> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025
> Education prioritaire et plan 800 collèges : un dossier fourni et un appel (…)
Voir à gauche les mots-clés liés à cet article
Pour l’Éducation prioritaire : mobilisons-nous !
Snes
L’Éducation prioritaire est attaquée, contournée, affaiblie. Carte gelée, moyens en baisse, effectifs en hausse, dispositifs concurrents sans garanties : les neuf derniers ministres ont organisé le recul d’une politique pourtant essentielle là où les besoins sont les plus forts. Face au plan « 800 collèges » et au renoncement à une Éducation prioritaire ambitieuse, le SNES-FSU appelle les équipes à se mobiliser pour exiger des moyens pérennes, des critères sociaux nationaux et une véritable politique de justice scolaire.
Là où se concentrent les difficultés sociales, l’École doit bénéficier de plus de moyens. Cette politique est remise en cause depuis des années avec des diminutions de DHG et une hausse d’effectifs par classe même en Éducation prioritaire . Alors que la carte est gelée depuis 2018, le ministère la contourne avec un nouveau dispositif pédagogique : le plan “800 collèges” (ou “collèges en progrès”), qui ne garantit aucun moyen supplémentaire, voire s’accompagne d’une baisse de DHG dans certains collèges concernés.
Une carte de l’éducation prioritaire gelée
En 2018, Jean-Michel Blanquer a déclaré vouloir profondément réformer l’Éducation prioritaire en supprimant le label REP. La vigilance du SNES-FSU l’a freiné et empêché. Depuis huit ministres de l’Éducation nationale se sont succédé. Aucun d’entre eux n’a mené de politique ambitieuse concernant l’Éducation prioritaire. Bien au contraire, la carte n’a pas évolué, laissant aujourd’hui à l’abandon des établissements qui en auraient les critères d’y entrer (collèges et lycées).
Plan « 800 collèges »
Le plan « collèges en progrès » est présenté comme une réponse aux difficultés scolaires. Il entre en concurrence avec la politique d’Éducation prioritaire.
– Sélection à partir des résultats (évaluations standardisées, DNB).
– Pas de critères sociaux.
– Aucune garantie de moyens.
Moins de moyens, plus de pilotage
Une politique nationale forte d’Éducation prioritaire devrait garantir des effectifs réduits, des dotations renforcées, des équipes pluri-professionnelles complètes et du temps libéré pour le travail collectif.
Aujourd’hui, ces leviers sont remplacés par des audits, des formations imposées, des prescriptions pédagogiques descendantes et des pressions sur les équipes.
Le ministère déplace le débat sur le terrain des pratiques pédagogiques qu’il souhaite contrôler, comme su les collègues étaient responsables, par leurs pratiques, de l’échec des élèves, alors même qu’ils font leur possible dans un contexte très dégradé par le manque de moyens. Une rengaine habituelle pour esquiver les responsabilités des autorités sur la question des moyens.
Après les Cites éducatives et les CLA, le ministère court-circuite à nouveau, avec le plan « 800 collèges » l’éducation prioritaire sur le critère des résultats scolaires des élèves sans moyens mais faisant peser des contraintes fortes sur les équipes et pointant les professeur.es comme responsables des résultats de leurs élèves.
Pour l’Éducation prioritaire, agissons maintenant !
Pour l’éducation prioritaire, le SNES-FSU revendique :
Une carte nationale fondée sur des critères sociaux, nationaux et transparents.
Une révision ambitieuse de la carte intégrant des collèges et lycées, sans se limiter à un nombre de réseaux limités par des moyens contrains.
Un label national unique sur le modèle de la REP+.
Des moyens pérennes : baisse des effectifs (16 élèves par division en éducation prioritaire), dotations renforcées, équipes pluriprofessionnelles complètes.
L’abandon des dispositifs de contractualisation (CLA, Cités éducatives, plan « 800 collèges »).
Dès maintenant, le SNES-FSU appelle à organiser des heures d’information syndicale consacrée à l’éducation prioritaire et au plan « 800 collèges » et appelle les équipes à faire remonter à ses sections académiques les situations d’établissements relevant de fait de l’éducation prioritaire et concerné par le plan « 800 collèges » afin que la FSU intervienne dans les Comité sociaux d’administration de préparation de rentrée.
Extrait de snes.edu du 09.02.26
D’autres encarts récents du SNES de janvier 2026 sur le même thème :
Un CLA amélioré ? Loin du label REP+
Le ministre prend prétexte des élections municipales et présidentielles pour ne pas réviser la carte de l’Éducation prioritaire. Sous la pression insistante des organisations syndicales, peut-être ouvrira-t-il le chantier de ses critères qui, pour le SNES-FSU, devront rester sociaux, nationaux, transparents et concertés ?
