> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025
> Les injustices du système scolaire, machine à faire voter pour l’extrême (…)
Voir à gauche les mots-clés liés à cet article
Les injustices du système scolaire, machine à faire voter pour l’extrême droite
Analyse
Sylvie Lecherbonnier
L’impuissance du système éducatif français à pallier les inégalités de naissance et la défiance envers l’école ne sont pas sans conséquence sur les intentions de vote. Pourtant, le Rassemblement national n’apporte que des fausses solutions face à ces frustrations.
L’impuissance du système éducatif français à pallier les inégalités de naissance et la défiance envers l’école ne sont pas sans conséquence sur les intentions de vote. Pourtant, le Rassemblement national n’apporte que des fausses solutions face à ces frustrations.
Même si la base électorale du Rassemblement national (RN) s’élargit à chaque scrutin, le faible niveau de diplôme reste l’élément le plus prédictif du vote d’extrême droite. Aux élections législatives de 2024, près de la moitié des personnes qui n’ont pas le bac ont voté pour des candidats du RN contre 22 % des diplômés bac + 3 et plus. Ce constat a longtemps entretenu un regard condescendant envers cet électorat de la part des classes favorisées. Pourtant, si l’école ne figure pas parmi les sujets de préoccupation majeure des électeurs d’extrême droite, ce sont plutôt les failles du système éducatif qui apparaissent comme un déterminant de ce choix.
La polarisation qui a contribué à l’accession de Donald Trump au pouvoir possède aussi ses ressorts en France. Comme le démontrent les sociologues François Dubet et Marie Duru-Bellat dans L’Emprise scolaire (Presses de Sciences Po, 2024), il y a aujourd’hui d’un côté les « vainqueurs » du système scolaire, qui « acquièrent la conscience de leur mérite, se sentent légitimes » et se montrent « attachés aux valeurs libérales ou aux valeurs de gauche » et, de l’autre côté, les « vaincus », qui s’estiment « ignorés et méprisés » et se portent « vers les partis populistes qui se défient des élites ».
L’impuissance du système éducatif français à pallier les inégalités de naissance n’est pas une nouveauté. Année après année, les enquêtes internationales, le programme international de suivi des acquis des élèves dit « Pisa », au premier chef, le démontrent avec acuité. Pis, l’origine sociale creuse les inégalités à chaque étape de la scolarité, a souligné un rapport de France Stratégie de 2023. Ainsi, 62 % des enfants d’ouvriers non qualifiés obtiennent leur baccalauréat – dont 34 % dans la filière générale et technologique –, contre 94 % des enfants de cadres.
Hiérarchies implicites
Les choix d’orientation sont également socialement marqués : moins d’un quart des bacheliers issus de milieu modeste et ayant obtenu une mention « très bien » entrent dans une classe [...]
Extrait de lemonde.fr/idees du 27.02.26
Sur Likedin 27 février 2026
Florence Rizzo
Fondatrice - Ecolhuma | Donnons les meilleures chances à tous les élèves |
🇫🇷 La France fait partie des 20 % de pays qui garantissent plus de 12 années d’école obligatoire.
On parle souvent de ce qui ne va pas. Rarement de ce qui constitue, tout de même, une victoire historique ! En effet, le rapport 2025 de l’UNESCO sur le droit à l’éducation montre bien que 12 ans d’éducation gratuite et obligatoire est loin d’être un standard mondial.
Dans le même temps, la France est l’un des pays de l’OCDE où le déterminisme social est le plus fort.
Il faut en moyenne 6 générations pour qu’un enfant né pauvre atteigne le revenu médian.
Cela signifie une chose simple : la durée de scolarité ne suffit pas.
L’accès à l’école est une condition indispensable, mais qui ne se suffit pas à elle-même, car ne garantit ni la qualité des apprentissages, ni l’égalité des chances.
Nous avons ouvert les portes de l’école, c’était une 1ère étape.
Les questions maintenant sont tout aussi exigeantes :
👉 Comment faire remonter la France dans les classements internationaux ?
👉 Comment réduire les inégalités de naissance ?
La France peut être fière. Mais elle ne doit pas se satisfaire d’un débat sur la quantité d’années quand son sujet devrait désormais être autour de la qualité, de l’équité et de l’efficience de son système d’éducation !