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Seine-Saint-Denis : une intersyndicale enseignante demande un plan d’urgence

13 mars

« Nos établissements manquent de tout » : l’école de Seine-Saint-Denis au point de bascule

« Nos établissements manquent de tout ». L’intersyndicale éducation de Seine-Saint-Denis (FSU, CGT, SUD, CNT) doit être reçue au ministère de l’Éducation nationale le 12 mars dans le cadre du collectif « Plan d’urgence 93 ». Les organisations syndicales disent vouloir porter « la voix des 33 000 personnels d’éducation et d’enseignement du département » et exiger « un plan d’urgence pour l’école publique en Seine-Saint-Denis ».

Un département « à un point de bascule »

Dans leur communiqué, les syndicats décrivent une situation critique dans le département le plus pauvre de France hexagonale. « Il faut réparer notre école, alors qu’elle ne cesse de s’enfoncer dans une crise majeure », écrivent-ils, estimant que la Seine-Saint-Denis se trouve aujourd’hui « à un point de bascule ».

Les organisations rappellent également la mobilisation de 2024, marquée par « cent jours de grève historique », qui avait permis de mettre en lumière « la réalité d’un abandon structurel » du département. Selon elles, la dissolution de l’Assemblée nationale avait interrompu le mouvement sans répondre aux revendications portées par les personnels.

Des établissements qui « manquent de tout »

L’intersyndicale dénonce un manque chronique de moyens humains dans les établissements du département. « Pendant que l’État parle d’“excellence”, nos établissements manquent de tout », affirment les syndicats, citant notamment le déficit d’enseignants, de remplaçants, de personnels de vie scolaire, de psychologues, de personnels médico-sociaux ou encore d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).

Les organisations pointent également les perspectives de la rentrée 2026. 67 supression de postes dans le 1er degré, estimation de 25 équivalents temps plein manquant dans le 2d degré.

Un sous-investissement dénoncé

La question budgétaire constitue également un point central des revendications. Selon les syndicats, la dépense publique consacrée à un élève de Seine-Saint-Denis s’élève en moyenne à 6 200 euros par an, contre 8 840 euros au niveau national, soit « un rabais de 30 % sur le dos de nos élèves ». Cette situation se traduit concrètement par des classes surchargées, des absences non remplacées et des difficultés accrues pour la scolarisation des élèves en situation de handicap.

L’exigence d’un plan de rattrapage

Lors de l’audience, l’intersyndicale affirme vouloir défendre « un plan de rattrapage massif » pour l’école publique dans le département. « L’égalité n’est pas une option budgétaire », écrivent les organisations, qui assurent que la Seine-Saint-Denis ne doit pas devenir « le laboratoire du démantèlement de l’école publique ».

Djéhanne Gani

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L’investissement moyen par élève s’élève à 6 200 euros par an en Seine-Saint-Denis contre 8 840 euros au niveau national. L’intersyndicale éducation FSU–CGT–SUD Éducation de Seine-Saint-Denis a été reçue jeudi 12 mars au ministère de l’Éducation nationale pour une cinquième audience consacrée au plan d’urgence pour l’éducation. Colère et détermination restent le moteur de mobilisation pour l’intersyndicale du 93 qui dénonce une « discrimination territoriale » et le « mépris du ministère ».

Pour un plan d’urgence pour l’éducation dans le 93

« Pour l’intersyndicale 93, l’absence de réponse du ministère aux revendications portée par les personnels est honteuse » déclare Louise Paternoster à l’issue de la rencontre, poursuivant « chaque année, l’Etat investit 30% de moins pour nos élèves qu’ailleurs, aucun service public ne souffre d’un tel niveau de discrimination ». Les syndicats affirment avoir porté « la voix des 33 000 personnels du 93 », deux ans après de précédentes rencontres restées sans réponse.

« Une rupture d’égalité »

Dans un communiqué, l’intersyndicale dénonce une « rupture d’égalité » entre la Seine-Saint-Denis et le reste du territoire. L’investissement moyen par élève s’élève à 6 200 euros par an dans le département contre 8 840 euros au niveau national, soit un écart d’environ 30 % déplore l’intersyndicale. « Cette situation porte un nom : il s’agit de discrimination territoriale », affirme-t-elle. « Tout comme nous voulons l’égalité femme-homme, nous voulons l’égalité territoriale. Cela n’a rien d’utopiste, rien de fantaisiste, il ne s’agit que de respecter, et de faire respecter, simplement et strictement, les principes les plus élémentaires de notre droit » souligne Louise Paternoster.

Des réponses jugées insuffisantes

Après avoir été reçus par les représentants du ministère, les syndicats en critiquent des réponses limitées. Selon eux, l’administration a notamment indiqué que « les suppressions sont moindres qu’ailleurs » et que l’académie aurait « bénéficié d’un rééquilibrage des suppressions ». Pour l’intersyndicale, ces réponses sont insuffisantes, elle appelle à poursuivre la mobilisation..

Vers une nouvelle mobilisation

« Face à l’inconséquence et le mépris du ministère, il faut monter le son », écrivent les organisations. Elles demandent une nouvelle audience avec le ministre et appellent les personnels à préparer une nouvelle étape de mobilisation.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 12.03.26

 

Extrait de cafepedagogique.net du 13.03.26

 

Extrait de touteduc.fr du 12.03.266

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