Le SNES-FSU avait demandé des mesures d’urgence pour les collèges non labellisés dont l’IPS est inférieur à 80. Le ministre répond qu’ils signeront un Contrat local d’accompagnement (CLA) alors qu’ils attendent d’être labellisés REP+, ce que préconisent toutes les organisations syndicales dont le SNES-FSU. Est-ce mieux que rien ?
Qu’est-ce qu’un CLA ?
Les établissements retenus pour un CLA signent un contrat avec le rectorat pour trois ans. Ce contrat porte sur un projet pédagogique et le financement qui l’accompagnent. Par exemple, les 66 écoles sélectionnées dans le même contexte que les 21 collèges vont devoir présenter un projet pédagogique pour obtenir un poste de professeur·es des écoles supplémentaires.
Dès leur expérimentation, aucun moyen horaire fléché n’a été attribué aux CLA. Cela s’est effectué à moyens constants sur la base de l’enveloppe académique. Il s’agissait au mieux d’une poignée d’hse et plutôt de financer des interventions associatives, notamment dans le cadre de Devoirs faits. Après 3 ans, les personnels obtiennent une bonification de 120 points pour les mutations.
Depuis 2021, le SNES-FSU invite les équipes éducatives à lutter collectivement pour refuser ces contrats locaux car il faut garantir la sécurisation des moyens et des conditions de travail sans contractualisation. Rien n’a été fait pendant des années, dont celles où E. Geffray était DGRH puis DGESCO, pour ces 21 collèges qui auraient probablement dû être classés dès 2018.
Un rapport de la Cour des comptes et la mobilisation de ces établissements est l’occasion pour le ministère de relancer le développement des CLA, donc la « nouvelle Éducation prioritaire » de J.-M. Blanquer, contre laquelle le SNES-FSU s’est toujours positionné. Comment se fait-il qu’à l’époque de la création des CLA, ils n’aient pas été proposés à ces collèges ? Les CLA ont plutôt concerné des collèges non classés mais aux critères proches de l’Éducation prioritaire, avec une dérivevers laruralité dans certaines académies. Le SNES-FSU défend aussi les établissements ruraux qui ont des besoins spécifiques mais ils relèvent rarement de l’Éducation prioritaire sauf certains qui en remplissent les conditions sociales.
Un CLA amélioré ? Loin du label REP+
Pour ces 21 collèges, outre le CLA, le ministre promet une équipe à temps complet au niveau du pôle médico-social.
Mais qu’appelle-t-on un temps complet ? Les PsyEN sont par leur statut affecté·es et rattaché·es au CIO, et ils·elles ont une réunion de service au CIO et au moins une permanence d’accueil à y réaliser. C’est donc le CIO qui devra être doté d’un moyen supplémentaire qui pourrait être fléché pour donner au collège des demi-journées de permanences supplémentaires de PsyEN. Reste que le ministère ne prévoit pas de création de postes (le ministère ferme même 26 places pour les PsyEN EDO au concours, le nombre de places étant de 104 au lieu de 130 en 2025). Il s’agit soit de redéploiement et il faudra peut-être en passer par des CSA académiques, soit d’un arrangement à l’interne du CIO sans moyens. Un certain nombre des collèges sont dans des secteurs déjà dépourvus de PsyEN et dans lesquels le vivier de psychologues non titulaires est inexistant.
Le ministère n’envisage pas de mieux doter les vies scolaires car il n’y a pas de créations d’emplois prévues pour les CPE et les AED.
Enfin, les professeur.es et CPE recevront 1 IMP… mais pas les autres personnels !
On est loin des garanties apportées par le label REP+ : une décharge horaire, une marge d’autonomie académique théoriquement mieux abondée, moins d’élèves par classe (pas de seuil officiel, traditionnellement 25), une indemnité REP+ (5 114 € par an+ part modulable : 234 € ou 421 € ou 702 €) et une bonification pour les mutations.
Ce que le SNES-FSU demande
Le SNES-FSU rappelle que c’est grâce à sa vigilance qu’il a contréles velléités de J.-M. Blanquer de délabelliser les REP en 2018, velléités souvent renouvelées depuis.
Pour le SNES-FSU, il est urgent de réviser la carte de l’Éducation prioritaire avec ambition, pour l’élargir selon les besoins aux collèges et lycées à l’aide de critères nationaux transparents et concertés : l’IPS ne peut pas être le seul paramètre, il faut aussi tenir compte des redoublements, des taux de boursiers et de l’environnement social. Le label doit garantir des classes à 16 élèves maximum, des moyens horaires supplémentaires pour travailler régulièrement en groupes à effectif réduit, des moyens humains supplémentaires en personnels d’éducation et de vie scolaire, une équipe pluri-professionnelle complète, une pondération généralisée à l’ensemble de la carte,l’abandon des CLA et des Cités éducatives
et un contrôle renforcé contre l’entrisme des associations issues du monde de l’entreprise.
