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Protection de l’enfance : Cristelle Gillard nommée par le ministre Edouard Geffray
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a choisi Cristelle Gillard comme déléguée à la protection des enfants à l’école, en qualité d’adjointe à la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Catherine Becchetti-Bizot. Marie-Pierre Jacquard avait annoncé sa candidature dans Le Café pédagogique. La professeure lanceuse d’alerte ne sera finalement pas nommée auprès de la médiatrice pour ce nouveau poste consacré à la protection de l’enfance.
Que sait-on de cette nouvelle fonction, dont la mise en place doit intervenir dans les prochaines semaines ?
« L’école a deux fonctions principales : instruire et protéger », déclarait Édouard Geffray lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 10 février. Dès janvier, il avait annoncé la création de ce poste, dont les contours ont été progressivement précisés.
Un poste rattaché médiatrice de l’éducation nationale
« J’ai utilisé l’expression “défenseur des droits des enfants” à l’intention du grand public », expliquait-il dans Le Monde, tout en soulignant que cette fonction s’inscrirait dans le cadre de la médiation de l’Éducation nationale. L’objectif affiché est de créer un interlocuteur identifiable pour les familles en cas de litige ou de difficulté. « Si la famille considère que le problème n’a pas été bien traité, elle doit pouvoir saisir un interlocuteur institutionnel, dont j’ai considéré qu’il devait être l’adjoint de la médiatrice » expliquait-il devant les députés. Cependant, cette nouvelle fonction ne traitera pas directement les cas individuels : elle interviendra en appui, pour remédier aux défaillances de prise en charge, en articulation avec le Défenseur des enfants rattaché à la Défenseure des droits.
Cristelle Gillard, un profil issu de l’Inspection générale
Qui est Cristelle Gillard ? Inspectrice générale à l’IGÉSR depuis 2018, Cristelle Gillard dirigeait le pôle « Enquêtes administratives – Contrôle – Déontologie ». Elle était également référente sur les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur. Elle interviendra en recours lorsque des signalements de violences ou de maltraitance n’auront pas été traités de manière satisfaisante par les autorités locales. Elle pourra recevoir des alertes, veiller à leur prise en charge rapide et, si nécessaire, saisir la justice. Elle participera aussi, avec la médiatrice, à la rédaction d’un rapport annuel destiné à améliorer le traitement de ces situations.
Un point commun avec Marie-Pierre Jacquard : le lycée Bayen
Cristelle Gillard avait été auditionnée par la commission d’enquête sur les violences dans les établissements scolaires. À cette occasion, elle avait été interrogée sur le cas du lycée Bayen de Châlons-en-Champagne, où Marie-Pierre Jacquard avait lancé l’alerte en 2023.
Comme le précise la cheffe du service de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche Dominique Marchand, devant la commission d’enquête, l’IGÉSR était intervenue a posteriori dans ce dossier, mettant « en évidence des défaillances structurelles à plusieurs niveaux de la chaîne hiérarchique, à la fois au sein de l’établissement mais également à la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) et au rectorat ». Le rapport recommandait une meilleure appropriation des procédures. Cristelle Gillard insistait ainsi sur « un besoin manifeste de professionnalisation », notamment dans la compréhension des procédures et leur articulation avec l’enquête pénale.
Un rôle d’analyse et de recommandation
Au-delà des situations individuelles, ce nouvel adjoint devra disposer d’une vision d’ensemble et formuler des recommandations à partir des signalements recueillis. Un rapport annuel dédié à la protection de l’enfance sera annexé à celui de la médiatrice. Jusqu’à présent, ces questions étaient déjà abordées, mais de manière indirecte. L’évolution du cadre vise à formaliser cette compétence.
Une articulation avec la Défenseure des droits
Le ministre a assuré avoir travaillé à la coordination avec les institutions existantes, notamment la Défenseure des droits et le Défenseur des enfants. La médiatrice restera le premier niveau de réponse et l’interlocutrice principale de ces institutions.
Des moyens renforcés, des attentes élevées
Édouard Geffray a également annoncé un renforcement des équipes de la médiation, qui traitent déjà 28 000 demandes par an. Cette montée en puissance répond à une hausse des signalements et à une attente forte des familles. « Les parents ont besoin de savoir que la sécurité de leur enfant est assurée de la porte à la porte », a-t-il insisté, dans une période marquée par plusieurs scandales récents, notamment liés à des violences en milieu périscolaire.
Les contours du poste sont désormais précisés, dans un contexte où la protection des élèves fait l’objet d’une attention croissante, tant sur le plan politique que médiatique.
Djéhanne Gani