements français et depuis plusieurs années, de fusionner les postes de brigades afin de « rendre plus efficace la gestion des remplacements ».

Cette fusion se ferait sur deux aspects :

la départementalisation des brigades
la déspécialisation des postes de brigades.

Selon les consignes ministérielles, il s’agirait : d’enlever les spécialités de brigades du département (REP+ et ASH) afin d’établir une gestion départementale d’un « pot commun » de brigades.

Une gestion hybride des remplaçants : un fonctionnement plutôt efficace

Suite aux discussions, la gestion hybride actuelle des brigades (à la fois départementale et par circos) devraient être maintenue à minima pour la rentrée prochaine. En revanche, concernant la déspécialisation des brigades, l’administration a fait part de sa volonté d’agir dès la rentrée prochaine et de supprimer les postes de brigade REP+ et de brigade ASH.

Un nouvel outil informatique : en route vers l’inconnu !

Les brigades, actuellement gérées au niveau de la circo ou au niveau départemental via le logiciel Aria, seraient à partir du mois d’avril (deuxième quinzaine) gérées par un nouveau logiciel. Celui-ci est inconnu de l’administration, et même s’il est question de pouvoir profiler les brigades selon leurs préférences avec ce nouvel outil, il reste de nombreux points d’incertitude quant à son utilisation.

Gros hic : l’arrivée de ce nouvel outil serait parallèle à la phase informatisée du mouvement intradépartemental. Il est inacceptable que les collègues soient appelés à faire leur mouvement sans avoir eu en amont des informations sûres quant au possible, ou pas, profilage des postes de brigades. Les collègues doivent pouvoir participer (ou pas) au mouvement en connaissance de cause.

Autre point concernant le logiciel : les absences des collègues dans les écoles devront être saisies avant de positionner les remplaçants sur ces absences. Cela signifie donc que les délais dans lesquels les remplaçants seront affectés risquent d’être fortement impactés… ainsi que leur arrivée sur l’école.

Après saisie des absences, une liste de remplaçants disponibles apparaitrait selon la distance entre l’école de rattachement et l’école d’affectation. Cette configuration ne prendrait pas en compte les circonscriptions d’origine des remplaçants.

Une déspécialisation effective, mais un profilage possible

Ainsi, des préférences pourraient être émises et une « coloration » REP+ ou ASH pourrait être rentrée dans l’outil.

Cela ne garantirait cependant en rien que les profilés REP+ fassent exclusivement leurs remplacements en REP+, et que les brigades qui ne souhaitent pas exercer en ASH n’y aillent pas…

Ce profilage soulève également quelques questions : sous quels critères se ferait le choix parmi les brigades : ancienneté ? école de rattachement ? Véhiculé/pas véhiculé ?… pas de réponse, pour l’heure.

De même : les BD REP+ et les BD ASH ayant perdu leur poste à titre définitif pourraient-ils bénéficier d’une mesure de carte scolaire ? Dans quelles conditions ?

ISSR : on nivèle par le bas…

L’administration a annoncé que les ISSR seraient perçues désormais seulement pour les jours de remplacement effectifs de collègues absents. En d’autre terme, les brigades positionnés sur des aides à la rentrée, en surnombre dans une école, positionnés en cas d’équipe éducative, n’auraient plus le droit aux ISSR.

L’avis du Se-Unsa

Si la conservation d’une gestion par circonscriptions des brigades reste un point très positif, il n’y a pas lieu de déspécialiser les postes de BD REP+ et les postes de BD ASH.

En effet, les postes de BD REP+ permettent d’assurer une continuité pédagogique, car l’emploi du temps sur l’année de leurs remplacements est connu à l’avance. De plus, cela leur permet de toucher la prime REP + dans son intégralité.

Pour ce qui est des BD ASH, même s’ils sont majoritairement occupés par des collègues à titre provisoire, il est préférable que ce type de postes en milieu spécialisé soient occupés par des enseignants volontaires.

Le Se-Unsa souhaite que les ISSR soient maintenues quel que soit le type de remplacement ou de déplacement.