Le SNES-FSU demande que ces collèges soient intégrés dans la carte de l’EP sans délai ni condition.
Extrait de snes.edu du 21.01.26
Plan « 800 collèges » : le vôtre en fait-il partie ?
On découvre peu à peu la liste des établissements désignés pour entrer dans le plan « 800 collèges ». Ce plan est destiné à concurrencer et affaiblir doublement l’éducation prioritaire en justifiant le gel de sa carte et en instaurant une dégradation globale des moyens.
9 janvier 2026
Plan "800 collèges"
Le ministre annonce qu’il va agir en faveur de 15 % de collèges qui « ont une part importante des élèves dont les résultats sont inférieurs à 8/20 en français et en mathématiques » au DNB. Il attend d’eux un « saut qualitatif », sans garantie de moyens supplémentaires. À terme cette politique pourrait amener le ministère à privilégier ces 15 % de collèges au détriment des 20 % labellisés en abandonnant complètement la politique sociale d’éducation prioritaire pour réaliser de substantielles économies.
Le ministre prétend profiter de la baisse démographique pour redéployer des moyens dont bénéficieraient les collèges le plus « exposés » à la difficulté scolaire. En réalité, il s’agit surtout de redéployer des moyens en fonction de résultats à des évaluations nationales et non plus d’assurer des moyens supplémentaires et pérennes aux collèges qui concentrent les plus grandes difficultés sociales. En laissant entendre, en creux, que ce sont les approches pédagogiques et la formation…des collègues qui ne seraient pas efficaces et adéquates !
Miner le label insidieusement
Les recteurs et rectrices ont déjà modifié cette liste en jouant sur des indicateurs tels que les évaluations nationales de Sixième et Cinquième, l’IPS, l’indice d’éloignement, IVAC (indice de valeur ajoutée des collèges), etc. L’indice d’éloignement étant calculé à partir de distances à vol d’oiseau, il favorise les collèges ruraux aux dépens de ceux de l’éducation prioritaire. Ce faisant, les rectorats choisissent de petits collèges ruraux où il sera peut-être plus facile de faire progresser les élèves et satisfont les collectivités territoriales.
Ministère, recteurs et rectrices sont en train de démanteler la politique d’éducation prioritaire en remplaçant les critères sociaux par d’autres critères. La proportion de collèges classés REP ne serait déjà plus que de 66 % dans la liste des 800 collèges. À ce jour, on ignore encore le détail de cette liste et rien ne garantit qu’aucun collège privé sous contrat n’y figure pas.
De quels moyens pourrait-il s’agir ? Des 1600 ETP récupérés en supprimant la technologie en Sixième pour créer le « soutien/approfondissement » puis les groupes de niveau ? E. Geffray lui-même explique dans l’émission Les 4 vérités qu’« il s’agira principalement de redéploiements ».
Ira-t-il jusqu’à dépouiller les DHG de collèges d’éducation prioritaire pour doter un peu mieux ces 15 % de collèges ? Comme le critère pour recevoir les moyens sont les résultats en français et mathématiques au DNB, c’est probablement uniquement dans ces disciplines qu’ils seront utilisés aux dépens de toutes les autres qui participent pourtant à la culture commune.
15 collèges en demande urgente de label
Face aux multiples report de révision de la carte de l’éducation prioritaire, le SNES-FSU a demandé avec insistance que des mesures d’urgence soient prises pour la quinzaine de collèges non classés malgré un IPS inférieur à 80. Les mesures que le ministère se décide enfin à prendre sont sous-dimensionnées (pas de diminution d’effectif par classe, pas de pondération, pas de bonification, pas d’indemnité peut-être seulement une IMP pour les personnels…). C’est un moyen de refuser le label auquel pouvaient prétendre ces établissements, qui entreront certainement dans le plan des 800 collèges.
Par ce nouveau dispositif concurrent de l’éducation prioritaire le ministère s’exonère, à moindres frais, de la révision de la carte avec des critères sociaux transparents et nationaux pour labelliser d’urgence des collèges qui en ont besoin.
Le SNES-FSU exige une véritable politique nationale d’Éducation prioritaire.
Ensemble, exigeons en éducation prioritaire :
– des classes limitées à 16 élèves,
– des équipes pluri-professionnelles complètes dans chaque établissement,
– la fin des dispositifs de contractualisation des moyens (Cités éducatives, CLA, TER).
Le SNES-FSU défend un label national unique, fondé sur des critères transparents et concertés, garantissant de vrais moyens supplémentaires.
Le SNES-FSU demande enfin une révision ambitieuse de la carte de l’Éducation prioritaire, intégrant les lycées et actant le passage en REP+ dans les DROM.