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L’oeuvre d’Abdelmalek Sayad, chercheur sur l’immigration et l’école (podcast Veille et analyses Ifé)

27 avril

Abdelmalek Sayad
ÇA MANQUE PAS D’R : épisode 71 (26/03/2026)
Produit par : Institut français de l’Éducation, Régis GUYON
Animé par : Régis GUYON
Intervenant(s) : CHENA Salim & LAACHER Smaïn

Après avoir consacré des émissions à des chercheurs tels que Jean-Claude CHAMBOREDON ou Viviane ISAMBERT-JAMATI, nous vous proposons de partir à la rencontre de l’œuvre d’un chercheur qui a renouvelé les approches sur l’exil : Abdelmalek SAYAD.

Disparu en 1998 à tout juste 65 ans, compagnon de route de Pierre Bourdieu, il a su transformer l’immigration et l’exil d’un simple « problème social » en un objet de science rigoureux et total. Abdelmalek Sayad nous a en particulier appris qu’on ne peut pas comprendre l’immigré ici, sans comprendre l’émigré là-bas ; c’est ce qu’il appelait la « double absence ». Mais il est un aspect peut-être moins connu de son œuvre que nous explorons aujourd’hui : son analyse de l’institution scolaire. Pour Sayad en effet, l’école est le lieu où éclate la « vérité » de l’immigration.

Ancien instituteur formé à l’École normale de Bouzaréa, Sayad connaissait l’école de l’intérieur. Dans les années 1980, il fut l’un des rares chercheurs à siéger à la commission présidée par Jacques Berque sur la scolarisation des enfants d’immigrés. Pourtant, il en démissionna avec fracas, et nous y reviendrons avec nos invités, refusant de cautionner ce qu’il nommait une « caricature pédagogique ».

Pour Sayad, l’élève issu de l’immigration est un révélateur des failles de l’institution scolaire. Il a analysé la tension permanente entre le statut de l’immigré, défini par le « provisoire », et la mission de l’école, qui est de prendre possession de l’avenir. Il a dénoncé avec force le traitement de ces élèves comme des « enfants illégitimes » : bien qu’ils soient des produits intégraux de la société française, puisque nés ici, l’école semble douter de sa propre capacité à les intégrer, les reléguant souvent vers des filières de disqualification sociale.

En outre, Sayad refusait que l’on réduise les difficultés sociales des élèves à de simples « différences culturelles » ou à un « handicap socio-cultuel » abstraits, préférant analyser l’échec scolaire comme le produit d’une domination sociale et historique. Pour lui, tout au contraire, l’école ne devait pas être une simple machine à reproduire les inégalités, mais une force émancipatrice.

On le voit, Sayad a travaillé sur des questions qui restent d’une vive actualité, et nous proposons de les aborder avec nos deux invités : Smaïn LAACHER, sociologue, professeur à l’université de Strasbourg et spécialiste reconnu des questions migratoires. Il a accompli un travail de titan en explorant, avec Benoit FALAIZE, les 444 cartons d’archives de Sayad du Musée National de l’Histoire de l’immigration (MNHI) pour établir, présenter et annoter ses textes inédits, notamment dans l’ouvrage de référence L’École et les enfants de l’immigration. Il vient de publiez chez Grasset L’Algérie, ma mère et moi. Et Salim CHENA, enseignant à Science Po Bordeaux et membre du laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM), spécialiste des dynamiques migratoires, particulièrement les circulations transsahariennes et le phénomène de l’émigration irrégulière (harga) en Algérie. Et comme chaque mois, on retrouvera le FOCUS, proposé aujourd’hui par Hugo ROUSSEL, étudiant à l’ENS de Lyon.

URL : https://ife.ens-lyon.fr/kadekol/ca-manque-pas-dr/71-abdelmalek-sayad

https://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/EpisodesPodcast/DetailEpisodesPodcast.php?parent=actu&id=269

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