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L’Ecole privée en France (Kadekol, Ifé)

31 mars

L’enseignement privé en France

Programme source : ça manque pas d’R
Produit par : Institut français de l’Éducation, Régis GUYON
Animé par : Régis GUYON
Intervenant(s) : FEDERINI Fabienne & MERLE Pierre

Les données actuelles confirment la place prépondérante de ce modèle : à la rentrée 2022, l’enseignement privé scolarisait plus de 2 millions d’élèves, soit 17,6 % des effectifs nationaux, répartis dans plus de 7 500 établissements. Ce paysage reste massivement dominé par le réseau catholique, qui représente à lui seul 96 % des effectifs du secteur sous contrat. Géographiquement, la situation est toutefois très contrastée : si la moyenne nationale est d’un élève sur six, cette proportion grimpe à 41 % dans l’académie de Rennes et 38 % dans celle de Nantes. L’effort financier de l’Etat est prépondérant : il assure en effet environ 75 % du financement des lycées privés, mobilisant plus de 8 milliards d’euros par an pour la rémunération des 142 000 enseignants et le forfait d’externat.

Autre donnée importante : en vingt ans, la proportion d’élèves issus de familles très favorisées dans le privé a bondi, passant de 26,4 % à 40,2 %, alors qu’ils ne sont que 20 % dans le secteur public. Ainsi, nous pouvons parler d’un véritable « embourgeoisement » et d’un recul de la mixité sociale. Ce déséquilibre, souvent accentué par des politiques de sélection des élèves, interroge la mission de service public de ces établissements.

Le débat s’est récemment cristallisé sur une forme de carence de contrôle par la puissance publique. Suite au scandale de l’institution Notre-Dame de Bétharram, une enquête du journal Médiacités a mis très récemment en lumière les limites des inspections. Alors que le gouvernement promettait 1 000 contrôles en 2025, Médiacités a décompté 728 inspections, dont seulement 30 % ont été réalisées sur place, les autres s’effectuant uniquement sur pièces. Ces rapports révèlent des manquements graves : atteintes à la liberté de conscience des élèves, non-respect des volumes horaires d’enseignement et règlements intérieurs contenant des mesures discriminatoires. Comment l’État peut-il garantir l’équité et le respect des principes républicains dans un système qu’il finance massivement, mais contrôle si peu ? C’est la question que nous explorerons avec nos invités.

Voilà autant de questions que nous souhaitons aborder avec nos deux invités : Fabienne FEDERINI, docteure en sociologie spécialisée dans les politiques éducatives, qui vient de publier au Bord de l’eau Enseignement privé catholique : comment l’État brise l’école de la République ? Elle dénonce dans cet ouvrage le dualisme scolaire actuel qui entretient une « compétition déloyale » entre le secteur public et le secteur privé, qui aggrave les inégalités qu’elle est censée réduire. Et Pierre MERLE, sociologue et auteur de l’ouvrage de synthèse sur L’enseignement privé qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Il revient sur son histoire, mais aussi sur les tendances les plus récentes, notamment pour ce qu’il appelle l’« embourgeoisement » du secteur privé sous contrat. Et comme chaque mois, on retrouvera la chronique FOCUS, proposé aujourd’hui par Hugo ROUSSEL, étudiant à l’ENS de Lyon.

URL :

https://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/EpisodesPodcast/DetailEpisodesPodcast.php?parent=actu&id=262

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