Enfin, il est fondamental que les postes de remplaçants soient revus à la hausse afin de pouvoir garantir des conditions de travail optimales de tous les collègues.

Le mot de la fin

Après les différentes discussions et interventions, la proposition a été émise de ne pas précipiter la mise en application de ces nouvelles mesures et les reporter dans la mesure du possible à la rentrée 2027. L’administration souhaite tout de même faire un pas vers le ministère afin de coller davantage aux consignes nationales. Un deuxième GT remplacement est prévu le 4 mars. Il pourrait être avancé.

Extrait de se-unsa.org du 01.26

 

Remplacement dans le premier degré : des changements pour le pire !
Publié le 20/01/2026
Un département après l’autre, la commande ministérielle concernant la refonte des systèmes de remplacement dans le premier degré se déploie, sous l’égide de groupes de travail avec les organisations syndicales.

D’un système répartissant les remplaçant·es en différentes catégories et secteurs géographiques, l’ambition ministérielle est de regrouper tou·tes les remplaçant·es en une seule unité, la brigade départementale, et une seule zone géographique, le département.

L’austérité budgétaire : un coût pour les services publics
L’objectif revendiqué est de réduire les coûts en mutualisant les ressources humaines disponibles pour le remplacement, afin de répondre à la commande politique de réduction des budgets des services publics.

L’objectif moins assumé est de diminuer le nombre de plaintes des familles contre l’Etat pour rupture de la continuité pédagogique.

Diminuer les moyens des services publics, on sait où ça mène : le service fonctionne moins bien, on en profite pour l’ouvrir à la concurrence et au privé, le service public recule et des territoires sont abandonnés. Cela donne du grain à moudre à l’extrême droite, qui s’appuie sur le sentiment de déclassement dans certains territoires.

Concernant la refonte du remplacement, il se dessine une perte de qualité, et la mise en place opaque de critères de priorité entre les absences pour maladie, pour formation, pour raison syndicale, pour éloignement géographique…

À quoi s’attendre ?
En pratique, les départements qui disposaient encore de plusieurs catégories de remplacement vont abandonner

les ZIL (zones d’intervention localisée) : une équipe de remplaçant·es attachée à une circonscription, qui intervient dans un nombre réduit d’écoles et sur un secteur géographique limité. Ces collègues connaissent bien les équipes, les élèves, le climat scolaire. Les secrétaires de circonscription connaissent les vœux préférentiels des remplaçant·es, et les facilités de déplacement des un·es et des autres.

les ZIL REP+  : en éducation prioritaire, pour appliquer la pondération dont bénéficient les collègues (18 demi-journées par an libérées pour le travail d’équipe), une équipe de remplaçant·es est dédiée au remplacement spécifique de ces journées : toujours le/la même remplaçant·e dans la même classe, sur les 18 demi-journées libérées.

les brigades formation : une équipe de remplaçant·es qui assure le service des collègues convoqué·es par l’administration pour des temps de formation. Il arrive que cette équipe soit aussi utilisée pour assurer la décharge des directions d’école à 3 ou 4 classes.

les brigades : une équipe de remplaçant·es qui intervient sur l’ensemble du département, pour tous les motifs d’absence.

Cette diversité permet un ajustement au plus près des besoins du terrain, par celles et ceux qui en ont une connaissance fine.

Unifier toutes ces spécialisations, et centraliser la gestion au niveau départemental va dégrader les conditions de travail du service administratif, des collègues remplaçant·es et des équipes de chaque école dont le remplacement dépendra des priorités départementale du jour !

SUD éducation s’oppose à ce changement dicté uniquement par l’austérité budgétaire. Nous revendiquons au contraire :

une augmentation du nombre de remplaçant·es pour assurer la couverture de l’ensemble des absences, quelle qu’en soit la raison ;

le maintien des différentes catégories ;

le maintien d’une gestion déconcentrée, au plus près des besoins du terrain

[Extrait de sudeducation13.org du-https://www.sudeducation13.org/remplacement-dans-le-premier-degre-des-changements-pour-le-pire/]

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