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Thèse. L’investissement des enseignants du second degré dans l’EMI, par Florence Michaux-Colin, 2024 [témoignage d’une référente REP]

23 mars

L’investissement des enseignants du second degré dans l’éducation aux médias et à l’information : une pratique discrète au cœur de l’identité professionnelle
Auteur(s) : MICHAUX-COLIN Florence
Date de soutenance : 2024
304 pages
Thèse délivrée par : Université Paris Cité
Section(s) CNU : section 70 : Sciences de l’éducation
Sous la direction de : Eric BRUILLARD
Jury de thèse : Béatrice Drot-Delange ; Isabelle Dumez Féroc ; Pierre Périer ; Laurent Petit ; Éric Bruillard
304 pages

« Cette thèse interroge les motivations des enseignants du second degré du système éducatif français à s’engager dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Cette éducation est une éducation transversale prenant en charge une problématique sociale et visant un changement de comportements chez les élèves à travers une démarche active (Barthes et Alpe, 2018). L’Education nationale a fait le choix de ne pas rattacher cette éducation à une discipline scolaire spécifique, ce qui rend diffuse la responsabilité de sa pratique. Les enseignants s’engageant dans l’EMI adoptent une démarche volontaire et individuelle. Pour mieux comprendre la signification pour les acteurs de cet engagement, nous avons privilégié une approche compréhensive basée sur des entretiens semi directifs, auprès d’enseignants de différentes disciplines, s’engageant ou non dans l’EMI. L’analyse des entretiens confirme l’importance fondamentale donnée à l’EMI comme éducation aux médias d’information (Tilleul et Fastrez, 2022). Cette analyse fournit une première catégorisation des motivations des acteurs engagés rencontrés : faire évoluer les usages informationnels des élèves, mettre en oeuvre une expertise professionnelle, endosser conjointement des fonctions de transmission et d’éducation. Peu définie ni explicitée, restant même invisible à certains, l’EMI est majoritairement appréhendée par ses acteurs dans l’action. La réussite du projet, la satisfaction des élèves, le sentiment de les avoir fait progresser dans leurs apprentissages ou leurs usages sont des moteurs pour continuer à s’engager, et valident la pertinence des choix pédagogiques et didactiques de l’enseignant, la valeur sociale de son enseignement. Cet engagement leur permet d’investir des valeurs ou des convictions personnelles dans leur cadre professionnel, d’accorder leurs représentations à leur exercice du métier. Les enseignants qui se définissent comme ne faisant pas d’EMI ne connaissent pas, pour la plupart, la déclinaison de l’acronyme. Certains pratiquent sans le savoir. D’autres n’éprouvent pas le besoin de s’y investir car les usages informationnels de leurs élèves sont ressentis comme suffisants, ou allèguent un manque de temps ou de légitimité. »

[p. 132-133]
4.1.2. Présentation du panel 1 : les enseignants qui font de l’EMI (panel 1)
Le panel 1 est constitué de dix- huit entretiens semi-directifs d’enseignants déclarant faire de l’EMI.
Une difficulté de constitution inattendue Alors que notre familiarité avec le terrain nous avait porté à croire que constituer un échantillon d’enseignants engagés dans l’EMI serait aisé, cela n’a pas été le cas. Il a été très laborieux de trouver des enseignants volontaires pour mener les entretiens.
En début de recherche, un appel a été lancé à travers la liste de diffusion des enseignants participants au dispositif des classes médias sous couvert du CLEMI académique, soit une soixantaine d’enseignants. Le peu de réponses reçues ont toutes été négatives, le plus souvent les personnes contactées ne se déclarant encore pas assez à l’aise dans leur pratique de l’EMI pour pouvoir en faire état.
C’est par la mobilisation de notre réseau professionnel personnel, par l’intermédiaire de professeurs-documentalistes en exercice, que se sont organisénos premiers entretiens. Même ainsi de nombreuses personnes se sont rétractées et
n’ont pas donné suite à nos propositions de rendez-vous. Le terrain d’étude a été circonscrit à deux académies limitrophes, pour conserver une homogénéité territoriale : l’académie de Créteil et l’académie d’Amiens.
Avec la création des cellules académiques EMI en 2022, nous avons sollicité les CAEMI d’Amiens et de Créteil. Les inspecteurs pédagogiques régionaux en charge de ces cellules nous ont communiqué une sélection de contacts, ce qui nous a permis d’ajouter trois nouveaux enseignants à notre panel, sur les quatorze contactés.
Notre panel définitif est constitué de 11 femmes et 7 hommes, représentant 6 disciplines, 8 en collège et 10 en lycée général et technologique, exerçant dans les académies de Créteil et d’Amiens, avec une expérience professionnelle allant de 4 à 30 ans. Pour préserver l’anonymat des enseignants rencontrés, les prénoms ont été changés et l’académie de rattachement n’est pas indiquée. Les teneurs des engagements extérieurs à leurs missions d’enseignement dans leurs établissements scolaires ont été volontairement libellées en termes larges.
Ce corpus de circonstance s’est constitué sans possibilités de choix pour permettre une représentativité de disciplines, lieux d’exercices, genre ou ancienneté.

1 enseignante en EP :
Agathe, Professeur de Français , Classe média AP + , Collège Référente REP

Extrait de theses.hal.science-

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